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CONFERENCE POLITIQUE AVEC LES JEUNES PATRIOTES DU SENEGAL (JPS) : Sonko solde encore une fois ses comptes, profère des menaces et galvanise ses jeunes militants




 
 C’est une conférence politique aux allures de meeting que le président du parti Pastef a organisée hier sur l’esplanade du Grand Théâtre. Ousmane Sonko, qui faisait face à ses jeunes militants venus des quatre coins du pays, a saisi encore une fois l’occasion pour tirer à boulets rouges sur le régime sortant, la presse etc. Il a révélé qu’ils ont lancé des audits pour plus de 60 structures et que les rapports déjà disponibles seront remis à la justice.
 
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Devant ses milliers de jeunes partisans debout sous le chaud soleil, Ousmane Sonko a d’abord sollicité une minute de prière pour les opprimés de la Palestine, avant de demander au Président Bassirou Diomaye Faye, «seul détenteur de la politique étrangère et diplomatique du Sénégal», d’engager le Sénégal auprès de l’Afrique du Sud est tous les autres pays qui ont entrepris des poursuites contre les dirigeants israéliens pour crimes contre l’humanité.
Expliquant l’absence du Président Bassirou Diomaye Faye, le président du parti Pastef assure que c’est par respect aux engagements pris devant le peuple quant à la séparation des activités de l’État et celles de leur parti, que l’ancien secrétaire général du Pastef devenu Président en mars dernier, a préféré se tenir à l’écart. Cependant, souligne Sonko, il va prendre part aux activités futures du parti, parce que cet engagement lui interdit juste d’avoir un poste de responsabilité dans le parti, mais il demeure un militant du Pastef.
Ousmane Sonko de rappeler aux jeunes patriotes que personne ne doit se considérer comme celui qui a porté au pouvoir Bassirou Diomaye Faye, lui y compris. Puisque seul Dieu est détenteur du pouvoir et IL le confie à qui IL veut. «En 2015 déjà, empêché d’aller à une invitation à Keur Massar, j’avais demandé à Bassirou Diomaye Faye de conduire la délégation du parti. Et le prêcheur l’avait désigné en disant qu’il sera un président. Nous ne pouvions avoir meilleur président de la République».
 
«C’est le Prophète Mouhammad (Psl) qui est ma référence en politique»
 
Abordant sa conférence, Sonko indique : «en politique, je n’ai qu’une référence, le Prophète (Psl), je n’ai pas appris de Machiavel et consorts, si ce n’est pour avoir des notes en droit constitutionnel. Ceux qui faisaient le tour des foyers religieux et des chancelleries pour nous traiter de djihadistes doivent avoir honte, mais ceux qui les ont écoutés et crus ont aussi honte. Depuis notre accession au pouvoir, nous avons traité tout le monde de la même manière», explique Sonko, qui compare le parcours de Pastef à celui du Prophète Mouhamamd (Psl).
Le président de Pastef d’assurer qu’il a par conséquent pardonné comme l’a fait sa référence, mais ce pardon ne concerne guère ceux qui ont volé et pillé les ressources du pays. «Ce que nous avons vu après notre accession au pouvoir est incroyable. Nous n’allons créer aucun dossier pour personne, nous allons laisser la justice faire son travail comme il se doit. Les crimes contre les Sénégalais qui n’ont fait que revendiquer leurs droits ne resteront pas impunis. Comment pouvons-nous laisser passer ce qui a été fait à Didier Badji et Fulbert Sambou sans être nous aussi des criminels ?», interroge Sonko.
Pour lui, ceux qui lui ont fait subir autant d’injustices quand il était à l’opposition ne doivent pas penser qu’ils peuvent continuer à insulter et calomnier impunément. 
 
«Pour le cas de Assane Fall de Pastef, j’ai demandé au ministre de la Justice de faire son travail»
 
«Notre responsabilité en tant que dirigeants c’est de remettre ce pays sur les rails, sur tous les plans. On ne peut pas continuer à entretenir la haine entre nous. Les insultes et les attaques contre les personnes avec qui on ne partage pas la même vision politique sont inadmissibles.  Je n’ai jamais cautionné les pratiques des gens qui se réclament de Pastef et qui insultent et attaquent les gens», clame Sonko.
Brandissant le cas de Assane Fall de Pastef, Ousmane Sonko révèle que le ministre de la Justice lui a envoyé une vidéo la semaine dernière pour l’avertir qu’un militant de Pastef insultait les juges et il lui a demandé de faire son travail.
 
 
Attaques en règle contre la presse
 
 
Parlant encore de la presse, le Premier ministre soutient qu’il n’y aura plus d’impunité. «Se dire journaliste et écrire ou dire ce que l’on veut impunément, c’est fini dans ce pays. On ne permettra plus à aucun journaliste de se cacher derrière la liberté de la presse pour diffamer et calomnier d’honnêtes personnes», fulmine-t-il.
Sur la question de l’impôt pour les maisons de presse, Ousmane Sonko dit ne pas concevoir qu’un patron de presse puisse défalquer les impôts sur le salaire de ses employés sans les verser dans les caisses de l’Etat. Pour lui, c’est un détournement de deniers publics qui mérite des poursuites pénales. «Les chantages contre le régime pour entrer après dans ses bonnes grâces, cette époque est révolue», assure-t-il.
 
 
«Quand j’ai essayé de demander au Président Diomaye de laisser tomber une affaire…»
 
 
Le Premier ministre d’ouvrir un autre chapitre pour parler de l’opposition. «Je suis un démocrate, je ne suis pas pour la réduction de l’opposition à sa plus simple expression», ironise-t-il avant d’enchaîner : «nous voulons une opposition forte qui pose des débats d’idées, mais nous n’y sommes pas encore puisque tous leurs discours reposent sur une éventuelle mésentente entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko», clame Sonko qui assure que personne ne peut semer la zizanie entre eux.  
Sonko pense que c’est sa personne qui gêne tous ceux qui s’agitent actuellement. Ces derniers espèrent pouvoir arriver à leurs fins facilement avec le Président Diomaye sans Ousmane Sonko dans les parages. Mais, prévient-il, ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils se trompent lourdement dans leur jugement sur le Président Diomaye. «S’il savaient à qui ils ont affaire, ils allaient faire beaucoup plus attention. Quand j’ai essayé de demander au Président Diomaye de laisser tomber une affaire, il m’a demandé si je n’étais pas atteint mystiquement», témoigne le Premier ministre.
 
 
«Un pays ne se transforme pas en deux mois, même pas en un seul mandat…»
 
Abordant enfin le thème de l’événement «l’apport de la jeunesse dans le projet», le président de Pastef dit vouloir s’adresser à toute la population d’abord. Ce dernier dit être convaincu qu’il n’y a pas plus noble que la politique. « Les autres sont des politiciens alors que nous, nous sommes des politiques et vous allez vous rendre compte de la différence assez rapidement », dit-il avant d’enchaîner : « un pays ne se transforme pas en deux mois, même pas en un seul mandat ; mais, ce qui est important, c’est de donner les gages d’une bonne gouvernance et d’un développement économique qui permettront aux populations d’avoir foi en notre volonté de changer ce pays».
On pourrait bien faire comme nos prédécesseurs, affirme Sonko, en nous accrochant à un agenda politicien, mais cette méthode ne peut dépasser 5 années, au-delà, les populations se lasseront vite des promesses. « Quand j’entends les gens du régime sortant nous accuser de la cherté de la vie, j’en rigole. Donc, ils veulent que nous résolvions en deux mois seulement tous les problèmes dans lesquels ils ont plongé le Sénégal», ironise-t-il tout en assurant que très prochainement, le gouvernement partagera avec les Sénégalais les mesures prises pour réduire le coût de la vie.
 
 
«Le document du Projet sera disponible en septembre 2024»
 
 
Selon Ousmane Sonko, le peuple a porté son choix sur eux avec leur Projet qui assure un Sénégal prospère, souverain et juste. Et ils ne comptent pas le décevoir. «Nous avons toujours souligné l’impertinence du Pse, mais il y’a ce qu’on appelle le courant et il faut l’assurer. D’un autre côté, nous sommes en train de travail sur un référentiel qui doit sortir le Sénégal de cette situation chaotique dans laquelle il est plongé par le régime sortant», soutient le Premier ministre qui déclare que le document du Projet sera officiellement disponible en septembre 2024.
Le président de Pastef assure qu’ils sont en train de travailler parallèlement sur un autre projet appelé «Sénégal vision 2050».
 
«Nous avons lancé des audits pour plus de 60 structures»

 
 
Après avoir développée les politiques pour chaque ministère, précise Sonko, ils vont se pencher sur les politiques sectorielles et filières. Tout cela combiné à des audits. «Nous avons d’ailleurs lancé plus de 60 structures à auditer la semaine dernière. Les rapports déjà produits par les corps de contrôle seront mis à la disposition de la justice après que celle-ci est complètement nettoyée», souligne Sonko qui retrace les péripéties par lesquels ses adversaires sont passé pour l’empêcher d’être candidat, en complicité avec des magistrats. «Le rapport pour lequel ils ont déployé tellement d’efforts pour le cacher afin de compromettre ma candidature est aujourd’hui disponible, sur la table de mon bureau», fait noter Ousmane Sonko.
 
 
 
 
 
«Nous n’avons pas le droit d’échouer…»
 
Ousmane Sonko d’enchaîner d’assurer : «nous voulons développer ce pays autrement et nous y arriverons avec vous. La réforme des impôts se fera. Idem pour la renégociation des contrats qu’on vous avait promise, quitte à faire face à des multinationales. Tant que nous avons l’appui du peuple nous sommes sûrs de gagner», se targue-t-il.
Encore sur un ton ironique, Sonko lance des piques à ceux qui dénoncent le fait qu’il reçoive des ambassadeurs. «Ce qu’ils ne savent pas, c’est que normalement, je ne devrais même pas les recevoir parce qu’en France, l’ambassadeur sénégalais ne peut pas voir le Premier ministre, il ne peut avoir accès qu’à des conseillers à l’Élysée. Toutes ces audiences sont sur demande du président de la République».
 
Ndèye Khady D. Fall
 
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