Le Conseil consultatif de la jeunesse, créé par décret le 5 décembre 2025 dernier, dans le but de mieux prendre en compte les préoccupations de la jeunesse, est depuis hier fonctionnel. Le président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar Faye, a procédé à son installation.
Le président de la République a procédé hier à l'installation officielle des membres du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal. Occasion que le Président Bassirou Diomaye Faye a aussi saisie pour gonfler à bloc les jeunes, mais aussi les avertir contre les dangers de l'intelligence artificielle. "Des machines désormais écrivent, calculent, traduisent, dessinent et diagnostiquent. Elles répondent à toute question en quelques secondes, dans toutes les langues et déjà dans les nôtres», a déclaré le président Faye. Pour lui, si l’IA représente une «chance pour franchir en 10 ans ce que d'autres ont mis des siècles à parcourir», une utilisation non maitrisée peut constituer un relai du colonialisme. «Ces machines ne sont pas neutres. Elles ont été nourries ailleurs, dans d'autres langues, avec d'autres valeurs. Un peuple qui se contente de les consommer confie à d'autres le soin de penser à sa place. Nous avons déjà connu ça sous un autre nom : le colonialisme», a prévenu Diomaye, avant de préciser qu’il «ne veut pas une jeunesse sénégalaise cliente» de l’Intelligence artificielle.
Faye dit vouloir des experts du développement du numérique issus du Sénégal, et capables de comprendre les enjeux du pays. «Je veux des ingénieurs, des linguistes, des juristes, des entrepreneurs, des programmeurs, des développeurs», a-t-il conclu, appelant les jeunes à se mettre au travail.
«Vous avez tout l’avenir. Et le courage…»
Auparavant, avant son message sur les dangers liés à l'intelligence artificielle, Diomaye a appelé la jeunesse à prendre pleinement ses responsabilités dans la construction du pays. «Vous avez devant vous ce que personne d’autre n’a à ce point. Vous avez tout l’avenir. Et le courage qu’on attend de vous est de le bâtir ici», a-t-il déclaré. Diomaye a invité les jeunes du Sénégal à ne pas céder à l’attente et à croire en leur capacité d’agir. «La première tentation est de croire que rien ne dépend de vous, que tout se décide ailleurs, plus haut, plus loin, et qu’il ne reste qu’à attendre. Je n’ai jamais partagé cette opinion. Et j’ai créé ce conseil pour prouver le contraire, et c’est à vous de le faire avec moi», a-t-il dit, ajoutant : «ce qui vous concerne se décidera désormais avec vous».
Revenant sur son propre parcours, Bassirou Diomaye Faye a déclaré : «j’ai considéré que je devais faire partie de ceux qui prennent leurs responsabilités pour déterminer la marche de notre pays. Vous êtes témoins de la suite de l’histoire». Il a également adressé un message de confiance à la jeunesse : «vous, les jeunes, le Sénégal vous fait confiance. La dignité, la discipline et le courage, voilà votre bagage, c’est ce qu’il met entre vos mains. Avançons ensemble vers l’avant».
Fatou DIOP
ENCADRE
INSTALLATION DU CCJS
Les membres demandent des moyens pour mener à bien leurs missions
Les membres du Conseil consultatif des jeunes du Sénégal (Ccjs), par la voix de Mbaye Kébé, le président du Conseil, ont pris la parole. Ils ont insisté sur les principaux défis auxquels font face les jeunes, comme : «l’emploi et l’insertion professionnelle, la formation, l’entrepreneuriat et l’accès au financement, l’éducation, la santé, le numérique, l’environnement et le changement climatique, l’agriculture, les inégalités territoriales et la participation citoyenne».
Sur la question de l’emploi et du financement, le président du Conseil consultatif des jeunes a appelé à « repenser la politique d’emploi des jeunes pour plus d’impact ». Mbaye Kebe a aussi plaidé de rendre le financement des jeunes plus accessible, plus rapide et mieux adapté aux réalités des jeunes entrepreneurs, notamment dans leurs communes et particulièrement dans les zones rurales. «Nous ne nous limiterons pas à constater, nous poserons des solutions et accompagnerons l'État et ses partenaires dans l’action», s'est engagé le porte-parole au nom de ses camarades.
Dans ses propositions, il a aussi demandé de «doter les conseillères et conseillers des moyens nécessaires pour l'accomplissement de leur mission» et de «renforcer la subvention de l'État destinée au fonctionnement du Ccjs au niveau national et dans les territoires afin d'assurer son efficacité et sa bonne gouvernance». Il a enfin précisé que cette liste était «loin d'être exhaustive» et que le Conseil poursuivrait le dialogue avec les membres du gouvernement et les partenaires.
FD














