40 jours déjà que tu nous as quittés ! Laissant un grand vide derrière toi. Nos cœurs serrés pleurent ton absence. Ce vide que nulle présence ne saurait combler. La vie continue certes, mais ton absence devient de jour en jour plus pesante. Difficile parfois de retenir une larme arrachée par tous ces souvenirs qui se bousculent dans nos têtes. C’est la nature fragile des hommes. Quoique dignes dans l’épreuve, la foi en bandoulière, nous ne pouvons parfois nous empêcher de craquer. De pleurer ! Lamartine, dans son poème L’Isolement, ne disait-il pas : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé » ? Mais, face à la dure réalité, l’on ne peut que se plier à la volonté du Tout-Puissant, le Maître des destins.
Se souvenir, c’est pleurer. Oui ! Se souvenir, c’est aussi célébrer le grand homme que tu fus. Adulé par ses enfants et respecté par la communauté noon et thiessoise. Un époux attentionné, un père présent, un père protecteur, d’une générosité d’âme incommensurable. Tu as démontré qu’un père n’est pas seulement biologique. Merci d’avoir grandement contribué à forger l’homme que je suis devenu, abreuvé aux valeurs cardinales que tu incarnais. Et je t’en serai éternellement reconnaissant. Un homme utile à la société. Toujours en première ligne dans tous les combats pour le bien-être de sa communauté, pour tous les projets impactant la vie de ses concitoyens. Il ne ménageait ni son portefeuille, ni son temps, ni sa santé. Bref, un bienfaiteur pour sa communauté.
C’est pourquoi, quand on regarde dans le rétroviseur, on ne peut qu’être fiers de toi. Et nous sommes très fiers de toi. Avec ton départ, Thiès perd l’un de ses plus illustres fils. Comme l’a si bien rappelé ta fille Ginette, que dis-je, ta maman, lors de la messe de tes obsèques : « Ton nom restera à jamais gravé dans les annales de la postérité ». Dans son discours poignant, elle ajoutait : « Les témoignages sont unanimes. Tu étais un homme bon, sociable et généreux. Ces témoignages nous soulagent. Le vide est immense, mais la chance de t’avoir comme papa est plus grande. Merci pour ta gentillesse. Ton dévouement et ton amour inconditionnel resteront notre boussole. Nous acceptons difficilement ton départ, mais te promettons de faire vivre tes valeurs ». Des mots du cœur d’une fille meurtrie mais stoïque, salués par une salve d’applaudissements dans la maison de Dieu, en guise de compassion.
Pa Jacques était aussi un homme de culture, profondément attaché à son terroir et fier d’appartenir à la communauté noon. Autodidacte, il a apporté sa contribution à l’Histoire générale du Sénégal (HGS) à travers ce produit de recherche légué à la postérité, intitulé « Thiès et les Sérères : Retour à la source ». Un ouvrage qui vient apporter un éclairage sur les origines noon et qui déconstruit certaines thèses historiques pour afficher l’identité véritable du Noon.
Le témoignage du prêtre qui a dirigé la messe funèbre est revenu sur cette autre casquette de guérisseur traditionnel de Pa Jacques, comme il l’appelait. En effet, il rappelle que Jésus est le médecin des corps et des âmes. Et ces aspects essentiels de la vie et de la mission de Jésus lui font penser, dit-il, à la vie de Pa Jacques comme guérisseur. « Ce travail n’est-il pas une manière d’imiter le Christ, qui est le médecin des corps et des âmes ? », s’interroge le prêtre, avant de poursuivre : « Personnellement, je suis allé le voir pour connaître l’origine de son pouvoir de guérison, car beaucoup de personnes ont témoigné qu’elles ont retrouvé la santé après être venues le voir. D’où vient ce pouvoir ? C’était ma question, une forme de catéchèse auprès de lui. Mais finalement, c’est lui qui m’a fait la catéchèse pour me faire comprendre que Dieu fait des dons à qui Il veut. Et ce qui est important, c’est de faire du bien. Il ajoutait : avec le pouvoir que Dieu m’a donné, je n’ai jamais fait du mal », rapporte le prêtre. « C’est ce qui est important : faire du bien pour l’humanité », conclut-il.
Que ceux qui l’ont connu et aimé aient une pensée bien spéciale pour notre regretté Jacques Pouye.
Repos paisible et éternel à ton âme !
Mère Khady, Ginette, Rose, Moussa
À jamais dans nos cœurs











