La centrale syndicale monte au créneau après le renvoi d’Abdoulaye Oumar Diallo, représentant des travailleurs au Conseil d’administration de l’Olac. Dénonçant une décision abusive, arbitraire et injustifiée, la Csa parle d’une tentative d’intimidation contre un syndicaliste engagé et interpelle directement le ministre de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, sur ce qu’elle considère comme de graves dérives dans la gestion de l’établissement.
La tension monte à l’Office des Lacs Et Cours d’Eau (Olac). Dans un communiqué rendu public, la Confédération des syndicats autonomes du Sénégal (Csa) a exprimé sa profonde indignation après le licenciement d’Abdoulaye Oumar Diallo, membre du Syndicat autonome des travailleurs des eaux du Sénégal (Sates) et représentant des travailleurs au Conseil d’administration de l’institution. Pour la centrale syndicale, cette décision prise par la direction générale de l’Olac ne repose sur aucun fondement sérieux. La Csa considère le renvoi du syndicaliste comme abusif, arbitraire et injustifié et accuse la Directrice générale de l’office d’avoir porté contre lui de graves accusations sans preuve tangible ni procédure transparente.
Selon le communiqué, Abdoulaye Oumar Diallo est accusé d’avoir divulgué des informations compromettantes liées à la gestion de la structure. Une version que rejette catégoriquement la Csa. « À ce jour, aucun élément probant ni aucune procédure transparente n’ont permis d’établir la véracité de ces accusations », souligne l’organisation syndicale. La centrale estime qu’« un représentant des travailleurs ne peut être sanctionné pour avoir relayé les préoccupations des agents ou exercé son devoir de vigilance dans le respect des textes en vigueur. Cette décision s’apparente davantage à une tentative d’intimidation et de musèlement », dénonce la Csa, qui considère que les droits syndicaux et la liberté d’expression des représentants du personnel sont aujourd’hui menacés au sein de l’établissement public.
La centrale syndicale élargit également ses critiques à la gestion globale de la Directrice générale de l’Olac. Elle accuse cette dernière d’« avoir engagé une logique de liquidation progressive du personnel à travers un audit interne du personnel » qu’elle juge irrégulier et opaque. Selon la Csa, plusieurs manquements entacheraient cette procédure. L’organisation évoque l’absence de respect des règles de passation des marchés, le défaut de débats contradictoires entre le cabinet chargé de l’audit et les agents concernés, ainsi que l’absence de publication interne des résultats.
Pour les syndicats, « cet audit serait utilisé comme un outil de pression contre certains travailleurs ». Dans le même temps, la Csa dénonce « des recrutements et nominations à caractère clientéliste », qui alimenteraient un climat social déjà tendu au sein de l’office. Face à cette situation, la centrale rappelle que les représentants des travailleurs bénéficient d’une protection spécifique garantie aussi bien par les conventions de l’Organisation internationale du travail (Oit) ratifiées par le Sénégal que par le Code du travail sénégalais. La Csa exige ainsi « l’annulation immédiate du licenciement d’Abdoulaye Oumar Diallo et sa réintégration sans condition, avec le rétablissement intégral de ses droits ». Elle réclame l’annulation de l’audit du personnel, qu’elle considère entaché de nombreuses irrégularités, et demande, si nécessaire, une reprise de la procédure dans le strict respect des règles de transparence et de passation des marchés.
Dans sa déclaration, la confédération interpelle directement le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, l’appelant à “prendre pleinement ses responsabilités” face à une situation qu’elle juge grave pour le dialogue social et la justice au sein de l’Olac. La Csa réclame toute la lumière sur cette affaire et demande « au gouvernement de prendre des mesures appropriées afin de mettre fin aux dérives constatées ». En attendant, la centrale appelle les travailleurs et les organisations syndicales à rester mobilisés contre toute forme de répression syndicale.
Fatou DIOP












