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DIFFÉREND AUTOUR D'UN TERRAIN DE 7000 MÈTRES CARRÉS À NGAPAROU : Awa Baldé et Aziz Ndiaye s’étripent à la barre entre accusations, contre accusations et démentis




 
 
 
Là où Awa Baldé réclame 200 millions de dédommagement au promoteur de lutte Aziz Ndiaye, ce dernier lui demande à son tour 10 millions pour abus de constitution de partie civile. Les deux parties ont réglé leurs comptes jeudi 25 juin 2025, devant le tribunal correctionnel de Dakar, à propos d’une affaire d'escroquerie foncière portant sur un terrain de 7000 mètres carrés à Ngaparou que la plaignante lui aurait cédé en 2018 pour un montant de 50 millions.
 
 
 
 
Le promoteur de lutte Aziz Ndiaye et la jet-setteuse, Awa Baldé ont soldé leurs comptes jeudi, 25 juin 2025, devant le tribunal correctionnel de Dakar. C'est cette dernière qui poursuit l'homme d'affaires pour des faits présumés d'escroquerie portant sur un terrain. Le différend entre ces deux parties a commencé en 2018. Durant cette période-là, Awa Baldé s'était rapprochée de Aziz Ndiaye pour lui vendre une parcelle de 7000 mètres carrés située à Ngaparou et qui appartenait à son ex-mari. Selon la dame, dans leur accord, ils ont convenu sur 120 millions de F Cfa, en plus d'une villa clé en main construite sur le terrain. Mais, poursuit-elle, Aziz Ndiaye lui a confié qu'il ne pouvait pas déclarer ce montant devant le notaire afin de ne pas supporter le paiement des taxes diverses. À cet effet, sur demande d'Aziz Ndiaye, elle était d'accord pour ne déclarer que 50 millions de F Cfa. Selon toujours Awa Baldé, lorsqu'elle a signé les documents devant le notaire où Élimane Lam et Aziz Ndiaye l'ont envoyée, ce dernier lui a remis un acompte de 25 millions. Et pour les 25 millions qui restent, malgré les multiples ppels, Aziz Ndiaye ne lui a rien donné. Pis, ce dernier lui avait rétorqué qu'il ne lui devait aucun sou.
Face à cette volteface de d'Aziz Ndiaye, elle lui a servi une citation directe dans laquelle elle lui reproche des faits présumés d'escroquerie. À la barre du tribunal, Awa Baldé est revenue sur les faits. Elle affirme avoir vendu le terrain pour convoyer vers la France sa mère atteinte d’insuffisance rénale et qui devait subir des séances de dialyse. "Entre lui et moi, il était convenu qu'il allait me donner une villa construite d'une valeur de 350 millions sur la parcelle et la somme de 120 millions. Après l’acompte, il ne m’a plus rien donné. Quand j’ai commencé à faire des sorties sur les réseaux sociaux, il m'a proposé 10 millions que j'ai pris. En tout et pour tout, il m’a remis 37 millions par tranches dans son bureau. Et à l'heure où je vous parle, je n'ai reçu aucune villa".
 
 
Aziz Ndiaye nie et donne sa version
 
 
Interrogé, Aziz Ndiaye a d'abord contesté les faits y compris l'existence dudit accord avant de faire de même concernant les termes. "L'acte de vente n'est même pas notarié, contrairement à ce qu'elle dit, puisqu'elle l'avait déjà signé avant qu'on aille auprès du notaire. C'est elle qui est venue vers moi pour me proposer la vente de ce terrain, mais je lui avais dit au début que je n'étais pas intéressé. Elle a cassé le prix jusqu'à 50 millions. On est allé chez le notaire qui nous a d'ailleurs conseillés. Je précise que le terrain ne lui appartenait pas. Elle n'avait qu'une procuration, puisqu'il appartenait à son ex-époux. Le terrain a été acheté à 11 millions en 2011 et elle me l'a vendu en 2018 à 50 millions. C'était tout simplement un champ avec un poulailler dedans. Elle a inventé les déclarations selon lesquelles on avait convenu de la somme de 120 millions et de la villa. J'ai eu écho de ces 120 millions lorsqu'elle a porté plainte contre moi devant le Pool judiciaire financier où l'affaire a été classée sans suite. J'ai les papiers prouvant qu'elle a reçu l'intégralité de ces montants. D’ailleurs, elle me doit de l'argent pour les frais de mutation. Quant à moi, je ne lui dois aucun centime. Elle est même allée auprès de mon ami Elimane Lam où elle a signé une décharge dans laquelle elle confiait que je lui avais tout payé", a expliqué le prévenu qui révèle à la barre : "J'ai construit là-bas la résidence Al Amine constituée de 12 villas que j'ai emménagé avec la voirie etc. C'est des villas de 500 et 600 mètres carrés".
Prenant ainsi la balle au rebond, Awa Baldé a précisé qu'il n'y avait aucun témoin au moment où cet accord entre lui et Aziz Ndiaye a été ficelé. "Au moment de la vente du terrain, j'étais légalement mariée à mon époux sous le régime de la communauté de biens. C'était un verger où j'avais effectué des investissements parce qu'il y avait des pieds de mangues, un poulailler, deux puits etc. Rien que la clôture du terrain m'a coûté 30 millions. Je lui avais même confié que si ma mère n'était pas malade, je n'allais pas lui vendre la parcelle. En fait, j'ai vendu à deux personnes à savoir Elimane Lam et Aziz Ndiaye. Mais, quand j’ai contacté Elimane, il m'a dit que Aziz l'a écarté de l'affaire", a-t-elle soutenu.
 
 
 
Me Ramatoulaye Ba : «Aziz Ndiaye n'est pas à son coup d'essai…»
 
 
 
Avocat d'Awa Baldé, Me Bachir Lo a indiqué que sa cliente vouait une confiance aveugle au prévenu et c'est la raison pour laquelle elle ne s'est pas entourée de toutes les garanties puisqu'elle n'a pas recouru à un témoin. Sa consœur, Me Ramatoulaye Ba, a indiqué au tribunal qu'Aziz Ndiaye n'est pas à son coup d'essai puisqu'il a eu à traiter avec une dame qui croupit actuellement à la prison de Mbour. Me Ba a demandé au tribunal, avant de rendre une décision, de commettre un expert pour qu'il lui dise la valeur vénale du terrain en 2018, ce qui permettra de prouver qu'elle a été flouée. Son confrère, Me Ousseynou Ngom a, pour sa part, attesté que le terrain en cause est estimé à 1 milliard 750 millions alors qu'Aziz Ndiaye ose dire avoir acheté à 50 millions, tout en précisant n'avoir rien à se reprocher devant les Sénégalais. Appuyant sa consœur sur ladite demande d'expertise, Me Ngom a réclamé la somme de 200 millions de dédommagement pour le compte de Awa Baldé.
 
 
Aziz Ndiaye dénonce un abus de constitution de partie civile et réclame le paiement de 10 millions
 
 
Le procureur a requis l'application de la loi pénale. Pour la défense du promoteur de lutte, Me Souleymane Soumaré a déclaré qu'Awa Baldé a elle-même reconnu avoir signé cette décharge qui a été faite en 2021 et dans laquelle elle a attesté que le montant de 10 millions lui a été remis par Élimane Lam. Le conseil a plaidé l'abus de constitution de partie civile et a réclamé le paiement de 10 millions à titre de préjudice pour Aziz Ndiaye, après avoir demandé qu'il soit renvoyé des fins de la poursuite. Pour Me Moussa Konaté, Awa Baldé avait obtenu les 50 millions depuis 2021. Soulignant que la question par rapport à l'expertise n'est pas fondée, il a lui aussi demandé au tribunal de rejeter la demande en réparation de la partie civile. Le délibéré est attendu au 23 septembre 2026.
 
Fatou D. DIONE
 
 
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