Il ne rate aucune occasion pour répondre à ses détracteurs. Ousmane Sonko, bien installé hier au perchoir pour présider la plénière de l’examen des projets de lois portant Code du travail et Code de la sécurité sociale, ne s’est pas gêné pour solder ses comptes avec tous ceux qui analysaient ou commentaient l’initiative parlementaire pour la révision constitutionnelle.
Ousmane Sonko devait être vraiment pressé de répondre à tous ces commentaires autour des prérogatives de l’Assemblée nationale concernant la révision constitutionnelle. Alors qu’il informait ses collègues de l’état d’avancement de la procédure de révision constitutionnelle engagée par un groupe de députés, le président de l’Assemblée nationale a profité de l’occasion pour faire un cours magistral sur les pouvoirs de la représentation nationale que lui confère la Constitution sénégalaise. «Chers élus de la nation, le président de la République par courrier en date du 19 juin 2026, a répondu à l’avis demandé sur la proposition de loi sur la révision de la Constitution, conformément à la lettre de l’article 103 de la Constitution qui lui en donne le pouvoir discrétionnaire», a-t-il laissé entendre, avant de poursuivre : «j’en ai immédiatement fait communication aux auteurs de la proposition et laisse le soin au président de la République, s’il en éprouve le besoin, d’en porter le contenu à la connaissance du public».
«Je laisse le soin au président de la République (…) d’en porter le contenu à la connaissance du public»
L’Assemblée nationale prend acte avec satisfaction de cette étape décisive, dit-il, et se réjouit que le chantier de la réforme constitutionnelle à l’orée de la seconde moitié du quinquennat entre enfin dans sa phase d’adoption. «Par votre initiative, la représentation nationale se conforme à l’engagement pris devant le peuple souverain. Par conséquent l’honneur constitutionnel nous échoit en vertu des dispositions de l’article 103 de la Constitution, d’exercer la haute responsabilité qui nous est confiée en procédant à l’examen et à l’adoption de la proposition de révision constitutionnelle, telles que prévues à l’article 71 de la Constitution», clarifie-t-il.
«L’entreprise réformatrice n’appartient qu’au peuple et à la représentation nationale»
Le président de l’Assemblée nationale se veut clair : «l’entreprise réformatrice n’appartient à personne si ce n’est au peuple sénégalais et à la représentation nationale dépositaire pleinement de la légitimité populaire».
Pour lui, l’objectif de la proposition de révision de la Constitution est déjà atteint car l’initiative parlementaire avait pour ambition de créer les conditions d’une adoption de cette révision promise eu peuple qui tardait à être approuvée. « Dans notre modèle démocratique, seules deux entités peuvent se prévaloir du titre de pouvoir constitutionnel : le peuple et l’Assemblée nationale. Nul autre pouvoir ne peut prétendre accéder à cette haute dignité».
«Aucun ultimatum n’a été donné au président de la République»
Pour dissiper toute interprétation de ses propos, Sonko assure qu’aucun ultimatum n’a été donné au président de la République parce que sa réponse n’est pas obligatoire. «Nous avons juste informé la conférence des présidents que si le président de la République ne répondait pas jusqu’à la fin du délai, la procédure va suivre son cours. Ceux qui cherchent à installer une crise au sommet de l’Etat ne passeront pas par là».
D’après Ousmane Sonko, après adoption du texte le lundi prochain, le président de la République n’aura que deux choix : le renvoyer à l’Assemblee nationale pour approbation par le vote de trois cinquièmes ou envoyer le projet adopté par l’Assemblée en référendum. «Chacun devra se limiter à ses prérogatives constitutionnelles, sinon la haute juridiction nous départagera», promet-il.
Nd. Kh. D. F
Abdou Mbow : «le perchoir n’est pas le lieu pour régler des questions politiques»
Seul député de l’opposition à avoir pris la parole, hier, Abdou Mbow ne s’est pas lui non plus retenu de faire la leçon à Ousmane Sonko. «Ce qui se passe aujourd’hui au niveau de l’Assemblée nationale est inacceptable. Le perchoir n’est pas le lieu pour régler des questions politiques ou expliquer le bien fondé d’un projet ou d’une proposition de loi», a-t-il fulminé.













