
Cheikh Mbow et ses camarades de la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (Cosydep) ont déploré ces manifestations politiques émaillées de violence à l’origine des perturbations des apprentissages dans le milieu scolaire. Pour restaurer un climat social apaisé, la Cosydep invite les autorités religieuses et coutumières, entre autres, à faciliter un dialogue politique inclusif, franc et sincère et exhorte le chef de l’Etat à conduire les parties prenantes vers la restauration de la confiance mutuelle.
Suite aux violentes manifestations de jeudi dernier, le bureau du Conseil d’administration de la Cosydep a tenu une réunion extraordinaire en vue d’apprécier ses répercussions sur le droit à l’éducation. « La Cosydep déplore les événements notés, le 16 mars qui présentent un visage hideux du Sénégal à l’Afrique et au monde entier : Une page d’incidents douloureux qui ternit la belle histoire de la vaillante Nation sénégalaise et menace très gravement la cohésion du peuple, la consolidation de la démocratie ainsi que la stabilité nationale. Une situation de tension extrême avec des affrontements dont les conséquences frappent durement l’ensemble de la population, notamment les enfants et les jeunes. Une désolation totale qui se lit dans des commerces fermés, des rues désertes, des voitures brulées, des ateliers d’artisans saccagés, des écoles fermées ou perturbées dans leur fonctionnement, des agressions à la grenade d’élèves, etc., déplore d’emblée les camarades de Cheikh Mbow, qui estiment que ces faits ne militent nullement pour le renforcement de la mission d’éducation au civisme, à la citoyenneté et à la démocratie. Poursuivant, la Cosydep fait remarquer que ce contexte préélectoral, marqué par des tensions surtout entre acteurs politiques, avec son lot de ramifications dans l’espace scolaire, s’est aussi matérialisé par des suspensions de cours et des menaces sur le quantum horaire. « Ayant très tôt alerté sur la nécessité de garantir le fonctionnement normal des institutions, en particulier celle scolaire, la Cosydep n’a jamais cessé de prévenir pour une paix sociale et un espace scolaire pacifié. Soulignant les risques de perturbations qui ont souvent jalonné les années d’élections politiques, la Cosydep relève que les scènes de violence pourraient représenter un risque de traumatisme susceptible de frapper les enfants et les jeunes qui constituent plus de 76% de la population nationale. Réaffirmant sa recommandation d’épargner l’école des jeux d’acteurs politiques, la Cosydep continue de manifester son attachement à la préservation de la sécurité de tous les enfants et de leur droit d’étudier dans les meilleures conditions », expliquent le bureau du conseil d’administration de la Cosydep qui n’a pas manqué de faire des recommandations : « la Cosydep demande aux autorités religieuses, coutumières et associatives ainsi que les porteurs de voix, de faciliter un dialogue politique inclusif, franc et sincère, qui s’impose entre les acteurs pour une décrispation du contexte ; exhorte les autorités publiques, en particulier le président de la République, garant des droits et des libertés individuelles et collectives, à conduire les parties prenantes vers la restauration de la confiance mutuelle ; invite tous les acteurs, notamment ceux politiques, à veiller strictement à ce que leurs actes et leurs discours n’aient pas de conséquences néfastes sur l’accomplissement des missions de l’école ; s’engage aux côtés des organisations de la société civile pour apporter sa contribution à l’instauration de la paix dans l’espace citoyen, conformément à ses missions de veille, d’alerte et de propositions ; réaffirme sa forte préoccupation pour la quiétude et la sécurité dans les lieux d’apprentissage », liste la Cosydep, estimant que cette période préélectorale doit être un moment de célébration et d’approfondissement de la démocratie, au lieu d’être vécue avec angoisse et stress. « L’Ecole ne doit être ni otage, ni victime de quelques contingences que ce soit », ajoute la Cosydep. Par ailleurs, la Cosydep a également déploré le renchérissement du coût de la vie avec des répercussions sur les services sociaux de base tels que le droit à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, au transport, à la sécurité, etc., en dépit de la baisse annoncée des produits et services ; le défi récurrent de la prise en charge des enfants hors écoles, de mise aux normes des lieux d’apprentissage et d’amélioration des performances, à quelques mois des examens de fin d’année scolaire et universitaire …
M. CISS