Le G7, qui regroupe plusieurs des principales organisations syndicales de l’éducation et de la formation, notamment le Saemss, l’Uden et le Cusems, hausse le ton face au gouvernement. Dans un communiqué publié mardi 20 octobre, l’intersyndicale conteste l’illégalité qui lui est attribuée pour ses mouvements de grève et dénonce le retard dans l’exécution des engagements pris le 16 avril 2026.
Le bras de fer se poursuit entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation. Le G7 rejette fermement les récentes déclarations des autorités sur la légalité des mouvements de grève et rappelle que les préavis déposés couvrent, selon lui, l’année civile jusqu’au 31 décembre 2026. L’intersyndicale s’en prend à la communication du ministre de la Fonction publique. Elle dénonce une « rengaine devenue récurrente » consistant, selon elle, à brandir l’argument de l’illégalité sans s’attarder sur le contenu des revendications. Pour les syndicats, cette approche ne favorise pas l’instauration d’un véritable dialogue social.
Le mot d’ordre de grève maintenu
Face à cette situation, le G7 maintient son mot d’ordre de grève et appelle les enseignants à rester mobilisés et solidaires. L’intersyndicale assure néanmoins demeurer disponible pour des négociations qu’elle souhaite « constructives ». Elle pose toutefois une limite : les discussions ne doivent pas, selon elle, servir de « prétexte à l’inaction, au reniement des engagements ou à l’intimidation des travailleurs ». Le G7 invite ainsi le gouvernement à revoir sa communication et à privilégier l’exécution concrète des engagements pris. Il dénonce ce qu’il qualifie de « manœuvres dilatoires » et demande aux autorités de faire preuve de davantage de rigueur et de responsabilité.
Le bilan du gouvernement contesté
Au-delà de la question de la légalité des mouvements, le G7 conteste le bilan présenté par le gouvernement sur l’application du protocole d’accord signé le 16 avril 2026. Alors que les autorités soutiennent que les engagements prévus ont été réalisés, les syndicats évoquent un décalage important entre les annonces officielles et la réalité vécue sur le terrain. Plusieurs dossiers sont ciblés. Il s’agit notamment de la publication de l’étude sur le système de rémunération, de l’audit relatif aux rappels, du paiement des indemnités d’examen ainsi que du relèvement de l’âge de la retraite à 65 ans. Et pour le G7, ces dossiers constituent des engagements qui ne sauraient être relégués au second plan. L’organisation syndicale estime que les retards accumulés alimentent la frustration au sein du corps enseignant et compliquent davantage le climat social dans le secteur.
Pour les syndicats, l’enjeu dépasse désormais la seule question des mouvements de grève. Il concerne la crédibilité des engagements pris entre les parties et la capacité du gouvernement à restaurer un climat de confiance avec les enseignants. Le G7 dans son communiqué estime que « la stabilité de l’école ne peut être décrétée. Elle doit reposer sur le respect des engagements conclus et sur un dialogue social effectif » lit-on dans le texte.
Ainsi, l’intersyndicale maintient donc la pression tout en laissant ouverte la porte des négociations. Elle considère toutefois que l’exécution intégrale du protocole d’accord du 16 avril 2026 reste « une condition sine qua non » pour parvenir à l’apaisement du climat social et à une stabilité durable du système éducatif.
Fatou DIOP













