La Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) décide d’aller au front syndical. Réunie samedi 10 octobre, le syndicat sous la houlette de Mody Guiro a validé le plan d’action du Front syndical pour la défense du travail (Fsdt), avec une grève générale de trois jours prévue les 21, 22 et 23 octobre 2026.
Après plusieurs semaines d’alerte dans l’accalmie, le mouvement syndical est en ordre de bataille. La Cnts dénonce la dégradation du climat social et exige une prise en charge effective des revendications des travailleurs. Pour préparer la mobilisation, trois rendez-vous sont retenus, « une assemblée générale d’information, le 16 octobre à 16 heures au siège de la Cnts, une marche pacifique le 20 octobre à partir de 15 heures, entre la Fastef et le rond-point Jet d’Eau, puis une grève générale les 21, 22 et 23 octobre », annonce Mody Guiro déterminé à contraindre l’Etat à respecter ses engagements.
Pour la centrale, le gouvernement reste silencieux face à plusieurs préoccupations majeures. La Cnts dénonce « la précarisation de l’emploi, le maintien à quatre ans de la périodicité des CDD, la non-réintégration de travailleurs licenciés et le retard dans la mise en œuvre de plusieurs engagements sociaux ». Toutefois, « la situation des enseignants décisionnaires » figure parmi les points de crispation, « avec la non-application du décret 2026-65 et l’absence de discussions sur leur retraite ». La centrale réclame aussi « l’ouverture de négociations sérieuses dans le secteur de la santé, la généralisation de l’indemnité de logement et une étude sur le système de rémunération des agents de l’État », explique Guiro. D’autres dossiers sont cités, « les revendications des travailleurs de la Senelec et de La Poste, la diminution de la prime de rendement à la Saed, les problèmes rencontrés à la Dgpjs, les engagements non respectés dans le transport routier ainsi que les menaces sur les emplois à la Compagnie sucrière sénégalaise (Css) ». La Cnts s’inquiète de la situation de la dette intérieure, « celle due aux entreprises du BTP, ainsi que des lenteurs concernant la réhabilitation du site engrais des Ics de Mbao et la construction d’une nouvelle unité de production ».
La centrale syndicale accuse par ailleurs le gouvernement d’avoir violé le dialogue tripartite prévu par la Convention 144 de l’Oit en raison de l’adoption, sans concertation préalable, des nouveaux codes du travail et de la sécurité sociale par l’Assemblée nationale. Pour la Cnts, ce qu’elle qualifie de « forcing » gouvernemental appelle « une riposte à la hauteur de l’affront ». Elle appelle ainsi les travailleurs et l’ensemble des Sénégalais à une mobilisation massive autour du Fsdt.
Fatou DIOP













