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SAMBA DIOULDE THIAM, ANCIEN DÉPUTÉ : «Notre Premier ministre a décidé d'être un Mussolini sénégalais mal tropicalisé pour compenser son incapacité à dialoguer avec l'intelligence»



SAMBA DIOULDE THIAM, ANCIEN DÉPUTÉ : «Notre Premier ministre a décidé d'être un Mussolini sénégalais mal tropicalisé pour compenser son incapacité à dialoguer avec l'intelligence»

 
 
À quarante jours du deuxième anniversaire de l’accession de Pastef au pouvoir, le 2 avril 2024, Samba Diouldé Thiam, ancien député et leader du Parti pour la renaissance et la citoyenneté (Prc), dresse un réquisitoire sévère contre le régime en place. Dans un texte au ton grave, il s’en prend frontalement au Premier ministre, accusé de dérive autoritaire, de «mégalomanie» et de se proclamer indûment «gardien d’une révolution» qu’il juge inexistante. Entre mise en garde institutionnelle adressée au chef de l’État et dénonciation d’un climat politique qu’il estime délétère, l’opposant esquisse un bilan anticipé de deux années qu’il qualifie de «trop longues» pour le Sénégal.
 
 
 
Samba Diouldé Thiam ne fait pas partie des Sénégalais optimistes pour le futur proche du Sénégal. Dans un texte publié hier, l’ancien parlementaire anticipe son «bilan abrégé des deux trop longues années terribles du régime pastéfien». Thiam d’assurer qu’il le fait par conscience et par devoir citoyen, sans esprit de haine ou de nuisance. Parce que, dira-t-il, il y va du Sénégal. «Un certain Premier ministre, devant l'Assemblée nationale d'un pays réellement existant, le Sénégal, s'est proclamé gardien d'une révolution non réalisée. Son subconscient, comme à l'habitude, a libéré sa parole, pour éclairer encore qui il est, hors des apparences et des maquillages. Il est un Premier ministre nommé, par un Président élu, dans une République debout. Il parlait devant une Assemblée nationale issue d'une élection régulière. Dès lors, notre Premier ministre, par son propos, à son corps défendant, refonde le concept de révolution. Parce que toute révolution est une rupture d'un ordre constitutionnel préexistant. Et cette rupture n'a pas eu lieu», campe-t-il d’emblée.
 
 
«Son subconscient a libéré sa parole, pour éclairer encore qui il est»
 
 
Pour Thiam, il faudrait interroger les capacités cognitives et politiques de Sonko. «Qu'un tel personnage préside, non seulement la mise en œuvre de la politique nationale, mais s'octroie la liberté de la définir à la place du Kalife, il y a là une usurpation de fonction manifeste et répétitive. Car, comment expliquer la descente en quasi-enfer du pays qui voit passer du simple au double son taux d'endettement, autrement que par une parole trop lourde de conséquences, qui n'avait â être dite par son auteur ?», questionne encore l’ancien député.
 
«Dans l'histoire, combien d'illuminés ont exercé une influence maléfique dans leurs sociétés ?»
 
Parlant de la situation à l’Ucad, Samba Diouldé Thiam lâche : «seules les dictatures installent ouvertement des centurions dans les universités, parce que le renseignement étatique est toujours présent dans tous les lieux de vie et rassemblements, a fortiori là où les esprits forgent d'autres esprits. L'annonce donc sur ce point est d'une nullité politique crasse. C'est un effet de manches et d'impuissance».
Pour lui, il n’y a pas de doute, «notre Pm a décidé d'être un Mussolini sénégalais, mal tropicalisé, pour compenser son incapacité à dialoguer avec l'intelligence». Avant de porter l’estocade : «un gourou ne dialogue pas, il instrumentalise. S'il a un pouvoir réel de contrainte, il ne sait que commander et exiger. (…). Dans l'histoire, combien d'illuminés ont exercé une influence maléfique dans leurs sociétés !», illustre-t-il.
Samba Diouldé Thiam de pointer du doigt le président de la République : «vous êtes seul responsable de ce que sera notre pays d'ici les prochaines élections présidentielles. Les deux années qui s'achèvent dans une quarantaine de jours auraient pu être plus amplement productives n'eut été la mégalomanie de notre Premier ministre, qui s'est révélé incapable d'attendre cinq ans pour prendre votre place».
S’il en est ainsi, dit-il toujours au Président, c’est que le pays mérite mieux que son sort actuel. «Non par votre faute, mais par celle de celui qui s'annonce gardien d'une révolution imaginaire, qui vous empêche d'essayer de réussir, parce que sa personne est plus importante que la République!», fait-t-il savoir.
 
 
 
«L’insulte est une révélation de culpabilité familiale et sociale»
 
 
 Samba Diouldé Thiam de conclure sur les conséquences de cette sortie : «quant à moi, je suis vieux pour être envoyé en prison, la seule mésaventure qui me guette serait d'être assassiné sur commandite explicite ou implicite. L'insulte quant à elle, est l'arme des incultes, des ignares et de ceux qui n'ont pas reçu une bonne éducation dans la famille. Elle est une révélation de culpabilité familiale et sociale. Elle révèle l'instabilité psychologique de l'insulteur, qui est malade, et ce faisant, il mérite la compassion et le pardon».
 
 
 
Sidy Djimby NDAO
 
 
 
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