Chacun a porté plainte contre l'autre. Il s'agit des frères Idrissa et Macodou Dione, contre qui le procureur du tribunal correctionnel de Dakar a requis leur culpabilité pour des faits de constructions sans autorisation administrative, après avoir demandé leur relaxe pour le délit de mise en danger de la vie d'autrui. Les deux se disputent une maison sise à Ouakam et qui leur a été léguée par leur défunt père. Mais, le tribunal a fait savoir que la parcelle litigieuse appartenait à l'État du Sénégal et non à leur géniteur.
Ils sont deux frères à se chamailler pour une maison laissée en héritage par leur défunt père. Il s’agit d'Idrissa et de l'ancien militaire Macodou Dione. Malheureusement, tous les deux se sont retrouvés devant le tribunal pour des faits de constructions sans autorisation administrative et de mise en danger de la vie d'autrui. Il s'agit de plaintes mutuelles qui ont été déposées par chacun. D'après l'accusation, ils ont édifié des constructions sans autorisation administrative puis réalisé des travaux et modifications sur un terrain de 250 mètres carrés laissé par leur père et qui mettent en danger la vie d'autrui. Seul à comparaître devant le tribunal correctionnel de Dakar en tant que prévenu et aussi partie civile, Idrissa Dione a fait savoir à l'audience qu’au décès de leur père en 2009, il se trouvait en Espagne où il n'avait pas encore de papiers. Sur les faits, Idrissa Dione a expliqué au juge que sur les 250 mètres carrés que leur père leur a légués, le géomètre a délimité ce que l'imam lui a ordonné de prendre comme étant sa part. C'est sur cette partie qu'il a réalisé des travaux, après avoir requis une autorisation administrative. "J'ai construit là-bas un restaurant après avoir fait une séparation par un mur que j'ai édifié", a-t-il déclaré.
Mais, ce dernier a appris une vérité qui se cachait derrière cette maison pour laquelle lui et son frère se battent. Le président de l'audience a fait savoir à Idrissa Dione que la parcelle en question qui se trouve à Ouakam n'est pas la propriété de leur défunt père, mais de l'État du Sénégal. "Vous vous chamaillez pour ce lopin de terre qui n'appartient même pas à votre père. Votre père n'a même pas de bail. Cet espace pour lequel vous vous disputez appartient à l'Etat du Sénégal", a révélé le magistrat, après avoir fouillé son dossier.
Le procureur a pour sa part requis la culpabilité des deux frères assortie d'une amende ferme de 100.000 F Cfa pour le délit de construction sans autorisation administrative, après avoir demandé qu'ils soient relaxés pour l'infraction de mise en danger de la vie d'autrui. Délibéré le 8 juillet 2026.
Fatou D. DIONE













