Selon la Directrice exécutive de l’association J-Gen Sénégal, les violences basées sur le genre demeurent une réalité préoccupante et elle en veut pour preuve les féminicides qui continuent d’interpeller notre conscience collective. Elle se désole aussi de constater que les acquis des femmes semblent parfois encore dépendre des contextes politiques, des alternances ou des priorités du moment.
L’association féministes J-Gen Sénégal a initié hier un atelier d’installation et de structuration du Comité de pilotage (Copil) des Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles au Sénégal en présence de pionnières du mouvement féministe, syndical, communautaire et universitaire. Une occasion pour la Directrice exécutive de J-Gen, Maïmouna Astou Yade de rappeler que les Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles au Sénégal s'inscrivent dans une continuité historique, politique et citoyenne portée depuis des décennies par les femmes sénégalaises. « Notre responsabilité collective est de consolider cet héritage, de le documenter, de le transmettre et de l'adapter aux réalités nouvelles auxquelles notre société est confrontée. Car notre société change. Les défis changent également. Les formes de violences changent. Les formes d'exclusion changent. Les espaces de pouvoir changent. Les enjeux technologiques, économiques, climatiques et démocratiques évoluent », fait remarquer la patronne de l’association J-Gen. Poursuivant, elle est d’avis que les défis persistent encore. « Les violences basées sur le genre demeurent une réalité préoccupante. Les féminicides continuent de nous interpeller collectivement. Certaines discriminations juridiques et sociales persistent encore. L'accès équitable aux ressources, à la justice, à la protection sociale et aux espaces de pouvoir reste inégal. Et parfois, les acquis des femmes semblent encore dépendre des contextes politiques, des alternances ou des priorités du moment. Or, les droits des femmes ne doivent pas être circonstanciels », regrette Mme Yade.
Une société qui protège les femmes est une société stable
Elle rappelle, en outre, que les droits des femmes sont des droits humains fondamentaux. « Ils doivent être absolument rattachés aux valeurs de la République, à nos principes démocratiques et à notre projet collectif de société », martèle la Directrice exécutive de J-Gen Sénégal. C'est pourquoi, dit-elle, les Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes revêtent une importance particulière. « Les droits des femmes ne sont pas uniquement les femmes, ils concernent toute la société. Ils concernent les familles, les jeunes, les hommes, les collectivités, les syndicats, le secteur privé, les mouvements citoyens, l'État. Ils concernent en fait notre démocratie. Et ils concernent aussi notre stabilité sociale et notre développement. Car une société qui protège les femmes est une société plus stable », explique Mme Yade qui précise, dans la foulée, que le Comité de pilotage devra être un espace d'écoute, de dialogue, de transmission, de réflexion, mais aussi de construction collective. « Nous devons bâtir un processus capable de dépasser les cloisonnements habituels et de rassembler les différentes sensibilités autour d'un objectif commun, qui est de renforcer durablement la place, la sécurité, la dignité et la participation des femmes dans notre société », martèle la patronne de J-Gen Sénégal, persuadée qu’avec l’engagement des organisations, l'énergie de la jeunesse et l'intelligence collective, ils peuvent construire un processus utile, crédible, porteur d'espoir pour notre pays.
M. CISS












