Les onze mois qui nous séparent de la présidentielle risquent d’être mouvementés. En tout cas, la coalition Yewwi Askan Wi ne compte laisser aucun champ de manœuvre au Président Macky Sall. Ousmane Sonko et ses collègues leaders l’ont fait savoir hier, lors de leur face-à-face avec la presse. Confirmant la date du 14 mars pour leur grand rassemblement à Dakar, ces derniers défient les autorités et appellent tous les citoyens sénégalais épris de justice à les rejoindre dans le combat.
La coalition Yewwi Askan Wi est vraiment déterminée à tenir son meeting ce 14 mars à Dakar. La preuve, les opposants ont mis en œuvre une nouvelle stratégie : déposer une demande d’autorisation pour deux lieux différents à Dakar, espérant contourner les subterfuges du préfet à évoquer un éventuel risque de troubles à travaux. Il s’agit du terrain Acapes des Parcelles et le terrain Khar-Yalla de Grand-Yoff. Le rassemblement a pour but de dénoncer, selon Khalifa Sall, les multiples agressions exercées sur les populations sénégalaises par le Président Macky Sall. «Nous invitons toute l’opposition, la société civile et tous les citoyens à se joindre à nous le 14 mars prochain. Une date qui nous permettra de montrer à la face du monde que nous sommes déterminés à aller à la présidentielle dans la paix, sans que personne n’ait à nous imposer les candidats qui devront se présenter», déclare le leader de Taxawu Sénégal.
Déthié Fall : «envoyer un message fort au Président pour le procès de Sonko du 16 mars»
Déthié Fall abordant la question du décret pour la révision exceptionnelle des listes électorales, estime : «c’est elle la plus importante élection pour les Sénégalais ; alors comment peut-on tenir la révision exceptionnelle des listes électorales pour cette élection en un mois seulement ?». Et d’embrayer : «le Président Macky Sall a fait le choix de n’accorder aucune importance aux primo votants», renseigne Déthié Fall. «Les connaissant, nous avons déposé pour deux lieux pour le rassemblement : le terrain Khar Yalla et le terrain Acapes des Parcelles Assainies. Ils peuvent à tout moment évoquer un risque de perturbations de la circulation ou des travaux de leurs chantiers».
Déthié Fall de préciser que le choix de cette date est stratégique parce que le 16 mars prochain, le monde entier sera attentif à ce qui va se passer. «Nous savons tous ce que désire le Président Macky Sall pour cette date du 16 mars, à l’issue du procès de Sonko et de Mame Mbaye Niang», lâche-t-il.
Ousmane Sonko : «Yewwi n’appelle pas à un coup d’Etat, encore moins à une guère civile»
Le leader de Pastef est lui d’avis qu’il y a de ces injustices, il revient à la population de les combattre elle-même pour prendre en main son propre destin et exprimer sa souveraineté. Ousmane Sonko de préciser que Yewwi Askan Wi n’appelle pas à un coup d’Etat, encore moins à une guère civile, il s’agit de se saisir des droits que la constitution nous confère : se rassembler pour protester contre le régime en place. Appelant à une giga mobilisation ce 14 mars, Ousmane Sonko soutient qu’avec 500.000 personnes pour manifester contre la marche du pays, le Président Macky Sall sera plus regardant par rapport à ce que désire le peuple. «En plus du meeting du 14, nous appelons à des marches dans les 46 départements le 15 mars, pour dénoncer les arrestations arbitraires de tous bords, les journalistes y compris, l’instrumentalisation de la justice et toutes les dérives de ce régime», affirme-t-il. Ousmane Sonko d’assurer : «peu importe la décision du Président Macky Sall, le rassemblement du 14 et les marches prévues dans les 46 départements auront lieu, avec ou sans autorisation. Ce pays n’est pas une propriété privée du Président Macky Sall pour qu’il fasse ce qu’il veut sans autorisation quelconque et revenir embastiller l’opposition», prévient-il avant d’ajouter : «j’ordonne à nos responsables dans les 46 départements de faire leur marche. S’ils veulent arrêter quelqu’un, ils n’ont qu’à venir me prendre. Que Macky Sall le sache, nous allons tenir nos rassemblements».
Pour lui, ces tournées économiques sont pure machination. La preuve, son discours à ses responsables politiques de Sédhiou a été révélateur. Sur un ton menaçant, Ousmane Sonko déclare : «ces prochains 12 mois seront déterminants, le Président Macky Sall nous aura en face de lui constamment».
«S’ils veulent arrêter quelqu’un, ils n’ont qu’à venir me prendre»
Abordant la question de la révision exceptionnelle, Ousmane Sonko invite les jeunes à prendre leurs responsabilités. «Le Président Macky Sall sait pertinemment que vous n’êtes pas avec lui, alors il a décidé de retenir la durée d’un mois seulement pour les révisions exceptionnelles des listes électorales qui devraient durer normalement 6 mois», explique Sonko.
Comme toujours, les magistrats ont encore eu leur dose, hier. «(…) Si vous avez un parti pris dans ce combat, nous allons vous faire face et vous traiter comme les hommes politiques que vous voulez être. Nous respectons l’institution, mais nous n’avons pas peur de vous. Si vos décisions sont motivées simplement par 500.000 qu’il augmente sur vos salaires, sachez que Macky Sall va bientôt partir».
Aux forces de l’ordre, Ousmane Sonko dira : «il est vrai que vous faites votre travail, mais que personne ne vous transforme en assassins. Le maintien de l’ordre n’a rien à voir avec des tirs sur les populations», conclut-il.
Ndèye Khady DIOUF