Désigné à l’unanimité coordonnateur communal de l’Alliance pour la République (Apr) à Thiès, le député Abdou Mbow a immédiatement donné le ton. Face à des militants acquis à sa cause, il a lancé un vaste appel à la remobilisation des troupes en vue des élections territoriales de 2027 et de la reconquête du département de Thiès. Dans le même temps, il a frontalement attaqué le régime de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko, dénonçant une crise institutionnelle profonde et exigeant qu’aucune réforme de la Constitution ne soit adoptée sans référendum.
Dès sa prise de parole, Abdou Mbow a fixé le cap. Pour lui, «l’heure n’est plus au simple constat de la défaite mais à l’organisation de la reconquête». Face à des militants venus nombreux, il a insisté sur «la nécessité de reprendre le contact avec les populations à travers un travail de proximité. Porte-à-porte, visites de quartiers, rencontres de proximité et multiplication des activités politiques doivent constituer, selon lui, les piliers de la nouvelle stratégie du parti. Maison après maison, concession après concession», les responsables de l’APR entendent expliquer aux populations ce qu’ils considèrent comme les échecs du pouvoir actuel et convaincre les Thiessois de renouer avec leur ancienne formation politique.
Une charge sévère contre le régime Diomaye Sonko
Cette ambition de reconquête s’accompagne d’une offensive politique particulièrement virulente contre le pouvoir en place. Abdou Mbow a dressé un tableau extrêmement sombre de la situation nationale. L’ancien président du groupe parlementaire Benno Bokk Yakaar est revenu sur la polémique liée à la supposée dette cachée, sujet qui a alimenté le débat public depuis plusieurs mois. Pour lui, «les déclarations successives de plusieurs responsables du régime ont fini par démontrer les contradictions du discours porté contre l’ancien pouvoir. Ces revirements constituent la preuve que les accusations formulées contre le régime précédent étaient infondées».
La réintégration de Sonko à l’Assemblée au cœur des critiques
Le parlementaire membre de Takku-Wallu s’est défoncé sur la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Abdou Mbow accuse par ailleurs la majorité parlementaire d’avoir transformé l’Assemblée nationale en simple instrument politique au service du parti au pouvoir. Des accusations qui traduisent la volonté de l’opposition de faire de la question institutionnelle l’un des principaux terrains d’affrontement avec le régime actuel.
Abdou Mbow exige un référendum sur toute réforme constitutionnelle
Mais c’est surtout sur la question des réformes constitutionnelles que le responsable de l’Apr s’est montré le plus catégorique. Face aux projets de modification de certaines dispositions de la Constitution évoqués dans le débat politique national, Abdou Mbow exige que «toute réforme touchant à la loi fondamentale soit soumise directement au peuple sénégalais. Aucune modification de la Constitution ne doit être adoptée sans consultation populaire préalable». Pour le parlementaire, le peuple sénégalais doit rester l’arbitre ultime de toute révision constitutionnelle majeure. Dans son argumentaire, il a mis en cause la procédure actuellement suivie à l’Assemblée nationale concernant certaines propositions de loi, estimant que les règles institutionnelles ne sont pas respectées.
L’Apr entend ainsi faire de l’exigence référendaire un axe central de son combat politique dans les prochains mois.
Fatou DIOP













