Le déroulé de la dernière séance de Questions d’actualité au Gouvernement n’a guère satisfait les membres de l’opposition. Aïssata Tall Sall et son groupe parlementaire Takku Wallu avec les députés non-inscrits, Adama Diallo à leur tête, dénoncent les comportements du président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, le président du groupe parlementaire Pastef, Ayib Daffé, mais aussi Alioune Dièye, député de la majorité.
Pour une fois qu’ils ont decidé d’assister à une séance de questions d’actualité au gouvernement, l’opposition parlementaire n’en garde pas du tout de bons souvenirs. Dans un communiqué signé par Aïssata Tall Sall, présidente du groupe parlementaire Takku-Wallu et Adama Diallo, coordonnateur des députés non-inscrits, les opposants unissent leurs voix pour dénoncer les violations de plusieurs dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée nationale lors du dernier passage du Premier ministre. «La séance de questions d'actualité au Gouvernement du 24 février 2024 a été caractérisée par une série de violations manifestes du règlement intérieur de l'Assemblée nationale», font-ils noter.
Les premiers écarts décriés viennent de leurs collègues députés. «Certains députés se sont mis à invectiver et même injurier leurs collègues, notamment Ayib Daffé, qui a traité les députés de l'opposition de chiens et de chiots ; et Alioune Dièye, qui s'est attaqué au père de l'honorable Anta Babacar Ngom, et ce, en violation grave de l'article 64 du RIAN qui dit : "l'Assemblée étant le lieu par excellence du débat démocratique, celui-ci doit être serein, courtois et impersonnel’’», soulignent-ils pour le déplorer. Et de rappeler : «le but de l'exercice était juste de permettre au Gouvernement de s'expliquer sur les questions urgentes de l'heure, dans un souci d'apporter réponse aux interrogations légitimes des populations conformément à l’article 104 du règlement intérieur. En aucune façon, il n'est permis aux députés de se substituer au Gouvernement pour répondre à sa place, encore moins d'insulter des collègues qui n'ont fait que poser des questions !».
Le deuxieme grief de l’opposition parlementaire concerne la conduite du président de l’Assemblée nationale. Aïssata Tall Sall et Cie parlent de «comportement inqualifiable de Malick Ndiaye qui s'est permis de violer le code de conduite arrêté d'un commun accord par tous les députés et que lui-même a validé, lu et rappelé à tous à l'ouverture de la plénière (article 77 du RIAN )».
Poursuivant, ces derniers font noter : «alors que la séance est encadrée et minutée, chaque orateur ayant à l'avance connaissance de son temps de parole, (y compris le Gouvernement), il s'est permis, par son propre bon vouloir, d'octroyer 5 minutes supplémentaires au Premier ministre, alors qu'il avait refusé toute possibilité de réplique aux députés, laissant ce dernier s'adonner à son jeu favori : invectiver l'opposition, dire du mal de tout et de tous, avant de fuir le débat et ne jamais répondre aux vraies questions», fulmine l’opposition parlementaire, qui dénonce publiquement «cette façon de faire et ces pratiques qui dévoient les règles d'un exercice démocratique de haute portée ».
Elle dit dénoncer l'attitude du président Malick Ndiaye «pour avoir fui ses responsabilités de garant de la dignité et de l'honorabilité de l'Institution et condamne vigoureusement l'attitude des députés insulteurs qui n'honorent pas leur mandat». Les opposants prennent l'opinion nationale et internationale à témoin et indiquent qu’ils sauront tirer toutes les conséquences de droit de ces graves manquements.
Nd. Kh. D. F











