Les délestages qui perturbent le quotidien des Sénégalais nourrissent désormais une vive controverse politique. S’appuyant sur les déclarations du Directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, la Convergence des cadres républicains (Ccr) estime que les difficultés actuelles révèlent des défaillances de gestion et interpelle le gouvernement sur l’état réel du système électrique.
Dans les foyers comme dans les commerces, les coupures d’électricité répétées sont devenues un sujet de préoccupation quotidienne. Alors que les interruptions de service se multiplient depuis plusieurs semaines, la Convergence des cadres républicains (Ccr) y voit le symptôme d’une crise plus profonde, qu’elle attribue à la gouvernance actuelle du secteur énergétique.
Le déclic de cette sortie politique est intervenu après l’intervention du Directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, sur la télévision nationale. Celui-ci a évoqué des pannes touchant des équipements majeurs, des difficultés logistiques dans l’acheminement du combustible ainsi que des contraintes financières, parlant notamment de ressources « extrêmement limitées » et de tensions de trésorerie.
Pour la Ccr, ces explications constituent un aveu des difficultés auxquelles fait face la Société nationale d’électricité.
Au-delà des incidents techniques, la Ccr affirme que le véritable problème réside dans la gestion du parc de production. Selon elle, l’État peine désormais à assurer simultanément le financement des infrastructures, leur maintenance et l’approvisionnement en combustible.
Ladite structure estime également que la communication de la Direction de la Senelec laisse subsister plusieurs zones d’ombre. Elle reproche notamment l’absence d’informations précises sur le taux de mobilisation des capacités de production, l’ampleur réelle des difficultés financières ou encore le calendrier des mesures envisagées pour rétablir durablement la situation.
Pour la Ccr, cette absence de données nourrit les interrogations sur l’état réel de l’entreprise publique.
Le bilan de Macky Sall brandi comme référence
Pour étayer son argumentaire, la Ccr oppose la situation actuelle au bilan énergétique de l’ancien président Macky Sall. Elle rappelle que la production nationale d’électricité serait passée de 2800 GWh en 2012 à 7465,86 GWh en 2024, soit une progression de plus de 160%.
Les cadres républicains soulignent également que le mix énergétique s’était progressivement diversifié grâce aux énergies renouvelables, avec plus de 1430 GWh issus du solaire, de l’éolien et de l’hydraulique en 2024.
La Ccr cite notamment plusieurs infrastructures réalisées au cours de cette période, parmi lesquelles le parc éolien de Taïba Ndiaye (158,7 MW), les centrales solaires de Kahone (43,9 MW), Kael (35 MW), Bokhol-Walo Storage (20 MW) et Diass (23 MW), ainsi que la centrale hydroélectrique de Gouina et la centrale dual fuel de Malicounda (120 MW).
Forte de ces éléments, la Convergence des cadres républicains juge difficilement compréhensible que le Sénégal connaisse aujourd’hui des perturbations aussi importantes malgré l’augmentation des capacités de production installées ces dernières années.
Elle demande au gouvernement de préciser la capacité actuellement disponible du parc électrique, de faire la lumière sur la situation financière de la Senelec, d’expliquer les causes des difficultés d’approvisionnement en combustible et de présenter les mesures envisagées pour rétablir durablement la continuité du service.
Nd. Kh. D. F












