Le Sénégal a officiellement présenté la candidature du général d’Armée aérienne (2S) Birame Diop à la présidence de la Commission de la Cedeao. Annoncé par le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, ce choix traduit l’ambition de Dakar de placer à la tête de l’organisation sous-régionale une personnalité reconnue pour son expertise en matière de paix, de sécurité et de gouvernance. Dans un contexte marqué par des crises politiques, des défis sécuritaires persistants et des fractures institutionnelles, le pari sénégalais repose sur l’expérience internationale d’un officier supérieur au parcours exceptionnel.
Le Sénégal a décidé de jouer une carte majeure dans la bataille pour la direction de la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). À quelques semaines du sommet des chefs d’État et de gouvernement prévu en juillet 2026, le Président Bassirou Diomaye Faye a porté son choix sur le général d’Armée aérienne (2S) Birame Diop, actuel ministre des Forces armées. L’annonce, rendue publique par le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur, consacre une volonté politique claire, mettre au service de l’organisation régionale un homme dont le parcours mêle commandement militaire, expertise diplomatique et engagement en faveur de la paix sur le continent africain.
Un militaire devenu référence internationale
La trajectoire du général Birame Diop dépasse largement le cadre des forces armées sénégalaises. Officier de haut rang, il a occupé plusieurs postes stratégiques au sommet de l’appareil militaire national. Chef d’état-major général des Armées, chef d’état-major particulier du président de la République et chef d’état-major de l’Armée de l’air figurent parmi les responsabilités qu’il a assumées au cours de sa carrière.
Mais c’est surtout sur la scène internationale que son profil s’est imposé comme une référence. Son expérience au sein des Nations-Unies lui a permis d’acquérir une vision globale des enjeux de sécurité mondiale. En qualité de conseiller militaire du secrétaire général de l’Onu auprès du Département des opérations de paix, il a participé à l’élaboration de stratégies de prévention des conflits, de maintien de la paix et de consolidation de la stabilité dans plusieurs régions du monde.
Une expertise reconnue dans la réforme du secteur de la sécurité
Au-delà de ses fonctions opérationnelles, le général Birame Diop s’est également illustré dans le domaine de la réflexion stratégique. Il a conduit des recherches approfondies sur les réformes du secteur de la sécurité en Afrique subsaharienne auprès de prestigieuses institutions américaines, notamment le National Endowment for Democracy et le Woodrow Wilson Center à Washington.
Son engagement intellectuel s’est matérialisé par la création de l’Institut africain pour le secteur de la sécurité, devenu par la suite Partners Sénégal. Cette structure s’est imposée comme un cadre de réflexion et de formation consacré au renforcement des capacités stratégiques africaines. Sous l’égide de partenaires internationaux tels que l’Union européenne et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), il a accompagné plusieurs États africains dans leurs processus de réforme sécuritaire. Son expertise a notamment été sollicitée dans l’élaboration des Politiques nationales de défense et de sécurité, outils essentiels pour la modernisation des institutions de défense et la consolidation de l’État de droit.
Cette expérience lui confère une connaissance approfondie des problématiques sécuritaires qui traversent le continent, depuis la lutte contre l’extrémisme violent jusqu’à la gouvernance démocratique des institutions militaires.
Une formation d’excellence au service d’une vision panafricaine
Le parcours académique du candidat sénégalais renforce davantage son profil. Formé à l’École royale de l’air de Marrakech, à l’Air University des États-Unis et à l’École de guerre de Paris, Birame Diop a bénéficié d’un enseignement militaire parmi les plus réputés au monde. À cette solide formation opérationnelle s’ajoutent des travaux universitaires en diplomatie et en relations internationales qui lui ont permis de développer une compréhension fine des mécanismes politiques et institutionnels régissant les relations entre États.
Cette double culture, militaire et diplomatique, est aujourd’hui présentée comme un avantage majeur dans une région où les enjeux sécuritaires sont étroitement liés aux questions de gouvernance, de développement économique et de coopération régionale.
Le ministère des Affaires étrangères souligne ainsi que cette candidature répond à la volonté de proposer à la communauté ouest-africaine « une personnalité de grande valeur », capable de servir avec compétence, impartialité et dévouement.
Fatou DIOP












