Transparency International a rendu public, hier, son rapport détaillé sur la corruption en Afrique. Le document de 66 pages intitulé «regard et expérience des citoyens sur la corruption» mesure le niveau de la corruption dans le monde. Et comme cela semble être la tendance depuis quelques années, en ce qui concerne les rapports et autres classements d’organismes internationaux, le Sénégal ne fait pas office de bon élève. Dans notre pays, près de la moitié des personnes sondées pensent que la corruption a augmenté dans les 12 mois précédents.
Transparency International a rendu public, hier, son rapport sur le Baromètre mondial de la corruption en 2019 (Global Corruption Barometer). Au Sénégal, sa branche locale, le Forum civil, en partenariat avec Afrobarometer a saisi le prétexte de la Journée africaine de lutte contre la corruption pour rendre publique cette étude qui concerne 35 pays africains dont le Sénégal. Pour ce qui concerne le Sénégal, 47.000 citoyens ont été interrogés par les sondeurs. La question portait sur leur perception de la corruption ainsi que sur leur expérience liée à la corruption. À l’arrivée, les Sénégalais ont majoritairement indiqué que la corruption a augmenté au cours des douze derniers mois. En effet, le Sénégal se distingue dans le rapport par une très mauvaise perception de ses populations de la politique mise en place par les autorités pour lutter contre le phénomène de la corruption.
La police, les chefs d'entreprises et les hommes d'affaires en tête de peloton
Aussi, dans ce rapport, la police, le gouvernement, les députés, les guides religieux, les chefs d'entreprise… sont pointés du doigt. Et selon les chiffres du document, 43% des personnes interrogées, soit plus de 20.000 Sénégalais, pensent que la corruption a augmenté dans les 12 mois précédents. Alors que 15% des usagers de la fonction publique ont affirmé avoir payé des pots-de-vin au cours des 12 derniers mois. Pour ce qui est de la volonté du gouvernement d’éradiquer la corruption. La majorité des personnes sondées (53%) pense que le travail de l’État dans sa lutte contre la corruption est insuffisant. Alors que 52% pensent que les citoyens ordinaires peuvent faire la différence dans la lutte contre la corruption. Toujours selon le document, en 2019, la police et les chefs d'entreprise occupent toujours la tête du classement des institutions perçues par les populations comme les plus corrompues du pays. «29% des personnes interrogées pensent que la police est plus corrompue, alors que 28% pensent que les chefs d'entreprises et hommes d'affaires le sont encore plus», souligne le rapport.
L’exécutif, les magistrats, les députés et les marabouts pointés du doigt
Cette année, le président de la République et le Premier ministre ont également été indexés par les Sénégalais. Nos compatriotes sondés ont en effet, à 23%, indiqué qu'ils sont les plus corrompus. Les ministres et autres officiels du gouvernement occupent néanmoins la 3e place de ce lugubre classement. 26% des citoyens interrogés pensent qu'ils sont les plus corrompus du système. L’exécutif n’est pas le seul pouvoir corrompu. Puisque le document rapporte que beaucoup de Sénégalais ont dit à Transparency International que la justice et l'Assemblée nationale sont également corrompues. Selon le document, sur 100 personnes interrogées, 24 pensent que les juges et les magistrats sont les plus corrompus du pays. 24% pensent également la même chose en ce qui concerne les députés. Le rapport s’est également penché sur le cas des religieux dans notre pays. Mais là aussi, 8% de la population questionnée pense que les marabouts et autres guides religieux dans ce rapport sont corrompus.
Sidy Djimby NDAO