Le face-à-face entre Moustapha Diop et le juge d’instruction du Pool judiciaire financier a bien eu lieu hier. Curieusement, cette audition n’a duré que quelques dizaines de minutes. Soumis au feu roulant des questions du magistrat instructeur, l’ancien ministre du Développement industriel n’a pas varié d’un iota, restant toujours campé dans ses dénégations. Il nous revient que rien ne lui a été montré comme élément de preuve en dehors des simples accusations de la dame. Fort du déroulement de l’interrogatoire, la défense espère bien que la demande de mise en liberté provisoire qui sera bientôt déposée aura une ordonnance favorable.
De simples déclarations ou accusations de Tabaski Ngom, comptable matière particulière à la Commission de régulation du secteur de l’électricité (Crse) contre les dénégations fermes de Moustapha Diop, c’est apparemment ce qui semble résumer cette affaire de détournement présumé de fonds publics et de complicité. Hier, l’ancien ministre de l’Industrie a été extrait de sa cellule pour se présenter au cabinet du juge d’instruction du Pool judiciaire financier pour répondre de cette affaire qui lui a valu en novembre dernier une inculpation pour complicité de détournement de fonds publics et blanchiment de capitaux. L’audition n’a duré que quelques dizaines de minutes. Commencée à 10h 30 minutes, elle s’est terminée à 11h 15mn. Se livrant aux questions du juge, le maire de Louga a totalement nié les faits qui lui sont reprochés. Jamais, la comptable matière particulière de la Crse ne lui a prêté de l’argent pour préparer sa campagne pour les législatives de 2024, dit-il. Selon lui, c’est le manque de moyens financiers qui lui a valu un député. S’il en avait, il allait avoir plus d’un député, assure-t-il.
Ni décharge ni reconnaissance de dette ni audio encore moins de vidéo
Allant plus loin, il a soutenu fermement que si la moindre preuve lui est présentée, il reconnaitrait les accusations. Faut-il le souligner, aucune autre preuve n’a été présentée au député-maire de Louga : pas de décharge ou de reconnaissance de dette ni d’audio ou de vidéo. Concernant ses relations avec Tabaski Ngom, Moustapha Diop a reconnu qu’il la connait puisqu’elle était à l’Agence pour la promotion des sites industriels (Aprosi), qui est sous la tutelle technique du Ministère qu’il dirigeait. Poursuivant son interrogatoire, le magistrat instructeur a voulu savoir si la dame Tabaski Ngom connait le domicile du maire de Louga. A cette question l’ancien ministre n’y est pas allé par quatre chemins. Très promptement, il a rétorqué qu’il est un homme politique et par conséquent beaucoup de personnes peuvent connaître son appartement à Nord Foire.
Ses dénégations du député maire de Louga ne sont pas en porte à faux avec les déclarations de Momath Bâ. Il nous revient que l’ancien Directeur général de l’Aprosi a nié avoir eu une quelconque relation d’argent avec Moustapha Diop. Selon lui, ce dernier a même voulu à plusieurs reprises le limoger.
Le juge devra désormais trancher entre les simples accusations de la dame Tabaski Ngom et les dénégations de Moustapha Diop. Tous les actes d’instruction étant quasiment posés avec l’audition de toutes les personnes impliquées, le magistrat instructeur devrait normalement clôturer le dossier très bientôt. Mais, en attendant, le maire de Louga compte bien déposer une demande de mise en liberté provisoire et compte tenu de la «vacuité» du dossier, son conseil espère bien qu’il y aura une ordonnance favorable.
Alassane DRAME












