Le rapport médico-légal met en évidence de multiples lésions internes graves consécutives à un traumatisme violent. Les conclusions excluent l’hypothèse d’une crise d’asthme et pointent une défaillance cardio-respiratoire liée à des hémorragies massives.
Les conclusions de l’autopsie pratiquée sur l’étudiant Abdoulaye Ba apportent des éléments déterminants sur les circonstances médicales de son décès. Réalisée le 9 février 2026 au Laboratoire d’anatomie et de cytologie pathologiques de l’Hôpital général Idrissa Pouye de Grand-Yoff par le Dr M. A. Diallo, l’expertise médico-légale conclut à un polytraumatisme sévère d’origine traumatique, écartant formellement toute cause naturelle isolée.
Selon le rapport, l’examen post-mortem révèle un ensemble de lésions graves touchant simultanément la tête, le thorax et l’abdomen. Les spécialistes décrivent un tableau lésionnel complexe, caractéristique d’un traumatisme violent à prédominance thoraco-abdominale gauche, associé à un traumatisme crânien significatif. Au niveau de la tête, les médecins légistes ont observé une commotion cérébrale accompagnée d’une hémorragie sous-durale gauche diffuse modérée. Si aucune fracture pariétale n’a été constatée, une érosion occipitale du cuir chevelu a été relevée, signe d’un choc à l’arrière du crâne. L’hémorragie sous-durale, qui correspond à un saignement entre le cerveau et son enveloppe externe, constitue une atteinte grave susceptible d’entraîner une détérioration rapide de l’état neurologique.
L’examen du thorax met en évidence des lésions particulièrement sévères. Les experts ont identifié une contusion thoraco-abdominale postéro-latérale gauche ainsi que des fractures des 10e et 11e côtes gauches. Ces fractures ont provoqué un phénomène d’« embrochage pulmonaire » : les esquilles osseuses ont perforé le lobe inférieur du poumon gauche, entraînant des plaies profondes et hémorragiques. Cette atteinte a causé un hémothorax gauche volumineux, c’est-à-dire une accumulation massive de sang dans la cavité thoracique, comprimant le poumon et compromettant gravement la respiration. Le rapport mentionne également une petite contusion du myocarde, le muscle cardiaque, ainsi qu’un hématome médiastinal postérieur. Ces lésions témoignent de la violence du choc subi et de son impact sur les structures vitales situées au centre de la cage thoracique.
Les atteintes abdominales ne sont pas moins préoccupantes. Les médecins ont relevé des plaies du hile du rein gauche, zone hautement vascularisée par laquelle transitent artère et veine rénales, accompagnées d’un volumineux hématome périrénal. Deux lésions de la rate ont également été identifiées, associées à un hémopéritoine de faible abondance, signe de saignement interne dans la cavité abdominale. Ces lésions viscérales ont contribué à une perte sanguine supplémentaire, aggravant l’état hémodynamique de la victime. À ces blessures internes s’ajoutent des dermabrasions au membre supérieur gauche et une plaie superficielle de 3,5 centimètres au flanc droit. Bien que moins graves en apparence, ces lésions externes confirment l’existence d’un choc corporel important.
Dans sa conclusion, le rapport médico-légal établit un lien direct entre l’ensemble de ces traumatismes et le décès d’Abdoulaye Ba. Les fractures costales et les lésions pulmonaires ont entraîné un hémothorax massif susceptible d’altérer rapidement les fonctions respiratoire et circulatoire. La compression pulmonaire et la perte sanguine importante ont favorisé une détresse respiratoire aiguë, tandis que les hémorragies internes liées aux atteintes spléniques et rénales ont accentué l’état de choc hémorragique.
Par ailleurs, l’hémorragie sous-durale gauche a contribué à aggraver le pronostic vital en compromettant les fonctions neurologiques. L’association de ces différentes atteintes a conduit à une défaillance cardio-respiratoire aiguë, cause immédiate du décès, selon les experts.
Les conclusions de l’autopsie écartent explicitement l’hypothèse d’une cause naturelle isolée, telle qu’une crise d’asthme, qui avait été évoquée dans les premières heures. L’expertise privilégie clairement un mécanisme traumatique majeur comme origine des lésions observées. La multiplicité, la localisation et la gravité des blessures sont compatibles avec un choc violent ayant affecté simultanément plusieurs régions vitales du corps. Ce rapport constitue désormais une pièce centrale dans la manifestation de la vérité. En établissant avec précision la nature et l’étendue des lésions, il apporte un éclairage scientifique sur les circonstances médicales du décès et oriente les investigations vers l’analyse des causes exactes du traumatisme subi.
Au-delà des considérations médico-légales, ces conclusions renforcent l’émotion suscitée par la disparition tragique de l’étudiant. Elles soulignent surtout la brutalité des atteintes corporelles constatées et confirment que la mort résulte d’un polytraumatisme sévère thoraco-abdominal et crânien, compliqué d’hémorragies internes massives.
L’enquête judiciaire devra désormais déterminer les circonstances précises dans lesquelles ce traumatisme majeur est survenu, à la lumière des éléments scientifiques établis par l’autopsie.
Baye Modou SARR













