À la veille de l’examen en plénière de la Loi de finances rectificative (Lfr) 2026, les responsables de Kiiraay sont montés au créneau pour défendre le Président Bassirou Diomaye Faye et dénoncer le refus annoncé de Pastef de voter le texte en l’état. Aminata Touré, Aldiouma Sow et Abdoulaye Sow ainsi que beaucoup d’autres ténors du parti presidentiel ont multiplié les critiques contre Ousmane Sonko et sa majorité parlementaire, agitant le risque de conséquences économiques et sociales.
Le débat sur la Loi de finances rectificative de 2026 a pris une tournure ouvertement politique. Alors que le désaccord entre l’exécutif et les députés de Pastef se cristallise autour du vote du texte budgétaire, Kiiraay a décidé de porter la controverse sur le terrain de la responsabilité politique et des conséquences pour les populations. Lors de leur prise de parole, Aminata Touré, Aldiouma Sow et Abdoulaye Sow ont défendu, chacun à sa manière, les orientations de l’exécutif. Leur cible commune : Ousmane Sonko et les députés de Pastef. Pour les responsables de Kiiraay, ce refus risque de compromettre des financements destinés aux ménages vulnérables, aux structures sanitaires, aux entreprises et à plusieurs projets d’infrastructures.
Aminata Touré met les familles vulnérables au cœur du débat
C’est sur le terrain social qu’Aminata Touré a choisi de mener sa charge. La superviseure générale de Kiiraay a mis en avant plusieurs enveloppes inscrites dans la Lfr pour souligner ce qui, selon elle, serait menacé par le refus de voter le texte. Parmi les mesures évoquées figure une enveloppe de 120 milliards de francs Cfa mobilisée auprès de la Banque mondiale dans le cadre du Contingent Emergency Response Project (CERP). Selon Aminata Touré, cette opportunité doit notamment permettre de renforcer les transferts sociaux, avec une rallonge de 35 milliards de francs Cfa destinée aux bourses de sécurité familiale.
La superviseure générale de Kiiraay rappelle que ces aides concernent des ménages confrontés à la cherté de la vie et à la fragilité de leurs revenus. Elle présente donc l’opposition de Pastef au texte budgétaire comme un risque pour les familles les plus vulnérables. Dans son argumentaire, le blocage de la Lfr ne serait pas une simple bataille parlementaire : il pourrait avoir des répercussions concrètes sur les conditions de vie de nombreux Sénégalais.
Aldiouma Sow s’en prend directement à Sonko
Le ton est plus frontal chez Aldiouma Sow, responsable de Kiiraay et ancien responsable de Pastef. Dans sa lecture du conflit autour de la Lfr, le refus de voter le texte dépasse les désaccords techniques sur les choix budgétaires. Il y voit une confrontation politique dont Ousmane Sonko serait le principal protagoniste. Aldiouma Sow accuse le leader de Pastef de privilégier des considérations personnelles au détriment de l’intérêt général. Il évoque notamment les risques de retards de paiement, de difficultés pour les entreprises créancières de l’État et de conséquences sur l’emploi. Pour Aldiouma Sow, Ousmane Sonko voulait que Diomaye Faye fasse pour lui ce que El Malick Ndiaye a fait pour lui (ndlr : lui céder le fauteuil présidentiel après un certain nombre de mois). Ce que le président de la République a refusé. «Voilà le fondement de leur différend’’, affirme-t-il. Pour lui, ‘’ces personnes ont révélé au bout de 2 ans qu’elles ne méritent pas d’occuper la plus petite fonction publique au Sénégal. il est temps qu’on prenne nos responsabilités pour les retirer du champ politique. Ils sont dans une dynamique pour se servir». Sow de rempiler que le gouvernement a plusieurs pallettes sur la table : la dissolution et le retour à la constitution
Abdoulaye Sow invoque la vérité et les règles budgétaires
Abdoulaye Saydou Sow, lui, est intervenu sur un autre registre : celui de la cohérence des règles budgétaires et de la désinformation qu’il estime présente dans le débat public. Il juge contestable de remettre en cause un projet simplement parce qu’on ne veut pas voir sa portée. Il parle de «malhonnêteté intellectuelle et politique». Selon le maire de Kaffrine, les choix budgétaires obéissent à des règles et à une architecture précise. A l’en croire, le débat ne peut donc se réduire à des affirmations polémiques ou à des informations qu’il estime déformées. Abdoulaye Sow appelle ainsi à défendre les principes de la République en s’appuyant sur la vérité et le respect des règles institutionnelles. Face à ce qu’il décrit comme la propagation de fausses informations, il suggère la mise en place d’un dispositif chargé de rétablir quotidiennement les faits et d’apporter des éclaircissements dans l’espace public.
Prenant la parole Arona Coumba Ndoffène Diouf affime qu’il est temps d’arrêter Ousmane Sonko. Pour sa part, le ministre du Commerce a dit à qui veut l’entendre que personne ne peut bloquer le pays. «Le Président a plusieurs leviers pour mettre fin à ce cirque. On ne va jamais accepter que le Sénégal soit pris soit pris en otage par des députés. Mais si le combat devient indispensable, on va le mener», avertit Serigne Guèye Diop.
Nd. Kh. D. F












