Le quartier habituellement calme de Zone A a été vivement secoué, dans la nuit de mercredi à jeudi, par la mort d’un jeune homme de 24 ans. Ousseynou Thioune, né en 2002 et résidant dans le quartier, a été retrouvé pendu à proximité de son domicile.
Quelques heures plus tôt, rien ne semblait présager un tel drame. Vers 22h30, Ousseynou était encore assis avec les maçons qui travaillaient sur un chantier situé à proximité de sa maison. Il échangeait avec eux lorsqu’il leur a dit : «J’arrive», avant de s’éloigner. Son absence prolongée a fini par inquiéter les personnes présentes. Des recherches ont alors été entreprises. Le jeune homme sera finalement retrouvé sans vie.
Pour l’un de ses proches, rencontré par notre rédaction, Ousseynou était pourtant un jeune homme discret et sans histoires dans le quartier. «C’est quelqu’un qui ne dérangeait personne. Malgré les difficultés de la vie qu’il pouvait avoir, personne ici ne peut dire qu’Ousseynou m’a volé, qu’Ousseynou m’a agressé ou qu’il a eu des problèmes avec les gens du quartier. Il était toujours dans son coin. C’était plutôt un jeune tranquille», témoigne-t-il.
Ce proche dit également avoir été marqué par les difficultés auxquelles le jeune homme était confronté depuis quelque temps. «Ce qu’il a fait est très grave et je suis contre cet acte. Mais quand on connaît les difficultés qu’il traversait ces derniers temps, on sait aussi qu’il a beaucoup souffert. Il y avait les problèmes de famille, son retour ici, son besoin de retrouver sa place, de se retrouver lui-même… Tout cela n’était pas facile pour lui », poursuit-il.
Né et ayant grandi en Allemagne, Ousseynou était revenu au Sénégal pour vivre auprès de sa famille. Selon plusieurs proches, son retour avait été marqué par des difficultés personnelles et familiales. Il aurait également commencé à consommer des substances au cours de cette période.
Le jeune homme avait par ailleurs connu des démêlés avec la justice à la suite d’un différend avec sa sœur. Après une plainte déposée contre lui, il avait été arrêté et condamné à six mois de prison ferme.
Selon des membres de son entourage, Ousseynou avait fait part de son mal-être à certains proches avant son décès. Il aurait notamment évoqué sa situation avec sa grand-mère maternelle et envoyé un message à son père, qui se trouve en Allemagne.
Dans le quartier, la nouvelle de sa mort a rapidement suscité l’émotion. Pour ceux qui l’ont connu, le souvenir qui demeure est celui d’un jeune homme discret, dont les dernières années avaient été marquées par plusieurs difficultés.
Khadidjatou D. GAYE












