Le Syndicat Unique des Travailleurs du Trésor est très remonté contre le transfert du recouvrement des impôts institués au profit des collectivités territoriales à la Direction générale des Impôts et des Domaines (Dgid) dans le projet de loi portant Code général des impôts. Le Sutt n’a pas manqué d’alerter sur les conséquences néfastes de ces nouvelles tentatives de démantèlement progressif de l'administration du Trésor au profit des administrations fiscale et douanière.
Dans le contenu de l’exposé des motifs du projet de loi portant Code général des impôts, l'administration fiscale y propose le transfert du recouvrement des impôts institués au profit des collectivités territoriales à la Direction générale des Impôts et des Domaines (Dgid). Une décision qui a fait réagir le Syndicat Unique des Travailleurs du Trésor (Sutt) dirigé par El Hadj Dioumourou Dia. «Le Sutt considère cette initiative comme une tentative inopportune, infondée et inélégante de confiscation d'une compétence historiquement et exclusivement dévolue au Trésor public, que celui-ci exerce avec efficacité, responsabilité et professionnalisme au service exclusif de la République, comme en attestent les performances régulièrement enregistrées en matière de recouvrement des recettes locales. Le Syndicat dénonce avec la plus grande fermeté ces velléités, d'autant plus incompréhensibles qu'elles interviennent en pleine phase de déploiement du Sigif, vaste chantier de modernisation des finances publiques dans lequel l'administration du Trésor joue un rôle central», déplore le Sutt.
Les manœuvres de la Dgd dénoncées
Totalement indigné, le Syndicat s’en prend à l’administration des impôts. «Le Sutt fustige, chemin faisant, avec la même fermeté, les manœuvres de la Direction générale des Douanes (Dgd) visant à récupérer le recouvrement des droits de douanes à l'occasion de l'actuelle réforme du Code général des douanes. Il s'agit d'une ambition purement corporatiste au détriment de l'impérative relation recouvrement/trésorerie indispensable à une gestion efficiente de la Trésorerie de l'Etat dans le temps et dans l'espace», fait remarquer le Syndicat qui appelle, dans la foulée, les autorités compétentes à mettre immédiatement un terme à ces pratiques surannées qui fragilisent inutilement l'équilibre institutionnel de l’administration financière.
Tentative de démantèlement du Trésor
Toutefois, face à cette situation, le Sutt ne compte pas resté les bras croisés. «Le Syndicat se réserve le droit d'engager toute action légale, administrative et syndicale nécessaire à la préservation des intérêts de l'administration du Trésor, lesquels se confondent, en l'espèce, avec ceux de la République et des collectivités territoriales dont la viabilité financière pourrait être sérieusement compromise par une telle réforme », indique le Syndicat Unique des Travailleurs du Trésor qui, en plus d’alerter l’opinion, sollicite l'arbitrage du Ministre des Finances et du Budget. Le Syndicat a aussi informé les plus hautes autorités de la République «sur les conséquences foncièrement néfastes de ces nouvelles tentatives de démantèlement progressif de l'administration du Trésor au profit des administrations fiscale et douanière». Aussi, le syndicat appelle les travailleurs à rester mobilisés, vigilants et prêts à défendre avec responsabilité et détermination, l'intégrité, les missions et l'avenir du Trésor.
La lumière sur le transfert du recouvrement des impôts d’État
Par ailleurs, le Sutt exige de l'État, 17 ans après, une évaluation objective et transparente, par la Cour des Comptes, du transfert du recouvrement des impôts d'État intervenu en 2009, réforme dont l'application pratique a révélé un important manque à gagner pour les finances publiques, notamment du fait du recours à des tiers intervenants (huissiers, commissaires-priseurs, etc.) dont les rémunérations pèsent lourdement sur les recettes effectivement mobilisées alors qu'il existe au Trésor des agents de l'Etat exclusivement recrutés et formés à cet effet. Le Syndicat invite également les services des impôts et domaines à se concentrer d'abord sur le respect du calendrier fiscal, ensuite sur l'assiette des impôts locaux qui est devenue obsolète et constitue par conséquent un inquiétant facteur de manque à gagner pour les collectivités territoriales.
M. CISS












