Au lendemain de la grève générale de 72 heures, le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) affiche son soutien aux travailleurs et dénonce la gestion gouvernementale du conflit social. Dans un communiqué publié hier, les opppsants fustigent les pressions exercées sur les syndicats, contestent les réformes du Code du travail et de la sécurité sociale et appellent les forces vives de la nation à se mobiliser face à ce qu’ils qualifient d’échec du régime Pastef-Kiiraay.
La tension sociale ne retombe pas et le Fdr entend bien en faire un sujet de confrontation politique. La Conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République prend fait et cause pour les travailleurs engagés dans un bras de fer avec les autorités. Pour la coalition, la succession de deux grèves générales en l’espace de trois mois, d’abord en juillet, avec un arrêt de travail de 24 heures, puis en octobre, avec un mouvement de 72 heures, traduit un profond malaise dans les relations entre le gouvernement et les organisations syndicales.
Aux yeux du Fdr, cette mobilisation n’est pas le fruit d’une réaction spontanée. Elle intervient après plusieurs démarches des syndicats, entre préavis de grève, conférences de presse, assemblées générales, marches nationales et appels répétés au dialogue. Autant d’initiatives qui, selon la coalition, n’ont pas permis d’obtenir des réponses satisfaisantes aux revendications portées par les travailleurs dans le cadre du Pacte de stabilité sociale.
Un dialogue social mis à rude épreuve
Au cœur des griefs du Fdr figure la gestion des revendications syndicales par l’exécutif. Le front estime que les réponses apportées par le gouvernement restent insuffisantes et déplore, surtout, l’adoption des réformes du Code du travail et du Code de la sécurité sociale sans respect des consensus issus des concertations tripartites.
Une démarche qu’il considère comme une rupture de confiance, susceptible de fragiliser davantage le dialogue entre l’État, les employeurs et les organisations syndicales. Pour le Fdr, les accords conclus ne peuvent se réduire à de simples déclarations d’intention : ils doivent se traduire par des engagements concrets et respectés.
La coalition critique également l’attitude du gouvernement à l’approche de la grève. Elle rappelle que, deux jours avant le début du mouvement, les autorités ont appelé les syndicats à renoncer à leur mot d’ordre lors d’un point de presse. Une démarche que le Fdr juge inappropriée, estimant que les déclarations publiques et les pressions présumées ne sauraient se substituer à une véritable négociation.
Plus sévère encore, le Front dénonce le recours aux Forces de défense et de sécurité pour assurer la conduite de bus de Dakar Dem Dikk, ainsi que la réquisition de travailleurs dans plusieurs secteurs. À ses yeux, ces mesures relèvent davantage de la contrainte que de la recherche d’une issue négociée au conflit.
Le Code du travail et de la sécurité sociale au cœur de la controverse
Le Fdr pointe aussi la responsabilité de la majorité parlementaire de Pastef dans la crise actuelle. Selon lui, les députés de cette formation ont adopté les projets de réforme du Code du travail et du Code de la sécurité sociale sans y apporter de modification, alors que les dispositions contestées alimentent aujourd’hui la mobilisation syndicale.
Cette critique place le pouvoir exécutif et sa majorité parlementaire face à leurs responsabilités respectives. Pour la coalition, il ne suffit pas de défendre les réformes au Parlement tout en appelant, dans le même temps, les travailleurs à suspendre leur mouvement. Le désaccord porte ainsi autant sur le contenu des textes que sur la méthode employée pour les faire adopter.
Face à cette situation, le Fdr réaffirme sa solidarité avec le Front syndical de défense du travail, dont la plateforme rassemble les revendications des travailleurs. Il exige l’ouverture immédiate d’un dialogue social structuré, le respect effectif des engagements pris envers les organisations syndicales et la fin de toute mesure d’intimidation ou de contrainte susceptible d’entraver l’exercice légal du droit de grève.
«L’image de pouvoirs davantage préoccupés par leurs rapports de force…»
Le communiqué ne s’est pas arrêté aux revendications syndicales. Le Fdr élargit son réquisitoire à la gouvernance du pays et aux tensions entre l’Assemblée nationale et l’exécutif autour du projet de loi de finances rectificative et du projet de loi de finances initiale pour 2027.
Pour la coalition, ces affrontements institutionnels donnent l’image de pouvoirs davantage préoccupés par leurs rapports de force que par les urgences quotidiennes des Sénégalais. Le coût de la vie, les droits des travailleurs et les difficultés sociales sont ainsi placés au centre d’une critique plus générale de l’action gouvernementale.
Les commissions d’enquête parlementaires n’échappent non plus aux attaques du Fdr. La coalition les qualifie de « grosse comédie » et les présente comme un facteur supplémentaire de décrédibilisation du régime Pastef-Kiiraay. Elle reproche à la majorité de privilégier certains dossiers tout en écartant systématiquement, selon elle, ceux dans lesquels Pastef serait directement impliqué.
Dénonçant le coût de la vie, les conditions d’introduction d’un député à l’Assemblée nationale, la révision des listes électorales, le respect du calendrier électoral et la discussion des modes de scrutin, le Fdr estime que, sur ces différents dossiers, les acteurs du pouvoir finissent par défendre les mêmes positions, malgré les divergences affichées entre les institutions.
Nd. Kh. D. F












