Les besoins de financement de la campagne de commercialisation des produits agricoles 2026-2027 sont estimés à un peu plus de 200 milliards de francs Cfa. Face à l’importance de l’enveloppe, le gouvernement entend renforcer les mécanismes de financement, anticiper les besoins logistiques et accélérer le paiement des producteurs et opérateurs économiques.
La campagne de commercialisation agricole 2026-2027 se prépare sous le signe de la mobilisation financière. Réuni jeudi à Dakar en conseil interministériel consacré à cette question, le gouvernement a évalué à « un peu plus de 200 milliards de francs Cfa les besoins nécessaires au bon déroulement de la campagne », a annoncé le Premier ministre en conseil interministériel sur la question. Présidant la rencontre, Ahmadou Alhaminou Lo a insisté sur « l’importance de mettre en place des mécanismes robustes de mobilisation des financements. C’est un montant significatif », a-t-il relevé, appelant les différents acteurs à lever les contraintes qui affectent traditionnellement la commercialisation des récoltes.
Le chef du gouvernement a demandé aux ministères et aux dirigeants des sociétés nationales concernés « d’éviter la discontinuité des financements, les insuffisances logistiques en matière de stockage, ainsi que les retards dans le paiement des sommes dues aux agriculteurs et aux opérateurs économiques ». Pour Ahmadou Alhaminou Lo, « la production agricole ne saurait être dissociée de sa commercialisation. Si la production constitue le socle de la campagne agricole, la commercialisation en garantit la pérennité des activités », a-t-il souligné, faisant également de la transformation des produits agricoles un « levier essentiel de création de valeur ajoutée ».
Une vingtaine de mesures ont été retenues à l’issue du conseil interministériel. Elles portent « sur la mobilisation à temps des financements, le règlement de la dette envers les opérateurs économiques et le soutien de l’État aux agriculteurs ».
44 milliards F Cfa d’arriérés à régler
L’arachide figure au cœur des préoccupations du gouvernement. L’État compte prochainement « boucler » le financement nécessaire à la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos) pour l’achat des graines d’arachide. Selon le Directeur général de la société, Cheikh Ameth Tidiane Guèye, « la Sonacos prévoit l’achat de 250.000 tonnes de graines durant la campagne 2026-2027 ». Le gouvernement devra régler 44 milliards de francs Cfa d’arriérés dus aux opérateurs économiques fournisseurs d’intrants agricoles.
Concernant la filière arachidière, un comité sera mis en place pour formuler des recommandations sur le prix au producteur. Le gouvernement devra définir une stratégie de commercialisation de 70.450 tonnes d’arachide actuellement stockées dans les usines de la Sonacos. Le nombre de points de collecte sera déterminé en fonction du niveau de production attendu et des financements disponibles.
Pour le riz, « l’État prévoit la mise en place d’un mécanisme durable de péréquation destiné à faciliter l’écoulement de la production nationale. Les riziculteurs devraient bénéficier d’une subvention de 50 francs Cfa par kilogramme. Dans le secteur horticole, les importations seront régulées en fonction des volumes disponibles de la production nationale. Le gouvernement entend ainsi favoriser l’écoulement des récoltes locales et mieux protéger les producteurs » » explique le PM.
FATOU DIOP













