Avec la guerre au Moyen-Orient, les prix de l’engrais risquent de prendre l’ascenseur comme ceux des produits pétroliers. Une inquiétude exprimée par le ministre de l’Agriculture à l’occasion des Journées de l’Agroécologie. A l’en croire, la tonne d’engrais acquise à 450 dollars l’année dernière peut coûter 800 dollars cette année. Pour pallier ces facteurs exogènes, Mabouba Diagne mise sur l'engrais organique, persuadé que l'Agroécologie est incontournable.
La cérémonie de lancement de la 5e édition des Journées de l’Agroécologie (Jae) au Sénégal, initiée par la Dynamique pour une Transition Agroécologique (DyTaes), s’est déroulée, ce mardi, au Musée des Civilisations noires sous le thème : « de la vision à l'action, institutionnaliser l'agroécologie pour des systèmes alimentaires durables ». Une cérémonie à laquelle ont pris part les ministres Mabouba Diagne et Abdourahmane Diouf. « Les Journées de l’Agroécologie 2026 s’inscrivent dans un moment charnière, un moment où les enjeux de souveraineté alimentaire, de résilience climatique et de transformation des systèmes alimentaires ne relèvent plus seulement d’un débat, mais de l’action. Un moment où l’agroécologie s’impose non plus comme une alternative périphérique, mais une nécessité stratégique pour notre pays », a d’emblée indiqué Absa Mbodj du Comité d’organisation des Jae. A l’en croire, les Jae sont un espace de convergence où se rencontrent territoires, savoirs, expériences et visions. « Un espace où se croisent producteurs, décideurs, chercheurs, entrepreneurs et citoyens pour construire ensemble les conditions d’une transformation durable de nos systèmes alimentaires », ajoute-t-elle.
Elaborer des filières locales de production d'intrants organiques
Poursuivant, elle n’a pas manqué d’insister sur le contexte géopolitique assez fragile à cause de la guerre au Moyen-Orient qui accentue la dépendance et l'insécurité alimentaire du Sénégal. Face à cette situation, elle rappelle qu’une correspondance a été envoyée au ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire sur comment atteindre notre sécurité alimentaire. « La question des engrais est la première sur laquelle on est exposés. Aujourd'hui, nous suggérons de manière très concrète que le gouvernement travaille à élaborer des filières locales de production d'intrants organiques. Nous avons le potentiel, nous avons les organisations qui y travaillent et nous avons déjà des initiatives sur ces questions », explique Absa Mbodj qui invite le gouvernement à davantage optimiser son énergie dans cette orientation-là afin de créer à la fois des emplois locaux, mais également, dit-elle, d’éviter cette dépendance exogène qui a fini de montrer ses limites.
De 450, la tonne d’engrais peut passer à 800 dollars cette année
« L’Agroécologie n’est plus un luxe, c’est devenu une nécessité. Le thème traduit l’urgence d’engager une transformation profonde de notre système alimentaire face aux crises multiples auxquelles notre monde est confronté », fait remarquer pour sa part, le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire qui précise, dans la foulée, avoir acquis la tonne d’engrais à 450 dollars. « Si je suis chanceux, je vais l’avoir à 800 dollars », dit-il, eu égard au contexte actuel. « C’est dans ce contexte international actuellement marqué par des défis climatiques, économiques et sécuritaires que nous devons porter haut le flambeau de l'Agroécologie. Avec la guerre au Moyen-Orient, l’accessibilité de ces intrants et de ces engrais minéraux a été fortement perturbée », indique M. Diagne. Ce qui lui fait dire que l’Agroécologie est incontournable. « C’est pourquoi, nous avons commencé à financer les engrais organiques. Mieux, nous avons doublé, voire triplé les quantités de subventions d’engrais organiques pour nourrir et mieux nourrir nos populations », martèle le ministre de l’Agriculture.
M. CISS













