
Au quatrième trimestre de l’année 2024, le Produit intérieur brut (Pib) réel, corrigé des variations saisonnières (Cvs), a progressé de 4,5%, par rapport au trimestre précédent. Ce résultat est imputable à l’accroissement des valeurs ajoutées des secteurs primaire (+15,1%), secondaire (+2,9%) et tertiaire (+2,3%). En outre, les taxes nettes de subventions sur les produits se sont bonifiées de 5,8%. Par ailleurs, le Pib réel hors pétrole brut a évolué de 4,1%. En outre, l’analyse des composantes de la demande intérieure fait ressortir un bond de 16,3% de la formation brute du capital fixe (Fbcf).
La valeur ajoutée du secteur primaire se bonifie de 15,1%
Par rapport au troisième trimestre de 2024, la valeur ajoutée (Va) réelle du secteur primaire a augmenté de 15,1%, sous l’impulsion du sous-secteur de l’agriculture (+23,5%). Cependant, la progression du secteur primaire est amoindrie par une contraction de l’activité de captures des produits halieutiques (-7,4%). En glissement annuel, la valeur ajoutée du secteur primaire s’est repliée de 1,1%. Cette diminution est imputable au recul de l’activité agricole (-2,8%) et de la pêche (-3,0%). Toutefois, les évolutions positives des valeurs ajoutées de l’élevage (+4,4%) et de la sylviculture (+1,7%) ont limité le repli du primaire. La contraction de l’activité agricole est notamment induite par la baisse de la production arachidière.
La valeur ajoutée du secondaire se renforce de 2,9%
Comparativement au troisième trimestre, la valeur ajoutée du secteur secondaire (en volume Cvs) s’est bonifiée de 2,9% au quatrième trimestre de 2024. Cette hausse résulte de la progression des activités de raffinage du pétrole et cokéfaction (+36,9%), extractives (+9,2%) et, dans une moindre mesure, de fabrication de produits agroalimentaires (+2,4%) et d’autres produits manufacturiers (+0,6%). La croissance du secteur secondaire est amoindrie par la baisse des activités de fabrication de matériaux de construction (-9,3%), de la production d’électricité (5,2%) et de la construction (-4,8%). Hors extraction de pétrole, la Va du secteur secondaire progresse de 0,7%, en variation trimestrielle. Par rapport au quatrième trimestre de 2023, la valeur ajoutée du secteur secondaire s’est renforcée de 38,7% sous l’effet de l’expansion des activités extractives (+426,9%) ainsi que de la progression du raffinage du pétrole et cokéfaction (+6,8%), de la production et distribution d'électricité et de gaz (+6,7%), de l’agroalimentaire (+5,2%), de la production, distribution d'eau et assainissement (+3,9%). Cependant, les performances du secteur sont affaiblies par la contraction des activités de fabrication du ciment et d’autres matériaux de construction (-4,8%), de la construction (-3,7%) et de fabrication d’autres produits manufacturiers (-1,4%). Le repli de la fabrication d’autres produits manufacturiers est dû à la diminution des valeurs ajoutées du sciage et rabotage du bois (-27,0%), de la fabrication de machines et matériels divers à usage spécifique (-20,0%) et de la fabrication d'équipements électriques (-17,1%). Nonobstant l’extraction de pétrole, l’évolution de la VA du secteur secondaire s’établit à 1,9%, en glissement annuel
La valeur ajoutée du secteur tertiaire s’est rehaussée de 2,3%
En rythme trimestriel, la valeur ajoutée du secteur tertiaire, en volume Cvs, s’est rehaussée de 2,3% au quatrième trimestre de 2024. Ce résultat est notamment en liaison avec la performance des services financiers et d’assurance (+13,9%), d’hébergement et de restauration (+7,2%) et du commerce (+4,7%). Par rapport au trimestre correspondant de 2023, la valeur ajoutée réelle du secteur tertiaire s’est accrue de 4,5%. Cette croissance est imputable au bon comportement des activités des services financiers et d’assurance (+13,8%), de l’information et communication (+8,1%), des activités de l’administration publique (+7,7%), des activités artistiques, culturelles, sportives et récréatives (+5,9%), du commerce (+4,1%) ainsi que les activités d’hébergement et de restauration (+3,5%).
Baisse de la consommation finale
En variation trimestrielle, la consommation finale globale a fléchi de 2,4% au quatrième trimestre de 2024. En particulier, celle des ménages et des Isblsm enregistre une baisse de 2,9%. En revanche, celle des administrations publiques s’est renforcée de 0,2%. En glissement annuel, la consommation finale globale a augmenté de 3,4%, par rapport au quatrième trimestre de 2023. Cet accroissement est essentiellement expliqué par le relèvement de la consommation des administrations publiques (+5,8%). En sus, la consommation finale des ménages et des Isblsm s’est améliorée de 2,8%
La formation brute de capital en hausse de 16,3%
En rythme trimestriel, la formation brute de capitale fixe (Fbcf) s’est accrue de 16,3% au quatrième trimestre de 2024, imputable à la forte progression de sa composante privée (34,6%). Cette dernière est portée par la construction navale notamment avec l’acquisition d’un grand navire dragueur dans le cadre des travaux d’aménagement portuaire. En revanche, la Fbcf publique s’est contractée de 57,3%, comparée au trimestre précédent. Relativement au quatrième trimestre de 2023, la Fbcf s’est renforcée de 6,4% en liaison avec la performance de la composante privée (+21,6%) et en dépit de la contraction de la Fbcf publique (-58,6%) expliquée par la chute des investissements financés sur ressources externes.
Hausse de 9,9% des importations de biens et services
En variation trimestrielle, les importations de biens et services en volume ont enregistré une croissance de 9,9%, dans le sillage de la hausse des importations des biens (+15,9%). Toutefois cette progression est inhibée par la baisse des importations des services (-8,6%) au quatrième trimestre de 2024. Comparativement au même trimestre de 2023, un repli de 9,0% des importations de biens et services en volume est noté au quatrième trimestre de 2024 dû principalement à une diminution de 45,8% des services importés sur la même période. Cependant, l’augmentation des volumes de biens importés (+9,4%) a atténué cette baisse. La hausse des importations de biens est expliquée par celles des produits agroalimentaires (+31,1%) et des autres produits manufacturés (+14,6%).
Hausse de 30,4% des exportations de biens et services
S’agissant des exportations de biens et services, en volume, un regain de 30,4% est noté au quatrième trimestre de 2024, comparativement au trimestre précédent, résultant de la hausse des exportations de services (+56,0%) et de biens (+27,0%). Cependant, les exportations de biens et services, en volume, ont bondi de 107,0%, comparées au même trimestre de l’année précédente. Cette bonne performance est consécutive à la hausse des exportations de biens (+152,7%) en liaison avec les expéditions du pétrole, en dépit de la baisse des celles des services (-2,6%). Au total, le déficit de la balance extérieure de biens et services en volume Cvs s’est réduit, passant de 411,4 milliards au troisième trimestre à 171,4 milliards au quatrième trimestre 2024 en raison de l’exportation du pétrole brut.
M. CISS