Le Sénégal pourra continuer à avancer vers un nouveau programme avec le Fmi sans attendre la fin des négociations avec ses créanciers. L’assurance est de Julie Kozack, Directrice de la communication du Fonds monétaire international qui faisait face à la presse, hier à Washington DC. Seulement, au même moment, les détenteurs d’obligations sénégalaises commencent à s’organiser. Un groupe d’au moins huit gestionnaires de fonds vient de mandater le cabinet White & Case pour défendre ses intérêts dans les discussions qui s’annoncent autour de la dette extérieure du pays.
Le Sénégal et le Fmi avaient annoncé le 1er septembre un accord au niveau des services pour un nouveau programme de trois ans d’environ 2,2 milliards de dollars. Cet accord doit encore passer plusieurs étapes avant de permettre un premier décaissement.
Interrogée hier jeudi sur le calendrier, Julie Kozack a expliqué que le staff-level agreement devait d’abord passer par les procédures internes du Fonds, être approuvé par sa direction puis soumis au Conseil d’administration. Ce n’est qu’après l’approbation de ce dernier qu’une première partie des 2,2 milliards de dollars pourra être décaissée. Aucune date n’est encore arrêtée pour cette réunion du Conseil. Mais le Fmi apporte surtout une précision importante en affirmant que le Sénégal n’a pas besoin de boucler les discussions avec les créanciers avant que le nouveau programme soit soumis au Conseil d’administration. «Nos règlements nous permettent de présenter le programme à notre Conseil d’administration, même pendant que le Sénégal discute encore de la restructuration de sa dette avec ses créanciers», a expliqué Julie Kozack.
Le Fmi soutient le recours au cadre commun du G20
Le Fonds confirme également que le traitement annoncé par Dakar doit concerner la dette extérieure du Sénégal. Julie Kozack a indiqué que les autorités sénégalaises avaient annoncé leur intention de procéder à un traitement de cette dette afin de réduire les vulnérabilités élevées du pays. Elle a surtout confirmé que le Fmi accueillait favorablement la volonté du Sénégal de recourir au cadre commun du G20. Le Fonds se dit prêt à accompagner cette démarche, si Dakar et ses créanciers le souhaitent, à mettre ses « bons offices » à leur disposition pour faciliter les discussions. Mais la durée de ces négociations reste inconnue. Sur ce point, Julie Kozack s’est gardée de toute prévision. Le calendrier d’un éventuel reprofilage ou traitement de la dette appartient, selon elle, au Sénégal et à ses créanciers.
Ahmadou KANE
(Correspondant permanent à New York)













