Le député non inscrit Thierno Alassane Sall s’en prend vivement au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko et à la majorité parlementaire. Dans une tribune publiée ce vendredi sur les réseaux sociaux, il accuse le parti Pastef de chercher à «blanchir» les fonds politiques, en les rebaptisant «fonds spéciaux». Une démarche qu’il assimile à une contradiction avec les positions défendues par Ousmane Sonko lorsqu’il était dans l’opposition.
La polémique autour des crédits spéciaux destinés à l’Assemblée nationale prend une nouvelle tournure. Alors que la majorité parlementaire travaille sur un dispositif visant à encadrer l’utilisation de ces fonds, le député non inscrit Thierno Alassane Sall monte au créneau. Dans une tribune au ton particulièrement offensif, l’ancien ministre estime que l’initiative portée par la majorité s’apparente à une tentative de légalisation de fonds que le leader de Pastef dénonçait auparavant.
Thierno Alassane Sall donne d’emblée le ton avec le titre de sa tribune, «Quand Sonko blanchit les fonds haram». Le député dénonce d’abord l’enchaînement des sessions extraordinaires à l’Assemblée nationale, qu’il présente comme le reflet de «sempiternelles manœuvres politiciennes». Selon lui, cette agitation parlementaire intervient alors que les préoccupations des Sénégalais demeurent entières. Il établit notamment un parallèle avec la situation de personnes prises au piège dans une mine effondrée, évoquant des Sénégalais « naufragés au “5e sous-sol” ». Mais c’est surtout la question des fonds mis à la disposition de l’Assemblée nationale qui concentre ses critiques.
Des « fonds politiques » rebaptisés « fonds spéciaux »
Pour Thierno Alassane Sall, la démarche engagée par la majorité parlementaire vise à modifier l’appellation de ces ressources afin de leur donner une apparence de légalité. « La dernière trouvaille d'Ousmane Sonko et de son clan est de vouloir blanchir les fonds politiques déclarés jadis haram », écrit-il, avant de dénoncer « un simple jeu de mots » consistant, selon lui, à les convertir en « fonds spéciaux ». Le député affirme que cette nouvelle dénomination permettrait aux responsables politiques de continuer à disposer de ces ressources « à leur guise », tout en les plaçant sous « le vernis de la légalité ».
Cette accusation intervient dans un contexte où la majorité parlementaire cherche à encadrer juridiquement l’utilisation des crédits spéciaux. Thierno Alassane Sall conteste la manière dont le sujet est traité et met en cause la transparence budgétaire de l’institution. Le député non inscrit soutient que l’Assemblée nationale n’a jamais voté officiellement de « fonds politiques, spéciaux ou de solidarité ». Il affirme avoir dénoncé à plusieurs reprises, depuis l’hémicycle, les conditions dans lesquelles le budget de l’institution est adopté. Selon lui, cette procédure se déroulerait dans « une opacité absolue », qu’il estime contraire aux articles 21 et 34 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Thierno Alassane Sall cite également la question des véhicules comme illustration de ce qu’il considère comme un manque de transparence. «Pour preuve, l’opacité règne toujours sur les conditions d’acquisition des véhicules, qu’aucun budget n’avait autorisée», affirme-t-il.
Dans la même tribune, le parlementaire s’attaque au recrutement d’anciens membres du gouvernement au sein de l’Assemblée nationale. Sans citer nommément les personnes concernées, il dénonce ce qu’il qualifie de «népotisme scandaleux». Il interpelle directement les responsables de l’institution, «quel budget a prévu et autorisé ce népotisme scandaleux ?»
Pour Thierno Alassane Sall, ces pratiques sont difficilement conciliables avec le discours de transparence porté par Pastef. «Prêcher la vertu en public et s'enfoncer dans le vice en privé». Le député conclut sa charge par une critique plus générale de la majorité au pouvoir. Il accuse Pastef de tenir un double discours entre les principes défendus publiquement et les pratiques qu’il lui attribue une fois aux responsabilités. «Se poser en chantre de la transparence tout en agissant ainsi illustre le cynisme absolu du Pastef : prêcher la vertu en public et s’enfoncer dans le vice en privé», écrit-il.
Fatou DIOP












