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Sit-In des journlistes: La presse dénonce maux et mésaventures, Abdoulaye Diop se «défile»



Sit-In des journlistes: La presse dénonce maux et mésaventures, Abdoulaye Diop se «défile»
 
Les acteurs de la presse ont choisi la devanture des locaux du ministère de la Culture et de la Communication pour protester, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, contre les menaces et attaques dont ils font l’objet. Leurs nombreuses mésaventures enregistrées au cours du mois de mars dernier ont été le point focal des revendications. Les présidents des associations de presse ont défilé sur l’estrade pour lister leurs mécontentements. Des attaques directes ont été notées dans la foulée.
 
Le rouge était le dress code hier lors du rassemblement des acteurs de la presse devant les locaux de leur ministère de tutelle. Le sit-in qui a duré presque 4 tours d’horloge a été l’occasion pour les journalistes de dénoncer tous les maux dont ils souffrent. De la précarité des salaires aux agressions subies sur le terrain, les journalistes ont crié hier leur ras-le-bol en disant stop. Dans ces dénonciations, le chargé de communication des cameramen a remporté la palme. Pape Doudou Boye s’est attaqué ouvertement au patron de Dmédia qui, dit-il, a osé exploiter 4 cadreurs pendant de longues années avant de les renvoyer sans motif. «Nous menons actuellement un combat contre Bougane Guèye Dany, qui a renvoyé 4 cadreurs qui étaient dans sa boîte depuis 2013. Ces derniers ont eu leur 1er contrat en 2017 et cela n’a duré que deux ans, puis un deuxième en 2019 avant de vouloir en faire des prestataires. Il veut se réfugier derrière une déclaration fallacieuse telle que c’est la fin de leur contrat, alors que nous savons tous que c’est faux», fulmine Pape Doudou Boye.
 
Birahim Seck : «le premier point à élucider, c’est la publication de la liste des bénéficiaires de l’aide à la presse»
 
Le coordonnateur du Forum civil était l’un des premiers arrivés sur les lieux et pourtant, il a trouvé Guy Marius Sagna sur place. Selon Birahim Seck, qui reconnaît les difficultés du métier de journaliste, le premier point à élucider pour avancer c’est l’identification des bénéficiaires de l’aide de la presse. «Nous avons toujours demandé au ministre de la Culture de publier la liste des bénéficiaires de l’aide à la presse pour que l’on puisse savoir qui en fait partie et qui n’en fait pas partie», dit-il. Seck de révéler qu’il y a eu des incitations financières accordées par le gouvernement lors de la pandémie aux patrons de presse. «Nous continuons également de demander qu’il y ait une transparence, une redevabilité sur ces impôts qui ont été collectés des journalistes et on ne sait toujours pas si ces impôts sont tombés dans les poches des patrons de presse, s’ils ont servi à acheter du matériel ou s’ils sont allés directement aux journalistes. Il nous faut les comptes sur ces impôts», précise M. Seck.
 
Maïmouna Ndour Faye : «le ministre de la Culture n’a aucune considération pour nous, il n’a rien à faire de la corporation»
 
La déclaration de Birahim Seck n’a pas laissé la patronne de la 7Tv indifférente. Maïmouna Ndour Faye a dénoncé les propos tenus par le coordonnateur du Forum civil. Elle pense que les forces sociales qui souhaitent accompagner les acteurs de la presse doivent arrêter de les opposer les uns aux autres. «Le journaliste et le patron de presse sont embarqués dans la même galère. Ces deux années de Covid-19 ont été extrêmement difficiles. Qui s’est demandé qu’est-ce que les patrons ont pu faire face aux charges ?», déclare-t-elle. Selon elle, des gens leur avaient demandé de licencier certains pour sauver leurs boîtes, mais ils ont préféré rester dignes. «Ces mesures d’accompagnement dont parle Birahim Seck, ces incitations fiscales ont peut-être servi à prendre en charge les charges salariales et les dépenses de production qui sont extrêmement lourdes et nous n’avons pas été accompagnés», clarifie-t-elle. Maïmouna Faye pense plutôt qu'on devrait demander à l'Etat de les assister puisque qu’ils sont des délégataires du service public. «On perd quotidiennement pour informer. Il faut arrêter de dire que les patrons de presse se sucrent sur le dos des journalistes. Le ministre de la Culture a appuyé les acteurs culturels, mais n’a rien fait pour nous. Si vous saviez réellement tous les sacrifices que nous faisons, vous n’alliez pas tenir ce genre de discours», clarifie-t-elle avant d’attaquer ouvertement Abdoulaye Diop : «le ministre de la Culture n’a aucune considération pour nous. Il nous a montré qu’il n’a rien à faire de la  corporation».
 
Bamba Kassé : «si certains se permettent de museler la presse, c’est parce qu’elle est divisée»
 
Le secrétaire général du Synpics prône l’unité, parce qu’unie, la presse peut faire face à n’importe quel problème. «Si aujourd’hui certains se permettent de museler la presse, c’est parce qu’elle est divisée et il faudrait travailler ensemble, être solidaire, pour être un, afin de mieux faire face à toutes sortes de menaces ou de difficultés», fait savoir Bamba Kassé.
Abordant la question des conditions de travail des journalistes, M. Kassé soutient que «cela fait 4 ans qu’on parle de la nouvelle convention collective. Il faut que cela soit une réalité et qu’on l’applique effectivement. Il faut que nous soyons unis et solidaires pour exiger les réformes indispensables dans le secteur des médias», dit-il. Le secrétaire général du Synpics estime que les acteurs de la presse ne peuvent pas se battre et mettre des barrières entre eux. «On doit se dire des vérités. J’invite les responsables des médias à s’asseoir avec leurs travailleurs afin de trouver des voies et moyens permettant aux organes de presse de capter plus de ressources pour le bien de tous» préconise-t-il.
 
Astou Mbène Kane : «ne tuez pas l’amour du métier chez les jeunes passionnés du journalisme»
 
Le président des jeunes reporters lui ne réclame que la signature de la convention collective. Pour Ibrahima Baldé, les jeunes reporters du Sénégal partagent un grand mal, c’est la précarité des salaires. Elle existe, selon lui, dans la  quasi-totalité des rédactions et les journalistes ne savent plus à quel saint se vouer. Ancienne patronne de la Cjrs, Astou Mbène Kane a abondé dans le même sens ; pour elle aussi, il faut demander aux patrons de presse de ne pas tuer l’amour du métier chez les jeunes passionnés du journalisme. «Nous ne pratiquons plus le journalisme, certes, mais c’est notre passion et nous nous impliquons toujours auprès des jeunes. Ce qui est constant, c’est que les jeunes reporters sont fatigués et cela ouvre les portes à toutes les dérives», défend-elle, avant de lancer ce message aux jeunes journalistes : «vous n’avez pas à avoir honte de ce métier, soyez fiers d’être des journalistes, parce que vos aînés ont participé à l’avancée de la démocratie».
 
Mamadou Ibra Kane : «la liberté de la presse nous a offert une stabilité politique au Sénégal»
 
Le patronat de la presse lui aussi a pris part à la manifestation. Pour Mamadou Ibra Kane, ce combat est pour tous les citoyens parce que le développement et la liberté de la presse nous a offert une stabilité politique au Sénégal. «La liberté de la presse a subi de graves atteintes au cours des derniers mois. Nous avons été tous témoins des propos du préfet de Dakar qui ordonnant à ses hommes de nous charger. Et toujours dans les mêmes événements, l’Assemblée nationale nous a refusé l’accès des lieux pour faire notre travail», dénonce le président du Cedps. Poursuivant, M. Kane affirme : «pire encore, le Cnra nous a montré son manque d’impartialité. Il a ainsi donc violé la loi en coupant le signal de la SenTv et de Walfadjri alors que la loi ne le lui permet pas. On a aussi vu des agressions contre les journalistes et les maisons de presse par des forces sociales», fulmine-t-il.
En organisant cette manifestation devant les locaux du ministère de la Culture, la Cap espérait certainement compter le ministre parmi les participants, mais hélas, aucune trace d’Abdoulaye Diop. C’est le directeur de la Communication qui a délivré son mot.
Selon Ousseynou Dieng, dès qu’il a été mis au courant, le ministre lui a demandé de prendre toutes les dispositions pour accueillir les acteurs de la presse dans d’excellentes conditions. «C’est un grand honneur et un plaisir pour nous en tant que tutelle. Nous sommes engagés tous ensemble pour trouver des solutions par rapport aux problèmes de la presse», dit-il. Selon M. Dieng, les avancées notées dans la signature des décrets relatifs à la presse dénotent de l’importance que le président de la République accorde au secteur et qu'à chaque retour du conseil des ministres, Abdoulaye Diop leur met la pression pour finaliser tout ce qui doit se faire.
 
Ndèye Khady DIOUF
& Khadidiatou DIAKHATE
 
LES ECHOS


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