Selon Mouhamed Moustapha Sall Ceo de Sunu blé, le blé cultivé au Sénégal est d’excellente qualité et est aussi compétitif que le blé importé. Pour la disponibilité du blé à un coût acceptable, son collègue Ousmane Fall de Teranga Bridge préconise une bonne planification de la chaîne d’approvisionnement afin de résister aux chocs externes.
La disponibilité et la qualité du blé, la valorisation des céréales locales, la logistique et l’approvisionnement en grains en Afrique de l’Ouest, les innovations technologiques sont, entre autres sujets, débattus par les professionnels, industriels, scientifiques et partenaires des secteurs de la minoterie, de la transformation céréalière et de la boulangerie, venus du Sénégal, d’autres pays africains et de l’international à l’occasion de l’atelier initié par la plateforme internationale de rencontres et d’échanges « Flour Rising Africa ». Introduisant le panel sur « Macroéconomie, logistique et disponibilité des céréales au Sénégal et en Afrique de l’Ouest », Ousmane Fall de Teranga Bridge Africa révèle que l’Afrique de l’Ouest est sous dépendance structurelle avec 85% de blé importé. S’agissant de la disponibilité des céréales, il fait remarquer que l’Afrique subit les chocs en dehors du continent, notamment la guerre en Ukraine et la fermeture du détroit d’Ormuz, qui ont aussi des conséquences sur le coût du blé. A l’en croire, même la libération partielle du détroit d’Ormuz implique des surcoûts, puisque, dit-il, les navires arrivent en même temps au port de Dakar et le temps d’attente est prolongé à 10, 15 ou 20 jours avec des lourdeurs administratives, des problèmes de stockage, etc. Ainsi, pour assurer la disponibilité du blé à des coûts acceptables, il préconise une bonne planification dans la chaîne d’approvisionnement afin de résister aux chocs externes qui impactent le prix, le fret, en plus d’être à l’origine de la congestion portuaire. A cet effet, il annonce que l’approche traditionnelle basée sur la gestion réactive est à bannir.
Dans l’industrie, la continuité de l’activité est primordiale
Par contre, pour être résilient, dit-il, il faut avoir des stocks stratégiques, des origines diversifiées, une coopération proactive, une visibilité logistique et des scénarios de continuité d’activité. « On ne s’arrête plus à la planification. On va vers la résilience en mettant en place des plans de continuité d’activité qui vont stimuler les chocs et ne plus les subir. On est dans l’industrie et la continuité de l’activité est primordiale », indique Ousmane Fall qui liste cinq priorités pour renforcer la résilience des meuniers. Il s’agit, de la diversification des approvisionnements, la sécurisation de la logistique en amont, la création de stocks stratégiques, etc. Ce qui lui fait dire : « l’avenir de la sécurité céréalière en Afrique de l’Ouest dépendra, non seulement, de la quantité de céréales produites dans le monde ; mais également, de notre capacité à connecter efficacement et durablement l'offre mondiale à la demande africaine », conclut M. Fall.
8 variétés de blé cultivées au Sénégal dont 4 de blé tendre
Pour sa part, le fondateur de Sunu blé, Mouhamed Moustapha Sall, dans son exposé sur les céréales locales, a confirmé la possibilité de cultiver le blé au Sénégal. En effet, il dit avoir expérimenté cette culture au Sénégal en collaboration avec l’Institut sénégalais de recherche agricole (Isra), qui a homologué huit variétés de blé dont quatre variétés de blé tendre et quatre autres de blé dur sur un échantillon de 500 variétés. Mieux, il révèle, d’après les tests caractéristiques, que le blé cultivé au Sénégal est aussi compétitif que le blé importé. Il révèle, dans la foulée, que des échantillons amenés en Angleterre ont aussi confirmé que le blé du Sénégal est d’excellente qualité. Ainsi, avec des rendements de 4 à 6 tonnes l’hectare, il est persuadé que le Sénégal qui dispose de terres arables et une main d’œuvre prête à l’emploi peut résorber le gap de 986.000 tonnes représentant le blé importé. Non sans affirmer que le Sénégal peut devenir un pays exportateur.
M. CISS













