jotaay

L'APRES-MATCH, RÉFLEXION, COMPORTEMENT, CHOIX POUR LE PROCHAIN MATCH, ONZE DE DÉPART: Amara Traoré, dans la peau de Cissé



L'APRES-MATCH, RÉFLEXION, COMPORTEMENT, CHOIX POUR LE PROCHAIN MATCH, ONZE DE DÉPART: Amara Traoré, dans la peau de Cissé
Ancien sélectionneur des Lions, qui de mieux placé qu’Amara Traoré pour nous dire comment se sentirait Aliou Cissé après cette défaite contre la Hollande ? Des nuits blanches, des discussions avec les collaborateurs et les perspectives, Amara Traoré nous plonge dans le monde des coachs, dans cet entretien qu'il nous accordé à Doha. Le Saint-Louisien s'est prononcé sur les blessures des joueurs, la substitution de Sadio Mané, mais aussi sur un onze probable qu'il aura en commun avec, presque les 17 millions de Sénégalais.
 
Les Echos : Comment analysez-vous la défaite face à la Hollande ?
 
Amara Traoré : Amer et frustré dans la mesure où dans l'approche et la philosophie du match, le Sénégal avait bien abordé cette rencontre. Tactiquement et dans l'état d'esprit, on a vu une bonne équipe du Sénégal et c'est exactement pour ça que je parle de frustration. Parce que quand même on a vu l'équipe, avec un bloc médian bas, bien contenir les Hollandais, ce qui les a mis en difficulté même s’ils ont eu deux occasions nettes en première période. Ça fait partie du football. Des fois, en fermant tout, l'adversaire peut bien se procurer des occasions. L'essentiel, c'était de ne pas avoir pris de but. Ce qui veut dire que le Sénégal était dans le bon tempo. On a beaucoup gêné l'adversaire sur le plan tactique. En un moment donné ils étaient même énervés, ils poussaient et donnaient des coups. Ça veut dire qu'ils dégageaient une agressivité. En football, quand tu penses être supérieur et que tu n'es pas en réussite, tu deviens agressif. Ils rouspétaient tout le temps parce qu'ils n'ont pas eu ce qu'ils voulaient.
Maintenant, de notre côté, par moments, on n'est pas allé vite vers l'avant dans les transitions. Quand on attend l'adversaire en étant médian bas, c'est pour se créer de l'espace, les aspirer et enfin aller vite dans leur dos. Quand on avait le ballon, on n'a pas fait ça. C'est pour ça qu'on ne s'est pas créé beaucoup d'occasions surtout en première période. En deuxième mi-temps, l'équipe était encore mieux, parce que j'ai vu les Pays-Bas reculer un peu pour être plus prudents qu'en première période où ils avaient beaucoup pressé haut. Il y a ces faits du match qui ont un peu bouleversé l'équipe du Sénégal.
 
Beaucoup ont déploré les changements…
 
Les changements de Abdou Diallo et Cheikhou Kouyaté qui n'étaient pas prévus ont perturbé les plans de Aliou Cissé. Si ce n'était pas à cause de leurs blessures, je ne pense pas que le coach les aurait sortis. Au lieu de ça, il aurait mieux renforcé son équipe. Abdou Diallo a plus d'expérience que Jackobs, même si ce dernier n'a pas démérité. Kouyaté quand même faisait un bon travail de sentinelle. Toutes ces choses ont perturbé l'équipe. L'objectif qu'on avait en début de match, même depuis le tirage de la Coupe du monde, c'était de faire un résultat positif face aux Pays-Bas. Soit un match nul ou une victoire. Dans les 10 dernières minutes, on a été un peu gourmand. Tout ce qu'on a fait pendant les 80 premières minutes, en étant serein, patient, tranquille, on s'est laissé griser par l'ambiance et l'euphorie pendant les dix dernières minutes. Tout ça peut s'expliquer par les changements qu'il y a eu. On devait encore se renforcer plus défensivement.
Après aussi, il y a l'entrée de Memphis Depay, joueur sur lequel Van Gaal a endormi tout le monde en parlant de blessure. Il a pesé dans ce match. C'est un joueur d'expérience qui a beaucoup mis en difficulté notre défense. Il est impliqué sur les deux buts. Le premier but, on peut dire que c’est un but de football, même s'il y a eu des erreurs ; mais le deuxième est anecdotique. On s'est dit, on veut égaliser, on va tous à l'abordage, donc on prend un second but. Toute équipe peut éviter ça. Dans toutes les compétitions au monde, si on te met 1-0 et que tu sors pour aller chercher un résultat, tout le monde va à l'abordage. C'est le premier but qui a tout faussé. Mais dans l'ensemble, on a vu une bonne équipe du Sénégal, très présente dans les duels, tactiquement aussi en place et qui a mis beaucoup de cœur dans ce match.
 
Après des défaites comme ça, qu’est-ce qui se passe dans la tête du coach une fois dans sa chambre ?
 
L'entraîneur est celui qui, quand il perd le match, va se réveiller à 2 ou 3h du matin pour trouver des solutions. Je suis sûr que quand tout le monde dormait, Aliou Cissé a dû se réveiller à cette heure là parce qu'il ne devait pas avoir un sommeil facile. Il devait être seul dans sa chambre dans ces heures-là. Il devait être en train de chercher des solutions.
A la fin du match, on parle avec les adjoints autour d’une table, tout en refaisant le match dans la tête parce que tous les entraîneurs mémorisent les matchs. Maintenant, au moment de dormir, surtout après une défaite, il ressasse le match, réfléchit pour voir comment équilibrer. Surtout que le prochain match n'aura pas la même approche. Une rencontre qu'il faudra gagner tout en créant une sécurité. Il va chercher avec quels hommes, quels schémas, quels discours il faudra mettre sur pied. Il est seul en ce moment-là. En se réveillant maintenant, il va partager avec ses collaborateurs, à l'entraînement d'abord, évaluer le dernier match et se projeter sur le prochain. La seule solution contre le Qatar sera de gagner, même si un point ne nous élimine pas. Il faut faire attention : le mieux, c'est de gagner. La défaite est interdite autant pour le Sénégal que pour le Qatar.
 
Avec l’expérience que vous avez, quelle doit être l’animation du jeu sénégalais face au Qatar ?
 
Si vous voyez bien, pour le match contre la Hollande, on a eu une approche prudente, pas défensive. Il fallait être prudent, ne pas hypothéquer tout de suite ses chances de qualification. Il ne faut pas hypothéquer le match contre le Qatar, il faut être très intelligent. De toute façon, quoi qu'il arrive, sauf une défaite, on jouera une finale contre l’Équateur. Mieux vaut y aller avec un bon confort psychologique tout en créant des sécurités.
 
Faudra-t-il changer de système contre le Qatar ?
 
Je ne crois pas que Aliou puisse changer de système vendredi. On n'a pas le temps de le faire. Il va certainement mettre son 4-2-3-1 en étant plus offensif. C'est-à-dire qu’au lieu de mettre 3 défenseurs, 3 milieux de terrain à vocation récupérateur, je pense qu'il va équilibrer le milieu avec deux récupérateurs et un offensif ou un récupérateur avec deux offensifs. Parce que là, il faut créer du jeu. Même si Gana Guèye à la vocation de faire les deux positions en bon milieu relayeur, il faudra de l'audace pour ce match contre le Qatar. Il faut être créatifs, il faut du génie offensif. Nous avons des hommes pour ça même si Sadio n'est pas là.
 
 
Quel a été l'impact de l'absence de Sadio Mané sur le dernier match ?
 
La difficulté de notre équipe sur ce match là parce qu'on a un élément essentiel, pas indispensable, qui s'est blessé avant de venir à la Coupe du monde. On n’avait pas la possibilité de faire d'autres matchs amicaux pour voir ce que ça allait donner sans lui. Justement dans ce sens, le match contre la Hollande doit nous donner beaucoup d'enseignements. Sans Sadio, l'équipe a été quand même collectivement forte, même s'il y a des actions où il pouvait, s'il était là, nous sortir des difficultés. On a vu un Van Djik dans son salon, très tranquille, pendant presque tout le match. Tout de même, on a joué un match de très haut niveau sans Sadio et je sais que ça va encore rendre le groupe plus fort, parce qu'ils vont se dire qu'on a joué sans Sadio en n’étant pas ridicule, en étant même bon. Ils vont plus se libérer offensivement.
 
Quel profil pour substituer à Sadio Mané ?
 
En valeur intrinsèque, Sadio est irremplaçable. Il est n'est pas deuxième meilleur joueur du monde pour rien. Maintenant, c'est collectivement qu'il faut voir comment le remplacer. Il y a quand même de très bons joueurs. Ismaïla Sarr dans un bon jour, Krépin Diatta, Ilimane Ndiaye, Boulaye Dia, Bamba Dieng peuvent apporter beaucoup de solutions offensives, mais ce ne sera pas comme Sadio. Ce n'est pas possible.
 
Qu’est-ce qui explique les blessures récurrentes ?
 
La Coupe du monde a changé de date. Les équipes sortent de préparations très lourdes. Il y a aussi cette charge émotionnelle pour chaque joueur qui pense à comment être prêt pour son club et sa sélection, mais aussi faire attention pour la Coupe du monde. C'est ce qui fait qu'ils sont moins attentionnés. Ils peuvent ne pas faire le bon appui, les bons déplacements, les tacles et se réserver pour ne pas se blesser. Il n'y a que ça qui peut expliquer ces blessures.
Quand il y a changements de température, d'environnement, il faut toujours un temps d'adaptation. Il y a aussi la surcharge de matchs. L'Uefa n'est pas innocente dans cette affaire là non plus. Ils ont mis beaucoup de matchs avant la Coupe du monde. J'ai l'impression qu'il y a une guéguerre entre la Fifa et l'Uefa, alors que ces deux entités pouvaient voir ensemble comment alléger les choses pour une bonne participation de qualité des joueurs à la Coupe du monde et après retourner en club plus tranquillement.
 
Le onze de départ de Amara ?
 
Il m'est très difficile de donner un onze de départ (rire). Je ne vis pas avec le groupe, je ne sais pas ce qui se passe à l'intérieur. Je ne peux faire comme tous les Sénégalais, parce que je suis un entraîneur, il me faut des éléments, paramètres et beaucoup d'autres choses. Le supporter, les 17 millions de Sénégalais, tout le monde peut donner son onze. Et dans ce classement, on aura 8 ou 9 joueurs en commun. Mais il y aura deux joueurs qui seront difficiles, compte tenu de la physionomie du match et des choix de l'entraîneur. On sait qu'il y aura Edouard Mendy, Kalidou Koulibaly, Pape Abdou Cissé, Abdou Diallo, Youssouf Sabaly, Nampalys Mendy, Idrissa Gana Guèye, Ismaïla Sarr et Krépin Diatta. Après, il y aura toujours ces deux qui restent. Ce sera un choix du coach.
LES ECHOS


Nouveau commentaire :

ACTUALITE | POLITIQUE | SPORTS | SOCIETE | SERIE | RELIGION | REVUE DE PRESSE | ECONOMIE | CHRONIQUE | CULTURE | BOOMRANG | INTERNATIONAL | PEOPLE | TV-DIRECT | SANTE | World Cub Russie 2018 | SERIE TV SENEGAL | LES ECHOS | pub | Radios d’Ici et d’Ailleurs


Insupportable

Mix

Kiba-dachi

Brèche

Rachat

Qatar ou Dakar

Sublimation

Fambine

Sonadis

Casting


LIVE RADIO




SANTE

DR MARIE KHEMESSE NGOM NDIAYE, NOUVELLE MINISTRE DE LA SANTÉ A SA SORTIE D’AUDIENCE AVEC LE PRESIDENT SALL :«Il va falloir renforcer mais surtout améliorer la qualité de tout ce qui se faisait»

Le SAMES décrète une journée « sans blouse » ce jeudi

SALON INTERNATIONAL DU MEDICAMENT:L’Ordre des pharmaciens déplore les médicaments de la rue et met l’Etat devant ses responsabilités

Covid : 1 décès, 11 cas

Covid : 0 décès, 10 cas positifs

Covid : 14 cas

Covid-19 : 18 cas

Les travailleurs de l’hôpital de Mbour en grève

Covid : 0 décès, 26 nouveaux cas

Covid : aucun décès de noté, les cas légèrement en baisse