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MALGRÉ TOUTES LES CONCERTATIONS AUTOUR EN COMMISSION : Pastef inflige un revers judiciaire sans précédent au gouvernement en rejetant la LFR en plénière sans débat



MALGRÉ TOUTES LES CONCERTATIONS AUTOUR EN COMMISSION : Pastef inflige un revers judiciaire sans précédent au gouvernement en rejetant la LFR en plénière sans débat

 
Les multiples renvois, dialogues et concertations entre l’exécutif et le parlement n’y feront rien. La Loi de finances rectificative a été finalement rejetée hier par la majorité sans débat. Son examen a donné lieu à une confrontation nourrie entre le représentant du gouvernement et les députés de Pastef. Amadou Ba et Alphonse Mané Sambou, président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire, ont mis en doute la crédibilité des prévisions financières de l’État. En réponse, Cheikh Diba a défendu la démarche de l’Exécutif, récusant le procès en insincérité budgétaire.
 
Pastef a mis les menaces de Ousmane Sonko à exécution, la majorité a rejeté hier la Loi de finances rectificative (Lfr) 2026. Lors de l’examen dudit texte presidé par El Malick Ndiaye, les échanges entre les députés et le gouvernement ont rapidement dépassé les simples explications techniques pour mettre au jour un désaccord sur la trajectoire économique et financière du pays.
Ils n’ont même pas attendu le debat général pour voter contre la Lfr, Amadou Ba a déclenché la procedure de rejet avec sa Motion préjudicielle en évoquant l’article 84 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
 
Amadou Ba : «on ne peut pas voter à l’aveugle»
 
Pour Amadou Ba, le problème posé par la Lfr 2026 ne se limite pas à une divergence d’appréciation sur les choix du gouvernement. Le député de Pastef estime que les parlementaires ne disposent pas de tous les éléments nécessaires pour apprécier la sincérité et le réalisme des prévisions de recettes et de dépenses soumises à leur vote.
Mais son réquisitoire porte également sur le manque de documents. Amadou Ba affirme que plusieurs pièces demandées par les députés n’ont pas été transmises, notamment des éléments détaillés sur l’exécution des investissements, la dette financière, la dette publique, ainsi que des rapports d’audit et de contrôle. Il cite notamment les documents de Forvis Mazars et de l’Inspection générale des finances.
Pour lui, l’absence de ces informations empêche les parlementaires d’exercer pleinement leur mission de contrôle. Il a donc défendu le recours à la question préalable, estimant qu’il n’était pas acceptable de demander aux députés de se prononcer sans leur donner les moyens de vérifier les données soumises à leur appréciation.
 
Alphonse Mané Sambou : «l’Assemblée ne votera jamais des projets de loi sans être impliquée»
 
Abondant dans le même sens, Alphonse Mané Sambou, président de la commission des Finances et du Contrôle budgétaire et député de Pastef, a lui aussi mis l’accent sur la crédibilité des prévisions et la réalité des dépenses publiques. Alphonse Mané Sambou a dénoncé ce qu’il considère comme une présentation excessivement optimiste de certains indicateurs financiers. Il a mis en garde contre le risque de soumettre au Fmi des données qu’il juge surévaluées, notamment sur le déficit, et estimé que les députés ne pouvaient accorder leur confiance à un document sans disposer de toutes les informations nécessaires. «L’Assemblée reste entièrement ouverte, mais ne votera jamais des projets de loi sans être impliquée», a-t-il fait savoir.
 
Cheikh Diba : «vous pouvez nous accuser d’incompétence aujourd’hui, mais votre supérieur (Ousmane Sonko) ne le dira jamais»
Face à ces critiques, Cheikh Diba a choisi de défendre la méthode du gouvernement et de contester la manière dont les députés posent le débat «caxaan baxul», a-t-il lancé d’emblée aux députés. Le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan a notamment rejeté l’idée selon laquelle les écarts entre les prévisions et les réalisations suffiraient à caractériser une insincérité budgétaire.
Dans une intervention parfois tendue, ponctuée de rappels à l’ordre et d’interruptions, Cheikh Diba a reproché aux députés de faire de la sincérité budgétaire un argument pour remettre en cause un projet qu’il juge important. Il a également insisté sur la disponibilité du gouvernement à revenir devant les parlementaires pour expliquer les écarts et proposer des ajustements. «Vous pouvez nous accuser d’incompétence aujourd’hui mais votre supérieur (Ousmane Sonko) ne le dira jamais», a-t-il lancé aux députés de Pastef qui le chahutaient.
 
Nd. Kh. D. F
 
LES ECHOS


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