Deux importantes opérations menées ces derniers jours par la Police nationale ont permis de porter un coup significatif à des réseaux criminels actifs dans les régions de Diourbel et de Kaolack. À Touba, un système présumé de détournement et de vente illégale de carburant a été démantelé, tandis qu’à Kaolack, un réseau spécialisé dans le vol de motos-Jakarta et leur revente clandestine a été neutralisé. Ces interventions illustrent la volonté des forces de sécurité de renforcer la lutte contre les formes de criminalité qui affectent la sécurité des populations et l’économie nationale.
La Police nationale a enregistré de nouveaux résultats dans sa lutte contre les réseaux criminels opérant dans différentes localités du pays. À travers deux opérations distinctes mais révélatrices de la diversité des activités illicites auxquelles les forces de sécurité sont confrontées, les services de police ont procédé à plusieurs interpellations, saisi d’importantes quantités de carburant ainsi que plusieurs motos volées, et mis au jour des circuits organisés de trafic et de recel.
Un dépôt clandestin de carburant découvert à Touba
À Touba, c’est le Commissariat d’arrondissement de Ndamatou qui a mené une opération ayant conduit au démantèlement d’un dépôt clandestin de carburant installé dans le quartier Darou Marnane.
Selon les premiers éléments de l’enquête, tout est parti d’une patrouille de routine effectuée le 4 juin 2026. Aux environs de 16h30, le commandant du Corps urbain a remarqué la présence inhabituelle d’un camion-citerne stationné devant une concession. Le comportement du véhicule et son emplacement ont attiré l’attention des policiers, qui ont décidé de procéder à une vérification approfondie.
L’inspection a permis de découvrir un système frauduleux installé sur le camion. Les enquêteurs ont constaté la présence d’un dispositif spécialement aménagé pour permettre l’extraction du carburant sans passer par les circuits officiels de distribution. Cette découverte a conduit les policiers à étendre leurs investigations à l’intérieur de la concession où se trouvait le véhicule.
Sur place, ils ont mis au jour une véritable installation de dépotage clandestin destinée au transvasement du carburant. La fouille a permis de saisir cinquante-trois bidons contenant chacun vingt litres de gasoil, soit un total de 1060 litres de carburant. Vingt autres bidons vides ainsi qu’un tuyau servant aux opérations de déchargement ont également été récupérés.
Les deux individus interpellés ont fourni des déclarations qui orientent les investigations vers un système organisé de détournement. Le premier a reconnu être le propriétaire du dépôt clandestin. Le second, chauffeur du camion-citerne, a expliqué avoir acheminé le carburant depuis Dakar alors que la cargaison était destinée à être livrée dans une autre localité pour le compte d’une entreprise pétrolière.
Cette affaire intervient dans un contexte particulier. Les enquêteurs avaient récemment été alertés par plusieurs signalements de détournement de carburant. Une société opérant dans la région de Matam avait notamment indiqué que les données de géolocalisation de ses camions-citernes révélaient des arrêts récurrents dans le secteur de Touba-Mosquée, suscitant des soupçons quant à l’existence d’un point de déchargement clandestin.
Les autorités cherchent désormais à déterminer si le dépôt découvert faisait partie d’un réseau plus vaste impliquant d’autres acteurs du transport et de la distribution de carburant. Les deux suspects ont été placés en garde à vue pour trafic et vente illégale de carburant ainsi que pour mise en danger de la vie d’autrui, les installations clandestines de stockage représentant un risque important d’incendie et d’explosion.
À Kaolack, un réseau de voleurs de motos-Jakarta neutralisé
Quelques jours auparavant, une autre opération de grande envergure avait été menée par la Sûreté Urbaine du Commissariat central de Kaolack. Cette fois, les enquêteurs se sont attaqués à un réseau spécialisé dans le vol de motos-Jakarta, un phénomène qui préoccupe de plus en plus les populations et les conducteurs de motos-taxis.
L’enquête a été ouverte à la suite d’une multiplication des plaintes déposées par des victimes faisant état d’agressions nocturnes. Les témoignages recueillis ont permis de dégager un mode opératoire similaire : les conducteurs étaient ciblés au cœur de la nuit, puis attaqués sous la menace d’armes blanches avant que leurs motos ne soient emportées. Après plusieurs semaines de surveillance et de recoupements d’informations, les enquêteurs sont parvenus à identifier un groupe opérant depuis le quartier Thioffack. Une perquisition menée le 31 mai dans une maison soupçonnée d’abriter les activités de la bande a permis de retrouver trois motos signalées volées et d’interpeller deux suspects.
La confrontation avec les victimes s’est révélée déterminante. Plusieurs d’entre elles ont reconnu à la fois leurs motos et les individus qui les auraient agressées. Placés en garde à vue, les suspects ont fini par passer aux aveux.
Selon leurs déclarations, le groupe serait composé de cinq membres actifs qui agissaient principalement entre trois et quatre heures du matin. Ils auraient utilisé des armes blanches pour intimider leurs victimes avant de s’emparer des motos. Une fois volés, les engins étaient acheminés vers la région de Kaffrine où ils étaient écoulés auprès de receleurs.
Ces révélations ont conduit les policiers à lancer une opération dans cette région. La mission a permis l’arrestation de quatre receleurs présumés ainsi que la récupération de quatre autres motos volées.
Au total, sept personnes ont été interpellées dans cette affaire. Trois sont poursuivies pour association de malfaiteurs et vols aggravés commis en réunion, tandis que quatre autres sont poursuivies pour recel. Les enquêteurs continuent leurs recherches afin de retrouver les membres du réseau qui auraient réussi à prendre la fuite.
Une mobilisation accrue contre les réseaux organisés
Ces opérations ont permis l’interpellation de neuf personnes au total et la saisie de biens dont la valeur est importante. Elles illustrent également les défis auxquels les forces de sécurité sont confrontées face à des réseaux qui cherchent à tirer profit de secteurs essentiels de l’économie ou à s’attaquer aux moyens de subsistance de nombreux citoyens.
La Police nationale assure poursuivre ses investigations dans les deux dossiers afin d’identifier d’éventuels complices, de remonter les filières d’approvisionnement et de recel et de mettre hors d’état de nuire l’ensemble des personnes impliquées. Les autorités appellent par ailleurs les populations à continuer de collaborer avec les services de sécurité en signalant toute activité suspecte susceptible de contribuer à la prévention et à la répression de ces formes de criminalité.
Khadidjatou D. GAYE











