Face à la montée des tensions au sein du Parti socialiste (Ps), Louis Thomas Ciss, Directeur adjoint de l’École du Parti socialiste, membre de la Commission Éducation et Formation et responsable politique à Thiès, appelle à privilégier le dialogue, l’inclusion et le respect des instances. Réagissant à la récente déclaration des initiateurs du manifeste « Dundal Ps – Faire revivre le Parti socialiste », il reconnaît la nécessité de réformes profondes tout en rejetant les logiques de confrontation susceptibles de fragiliser davantage la formation politique.
La crise qui traverse actuellement le Parti socialiste continue de susciter des réactions au sein de ses différentes sensibilités. Après la sortie remarquée des initiateurs de la plateforme « Dundal Ps – Faire revivre le Parti socialiste », qui ont sévèrement critiqué la gestion du parti sous la conduite de la secrétaire générale par intérim, Aminata Mbengue Ndiaye, c’est au tour de Louis Thomas Ciss de faire entendre sa voix. Dans une déclaration, le responsable socialiste de Thiès reconnaît d’emblée les difficultés auxquelles le Ps est confronté. Selon lui, nul ne peut aujourd’hui ignorer les défis qui se dressent devant une formation politique qui fut pendant plusieurs décennies l’un des piliers de la vie politique sénégalaise. « Comme de nombreux militants, je considère que notre parti traverse une période décisive de son histoire », affirme-t-il, évoquant notamment les contre-performances électorales enregistrées ces dernières années, le recul de l’influence du Ps dans le débat public ainsi que les interrogations exprimées par de nombreux militants quant au fonctionnement des structures internes.
Pour Louis Thomas Ciss, le constat posé par une partie des signataires de « Dundal Ps » n’est pas dénué de fondement. Il estime en effet que le Parti socialiste doit impérativement engager un processus de modernisation et de rénovation afin de retrouver sa place dans le paysage politique national.
La réforme comme impératif
Le responsable politique socialiste ne cache pas sa conviction quant à la nécessité d’une transformation profonde du parti. Il plaide pour une revitalisation des structures de base, un renforcement de la démocratie interne et une plus grande implication des jeunes, des femmes et de la diaspora dans les processus de décision.
Selon lui, le Parti socialiste ne pourra retrouver son attractivité qu’en renouant avec les préoccupations réelles des Sénégalais et en adaptant son fonctionnement aux exigences d’une société en pleine mutation. « Oui, le Parti socialiste doit se réformer », soutient-il sans ambiguïté. Mais si Louis Thomas Ciss partage une partie du diagnostic posé par les tenants de la refondation, il se démarque en revanche de toute logique d’affrontement interne.
Un appel au dépassement des clivages
Au moment où les tensions semblent s’accentuer entre les initiateurs de « Dundal Ps » et la direction intérimaire du parti, le Directeur adjoint de l’École du Parti socialiste invite les différentes sensibilités à éviter toute escalade. Pour lui, la réforme ne peut être menée efficacement dans un climat de divisions permanentes. « Cette nécessaire réforme ne saurait se construire dans la division ni dans une logique d’affrontement entre socialistes », insiste-t-il.
Dans son analyse, le Parti socialiste appartient à l’ensemble de ses militants et ne saurait être confisqué par un groupe, quelle que soit sa légitimité ou son influence au sein de l’organisation. Il rappelle que les débats sur l’avenir du parti doivent se dérouler dans le respect des textes, des statuts et des instances régulièrement établies. Cette position apparaît comme une invitation à la retenue adressée à l’ensemble des protagonistes de la crise actuelle.
Le congrès extraordinaire au cœur des attentes
Pour Louis Thomas Ciss, l’une des clés de sortie de crise réside dans la préparation du futur congrès extraordinaire du Parti socialiste. Il considère cette échéance comme une opportunité historique de rebâtir les fondements du parti et de restaurer la confiance entre les différentes composantes de la famille socialiste.
À ses yeux, ce congrès doit permettre à toutes les sensibilités de s’exprimer librement et d’apporter leur contribution à la définition d’un nouveau projet politique. « Ce congrès devra être un moment de vérité, de rassemblement et de reconstruction collective », souligne-t-il. Le responsable socialiste estime que les militants attendent avant tout un débat transparent et inclusif capable de déboucher sur des solutions durables aux difficultés que traverse le parti.
Valoriser toutes les contributions
Dans sa déclaration, Louis Thomas Ciss insiste également sur le rôle que doivent jouer les différentes structures de réflexion mises en place au sein du PS. Il défend notamment la mission de la Commission de relance, dont les travaux doivent selon lui contribuer à nourrir les réflexions engagées en perspective du congrès extraordinaire.
Pour autant, il refuse toute exclusivité dans la production des idées. Selon lui, les propositions issues des coordinations locales, des organisations de jeunesse, des femmes socialistes, de la diaspora ou encore des différentes sensibilités du parti doivent être prises en compte avec le même intérêt. Dans cet esprit, il considère que les contributions portées par les initiateurs de « Dundal Ps » méritent d’être examinées et discutées avec sérieux. « Toutes les contributions sincères à la réflexion sur l’avenir du Parti doivent être entendues », affirme-t-il. Cette ouverture constitue l’un des principaux messages de sa prise de position, qui cherche manifestement à éviter une polarisation excessive du débat interne.
Soutien au dialogue sous l’autorité de la direction
Sans entrer dans les accusations formulées par les auteurs du manifeste contre Aminata Mbengue Ndiaye, Louis Thomas Ciss réaffirme son attachement aux mécanismes institutionnels du parti. Il appelle les responsables et militants à participer activement aux concertations engagées sous l’autorité de la secrétaire générale par intérim afin de préserver l’unité de la formation politique. Selon lui, l’objectif ne doit pas être de désigner des vainqueurs et des vaincus à l’issue des débats en cours, mais de créer les conditions d’une relance durable du Parti socialiste. « Notre responsabilité n’est pas d’avoir raison les uns contre les autres. Notre responsabilité est de sauver, de renforcer et de préparer l’avenir du Parti socialiste », martèle-t-il.
Reconnaissant les insuffisances et les difficultés actuelles, il refuse néanmoins de voir la crise se transformer en affrontement destructeur. Pour ce responsable socialiste, l’avenir du PS dépendra de sa capacité à conjuguer trois exigences : la lucidité dans le diagnostic, l’audace dans les réformes et l’unité dans l’action.
Fatou DIOP












