Quelques jours après sa violente charge contre Ousmane Sonko et son entourage, Aldiouma Sow affirme avoir été retiré des principaux groupes de discussion de Pastef. Le ministre-conseiller à la présidence de la République dénonce une sanction politique déguisée et accuse la direction du parti de punir ceux qui défendent la démocratie interne et contestent ce qu’il qualifie de «messianisme». Une première mesure qui pourrait annoncer une vague d’exclusions visant les cadres restés fidèles au Président Bassirou Diomaye Faye.
Les premières conséquences de la guerre ouverte entre les camps de Bassirou Diomaye Faye et d’Ousmane Sonko commencent à se faire sentir au sein de Pastef.
Quelques jours seulement après avoir publié une longue déclaration dans laquelle il contestait frontalement la thèse d’un pacte conclu entre le président de la République et son ancien mentor à la prison du Cap Manuel, Aldiouma Sow affirme avoir été écarté des principaux canaux de communication internes du parti.
Dans un communiqué publié vendredi, le ministre-conseiller à la présidence de la République annonce avoir été retiré du groupe WhatsApp du Conseil national ainsi que du groupe Telegram du Bureau politique national de Pastef. « Monsieur Ayib Daffé, Secrétaire général provisoire de Pastef, vient de me retirer du groupe WhatsApp du Conseil national, ainsi que du groupe Telegram du Bureau politique national du parti », écrit-il.
Une décision qui, selon lui, s’apparente à une sanction politique prise en dehors de toute procédure formelle. « Pourtant, aucune mesure disciplinaire formelle ne m’a été préalablement notifiée en ce sens », déplore-t-il.
Pour Aldiouma Sow, les raisons de cette mise à l’écart ne font guère de doute. « Mon seul tort est manifestement d’avoir défendu la vérité, le retour de la démocratie interne au sein de notre formation politique et de m’être érigé contre le messianisme qui la prend en otage », affirme-t-il.
La portée politique de cette décision apparaît d’autant plus forte qu’elle intervient dans un contexte de confrontation directe entre le responsable de Pastef et Ousmane Sonko. Dans une déclaration remarquée publiée quelques jours auparavant, Aldiouma Sow avait livré l’une des critiques les plus sévères jamais formulées par un cadre du parti contre son ancien président.
Il y rejetait catégoriquement les allégations selon lesquelles Bassirou Diomaye Faye aurait conclu un accord secret avec Ousmane Sonko avant son accession à la magistrature suprême. « Le candidat Bassirou Diomaye Faye n’a jamais conclu de pacte secret à la prison du Cap Manuel », affirmait-il notamment. À plusieurs reprises, il désignait Ousmane Sonko sous le terme de « messie », dénonçant ce qu’il présentait comme une dérive fondée sur le culte de la personnalité et la personnalisation excessive du combat politique.
Sidy Djimby NDAO











