L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses procédures. Elle a officiellement lancé vendredi une plateforme numérique dédiée à l’homologation des médicaments et autres produits de santé. Un dispositif présenté comme un levier de transparence, de traçabilité et d’efficacité dans la régulation pharmaceutique au Sénégal.
La régulation pharmaceutique sénégalaise entre dans une nouvelle ère. L’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) a procédé, vendredi, au lancement officiel de sa plateforme numérique d’homologation des médicaments et autres produits de santé. Présidant la cérémonie, la directrice de cabinet du ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, docteur Ndèye Maguette Ndiaye Ndom, a salué « une réforme appelée à transformer en profondeur les méthodes de travail. La plateforme numérique que nous lançons aujourd’hui transforme radicalement nos méthodes de travail », a-t-elle déclaré. « Elle permettra aux opérateurs pharmaceutiques de déposer leurs dossiers au format CTD (Document technique commun) et de suivre leur instruction à travers un portail unique. Chaque étape de la procédure pourra ainsi être tracée, tandis que les décisions seront documentées et les délais de traitement mesurables » insiste-t-elle.
Pour la représentante du ministre, cette évolution est d’autant plus importante que l’homologation constitue un mécanisme essentiel de protection de la santé des populations. « Elle ne doit donc pas être considérée comme une simple formalité administrative. Le dispositif doit garantir l’application de critères d’évaluation identiques aux producteurs locaux et aux importateurs, ainsi qu’aux entreprises pharmaceutiques nationales et internationales. Une manière de renforcer l’équité et la transparence dans le processus d’autorisation des médicaments » dit-elle avec insistance.
Selon la directrice de cabinet, « le module d’homologation constitue le socle d’un système d’information intégré de régulation pharmaceutique. Il devrait progressivement être interconnecté avec d’autres procédures, celles relatives à l’importation des produits, aux essais cliniques, à l’octroi des licences, à la libération des lots et à la pharmacovigilance ». Ainsi, Docteur Aïssatou Sougou, a insisté sur les avantages de cette transformation pour les opérateurs comme pour l’agence. « Les entreprises pourront désormais soumettre leurs dossiers en ligne et suivre leur évolution, tandis que l’ARP bénéficiera d’une meilleure traçabilité de l’ensemble des procédures » explique la directrice de l’ARP qui ajoute que, « mais la digitalisation ne saurait, à elle seule, garantir la réussite de la réforme. Elle doit s’accompagner d’une transformation des méthodes de travail, d’une responsabilisation accrue des équipes et de l’instauration d’une véritable culture de la performance ».
Pour le président de l’Ordre des pharmaciens du Sénégal, docteur Mbaye Aw, « la dématérialisation va bien au-delà d’une simple innovation technologique. Elle constitue une avancée susceptible de renforcer la confiance entre le médicament et le patient et d’améliorer la crédibilité du système réglementaire pharmaceutique ». « Cette modernisation doit surtout permettre de consolider les exigences de qualité, de sécurité et d’efficacité qui conditionnent l’autorisation de mise sur le marché des médicaments » dit-il. Avec cette plateforme, l’Arp entend ainsi poser les bases d’une régulation pharmaceutique plus moderne, plus transparente et davantage orientée vers la performance. L’agence ambitionne désormais de poursuivre la digitalisation progressive de l’ensemble de ses fonctions réglementaires.
Fatou DIOP












