L’information de Financial Times relative à la dette de 650 millions d’euros contractée par le régime actuel n’a pas encore fini de susciter des commentaires. Le porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, qui s’est prononcé sur la question, n’a pas du tout raté les nouvelles autorités. Le président du Conseil départemental de Kaffrine estime qu’il faut mettre un terme aux forfanteries politiques parce que le Sénégal mérite mieux.
Cette «dette dissimulée» du régime actuel est une faute politique, si l’on en croit Abdoulaye Wilane. Le porte-parole de Parti socialiste, qui souligne la tension dans laquelle les nouvelles autorités ont plongé ce pays avec l’histoire de la dette cachée du regime de Macky Sall, affirme que ces dernières sont juste rattrapées par la réalité. «Il y a encore quelques mois, le Sénégal était abreuvé, jour et nuit, d’un discours martelé avec insistance : celui de l’existence d’une prétendue “dette cachée”, attribuée à l’ancien régime. Ce récit, construit sans preuve publique exhaustive, a servi de fondement à une stratégie politique : semer le doute, installer la peur, fragiliser la confiance et justifier une rupture. Aujourd’hui, la réalité rattrape ceux qui accusaient», explique-t-il.
Pour lui, la situation est d’une extrême gravité, puisque le pouvoir actuel «recourt lui-même à des mécanismes d’endettement opaques, contracte des engagements financiers sans transparence et dissimule, de fait, les conditions réelles de ces opérations au peuple sénégalais et à ses partenaires».
Poursuivant, l’ancien parlementaire relève une contradiction politique majeure : «le parti au pouvoir, qui avait bâti sa légitimité sur la dénonciation d’une opacité financière, se retrouve aujourd’hui dans une position paradoxale : celui qui accusait devient celui qui cache. Hier, on parlait de “dette cachée”. Aujourd’hui, on découvre des emprunts contractés dans des conditions floues, via des montages complexes, sans information claire, sans débat public, sans transparence totale».
«Les forfanteries politiques ont assez duré et les approximations ont assez coûté»
Pour lui, c’est plus qu’une incohérence, c’est une faute politique et une atteinte grave à la crédibilité de l’État. « La gestion de la dette n’est pas un sujet partisan. C’est une question de souveraineté, de crédibilité et de responsabilité nationale», sérine-t-il. En multipliant les opérations opaques , prévient le président du Conseil départemental de Kaffrine, « le gouvernement affaiblit la signature financière du Sénégal ; il dégrade la confiance des partenaires ; il renchérit le coût du financement et il engage le pays dans des trajectoires budgétaires incertaines».
Ce qui est malheureux dans cette histoire, affirme Wilane, c’est aux Sénégalais qui n’ont rien demandé de payer la facture salée «par plus d’impôts, moins d’investissements publics, des services publics sous tension et une pression accrue sur le pouvoir d’achat. Pendant que le pouvoir joue avec des montages financiers complexes, le peuple, lui, subit la réalité économique».
Le socialiste regrette surtout que la gouvernance de nos autorités soit fondée sur la communication et pas sur la vérité. «Une gestion de la dette politisée, des décisions prises dans l’urgence, une communication approximative et une absence de cohérence stratégique», souligne-t-il, avant d’ajouter : «on a voulu gouverner par le récit, On est rattrapé par les faits».
Fort de ces constats, le porte-parole du Ps dit lancer un «appel à un réveil citoyen».
Pour lui, le Sénégal mérite mieux que ces incohérences, il mérite une gestion rigoureuse, transparente et responsable de ses finances publiques. Les faux procès d’hier et les pratiques d’aujourd’hui ne peuvent plus coexister», dit-il.
Abdoulaye Wilane estime que les «forfanteries politiques ont assez duré. Les approximations ont assez coûté et les incohérences ont assez affaibli le pays. On ne construit pas un État sur la dénonciation et la dissimulation. On ne dirige pas un pays en disant une chose et en faisant son contraire», fulmine-t-il.
Nd. Kh. D. F











