Doro Gaye ne sera pas extradé au Sénégal. La justice française n’a pas donné un avis favorable. En effet, la Cour d’appel de Paris est d’avis qu’il y a lieu «d’accueillir défavorablement la demande d’extradition formée par le gouvernement sénégalais». Mais, le juge français est allé plus loin en ordonnant la mainlevée du contrôle judiciaire dont l’homme d’affaires sénégalais faisait l’objet, en France. Un gros revers qui laisse un goût amer du côté des autorités judiciaires sénégalaises.
Doro Gaye n’est pas prêt à fouler le tarmac de l’aéroport de Diass. Pour cause, la justice française n’a pas donné son feu vert. Bien au contraire, statuant sur la demande d’extradition du gouvernement sénégalais, la Cour d’appel de Paris, rendant son verdict, a écrit noir sur blanc : «est d’avis qu’il y a lieu d’accueillir défavorablement la demande d’extradition du Sénégal contre Doro Gaye». Une décision qui soulage l’homme d’affaires qui échappe ainsi aux mailles de la justice sénégalaise. Mais, il n’y a pas que cela : le juge français, en plus de refuser de livrer l’homme d’affaires au juge d’instruction du 3ème cabinet, a ordonné la mainlevée du contrôle judiciaire qui a été décidée par la justice française elle-même, le 17 décembre 2024.
En clair, la justice française ne le livre non seulement pas, mais elle n’exerce plus aucun contrôle sur lui. Un gros revers pour la justice sénégalaise et qui laissera sûrement un goût amer. De l’autre côté, il s’agit d’une victoire éclatante pour Doro Gaye et ses avocats. L’homme d’affaires est désormais libre de tout mouvement à l’étranger et peut se pavaner sans soucis de la menace des mesures d’un contrôle judiciaire.
Doro Gaye, rappelons-le, avait été inculpé et placé sous mandat de dépôt dans une affaire d’escroquerie présumée qui l’oppose à Zakiroulahi Sow, portant sur la vente d’un immeuble sis à l’ancien aéroport pour 1,2 milliard de nos francs. Il avait été placé sous contrôle judiciaire, à la suite d’un protocole d’accord signé devant le juge. Mais, finalement, l’homme d’affaires va quitter le pays pour se rendre en France et ne jamais revenir. Le 25 octobre 2025, le juge d’instruction sénégalais émet un mandat d’arrêt international à son encontre. Saisies, les autorités judiciaires françaises, transfèrent le dossier devant la Cour d’appel de Paris qui ordonne le contrôle judiciaire et après plusieurs renvois, rend une décision de refus.
Alassane DRAME













