
La XIVème législature à ouvert hier sa première session extraordinaire pour l’année 2023. Avec la présence de 158 députés, le président Amadou Mame Diop a déclaré l’Assemblée dans les conditions requises pour délibérer valablement. Après avoir listé les projets de loi à examiner en procédure d’urgence, le président de l’Assemblée nationale a automatiquement levé la séance, malgré les interpellations de certains députés de Yewwi qui réclamaient un appel au règlement.
Même s’il s’agissait de l’ouverture de la session extraordinaire simplement, toutes les attentions ont convergé hier vers le parlement sénégalais ; en atteste d’ailleurs la forte présence des journalistes. Le président de l’Assemblée nationale, qui en a vu de vertes et des pas mûres depuis son installation, ne s’est pas laissé surprendre hier ; Il a fait l’essentiel avant de plier bagages aussitôt, ne laissant aucun champ de manœuvre aux députés de Yewwi qui voulaient orienter le débat après l’ouverture de la séance sur le cas de leur président de groupe parlementaire Birame Souley Diop. Alors qu’il suggérait à l’Assemblée nationale de lever la séance après avoir épuisé l’ordre du jour, Ayib Daffé de Yewwi a commencé à élever la voix pour faire un «appel au règlement». Amadou Mame Diop, comme s’il n’avait rien entendu, continue son speech et lève la séance en invitant la conférence des présidents à se réunir à l’instant pour définir le calendrier des travaux sur les projets de loi relatifs à la modification de la constitution, du code électoral et du code de procédure pénale.
Ndèye Khady Diouf
Ayib Daffé : «je voulais prendre la parole pour évoquer le cas de Birame Soulèye Diop»
Interpellé à sa sortie de la salle, Ayib Daffé dit avoir demandé la parole pour Interpeller le président de l’Assemblée ainsi que ses collègues sur le sort du président du groupe parlementaire Yewwi Askan Wi. «Je voulais prendre la parole après l’appel nominal et la constatation du quorum, à travers un rappel au règlement pour évoquer l’article 51 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale», dit-il avant d’enchainer : «je rappelle que l’alinéa 4 dudit article stipule qu’aucun député ne peut hors session être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale, sauf en cas de flagrant délit ou de condamnation pénale définitive (…) Or, nous avons constaté que notre collègue Birame Soulèye Diop fait l’objet d’une arrestation qui viole l’article 61 de la Constitution sénégalaise et l’article 51 de notre règlement intérieur». Pour le député de Sédhiou, Birame Soulèye devrait normalement faire l’objet d’un flagrant délit, mais ils ont constaté à la place une information judiciaire. «Nous avons voulu donc que l’Assemblée nationale prenne ses responsabilités et demande la suspension des poursuites. Un projet de résolution a été déposé sur la table du président de l’Assemblée depuis vendredi», affirme-t-il.
Ndèye Khady DIOUF