Le Comité national de gestion de la lutte (Cng) a effectué, hier, sa rentrée. Reconduit a la tête de cette structure pour les deux prochaines années, le président Alioune Sarr, qui a reçu sa nouvelle équipe composée de Mohamed Ndao Tyson, Yekini, les promoteurs Gaston Mbengue et Aziz Ndiaye, a décliné sa nouvelle mission avant d’annoncer le démarrage des combats vers le 9 décembre.
«J’espère qu’avec la nouvelle énergie qui nous accompagne, nous allons redonner un palier a la lutte»
Tyson, Yekini étaient hier les attractions de cette première réunion du Cng, à son siège, au stade Léopold Sédar Senghor. L’enfant de Bassoul, qui a été le premier à arriver, vers 17h, sera suivi par le natif de Kaolack, pour une séance de travail de plus de trois tours d’horloge. Les deux anciens champions de l’arène ont eu un aperçu du fonctionnement de cette structure d’exception. Au grand bonheur du président du Cng. «J’espère qu’avec la nouvelle énergie qui vient nous accompagner, nous allons très bientôt redonner un nouveau palier a la lutte sénégalaise», a déclaré le patron du Cng. Officiellement ouverte ce lundi, Alioune Sarr annonce le démarrage des combats au début du mois de décembre. «Comme la saison est ouverte, il faut une mise en place administrative qui se fera dans deux semaines. Au plus tard le week-end du 9 décembre, les premiers combats pourraient être une réalité», révèle Sarr.
«Il faut que les gens se rééduquent et prouvent qu’on mérite l’arène nationale»
Alors que l’arène nationale n’est pas toujours inaugurée, où se tiendront donc ses premiers combats ? Certains parlent du stade Iba Mar. «Si ça sera au stade Iba Mar Diop, je ne suis pas le ministre des Sports. Il faut le poser a Matar Bâ», a soutenu le chargé du développement de la lutte africaine à travers le monde.
Au sujet de la gestion de l’arène nationale, le docteur Alioune Sarr souligne que c’est du ressort de l’Etat du Sénégal, mais il n’a pas manqué de tacler certains détracteurs de cette discipline, qui ne veulent pas que la direction de cette infrastructure soit confiée aux acteurs de la lutte. «Quand j’ai entendu des responsables dirent que l’arène est en avance sur nous, j’ai mal. Si on pense que nous sommes moins des êtres humains pour mériter ce qu’il y a de mieux en ce 21esiècle, je suis gêné», a déclaré le premier vice-président de l’Union francophone des pays de lutte, Alioune Sarr. Ce dernier invite le monde de la lutte a plus de responsabilité pour mériter une infrastructure de ce standing. «Il faut que les gens se rééduquent. On aura plus de difficulté pour la logistique. Nous avons 22.000 places modulables. Méritons cela et nous pouvons le mériter. Ceux qui vont à Sorano, ils ne cassent pas Sorano, ceux qui vont au Grand Théâtre ne le font non plus, pourquoi on veut penser que le milieu de la lutte, c’est des moins que rien. Moi, je ne l’accepte pas», plaide-t-il.
«J’avais demandé qu’on supprime les vestiaires pour l’arène nationale»
Pour Alioune Sarr, «cette année, tout le monde attend, tout le monde nous regarde. A nous de prouver que nous méritons ce qui a été fait». Concernant les vestiaires qui risquent de dénaturer un peu le cachet particulier de la lutte, Alioune Sarr n’en voulait pas. «Je ne vous le cache pas, au moment du projet, j’avais demandé qu’on les supprime. Ce qui fait la beauté de la lutte et ce qui fait que le public vienne, ce n’est pas souvent les 20s de combat, mais ce qui se passe tout avant. Ils peuvent avoir les vestiaires pour autre chose, mais tout se passera dans l’arène», assure-t-il. Convaincu que les anciens ont réussi la mission qui était de sortir cette discipline un peu de ses chantiers tortueux, pour l’amener sur l’autoroute, le docteur Alioune Sarr pense tout de même que rien n’est encore gagné. «Il faut continuer à travailler pour que la lutte avec frappe, traditionnelle et celle olympique puissent regagner leurs places surtout en Afrique. Pour celle olympique, on n'est pas parmi les derniers, mais nous voulons être parmi les premiers», explique Alioune Sarr.
«Se battre pour avoir des équipes compétentes en lutte olympique»
Son objectif, c’est d’arriver à envoyer des futurs champions avant les compétitions, voire deux ou trois mois dans les pays de lutte, comme cela se faisait avant. Il invite les lutteurs à se battre pour que d’ici 2022, faire en sorte que le Sénégal puisse avoir des jeunes, pour avoir des équipes de lutte compétente en olympique et faire tout pour que la lutte traditionnelle sans frappe puisse être acceptée comme sport de démonstration lors de ces Jeux olympiques de la jeunesse prévus à Dakar.
Mansour SAMB