Il ressort de l’Enquête nationale sur la démographie des entreprises au Sénégal une vulnérabilité persistante du tissu entrepreneurial sénégalais, caractérisé par un taux de fermeture global de 27,4%. Les disparités régionales révèlent que les régions les plus dynamiques économiquement, telles que Dakar et Thiès, sont également celles où la mortalité des entreprises est plus élevée, avec 30,8% et 28,7% respectivement.
L'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) a réalisé une Enquête nationale sur la démographie des entreprises du Sénégal (Endes) dont le but est de disposer d'indicateurs actuels permettant de suivre la démographie des entreprises. Les résultats de cette étude mettent en évidence la forte prédominance de la création pure comme mode d'acquisition des entreprises, représentant 96,4%) des entrepreneurs au niveau national, aussi bien pour les personnes morales (96,9%) que pour les personnes physiques (96,2%). Les autres modes d'acquisition, tels que l'héritage, l'achat ou la reprise d'activité, demeurent marginaux (moins de 2% chacun. Cette tendance illustre une forte vitalité entrepreneuriale, portée par des initiatives individuelles. Les autres formes d'acquisition (héritage, achat ou reprise d'entreprise, fusion ou scission) restent marginales. Sur le plan territorial, la forte concentration à Dakar (50%) confirme le déséquilibre régional du développement entrepreneurial. Et du point de vue sectoriel, la prépondérance du commerce (36,1%) et des services reflète la structure tertiaire de l'économie nationale, dominée par de petites unités souvent informelles.
Près de la moitié 46,2% des entreprises disparaissent avant leur 5e année
La très forte présence des Tpe (96,5%) montre que l'entrepreneuriat sénégalais repose principalement sur des unités de très faible taille. En ce qui concerne le fond de démarrage, plus de deux tiers des entreprises démarrent avec un fonds initial inférieur à un million de francs Cfa, confirmant la faible capacité d'investissement. L'analyse de la survie et de la croissance des entreprises met en évidence la fragilité du tissu entrepreneurial sénégalais, particulièrement au-delà de la première année d'existence. Si plus de huit entreprises sur dix réussissent à franchir le cap de la première année, près de la moitié disparaissent avant leur cinquième année d'activité (46,2%). La survie des entreprises varie sensiblement selon les régions et les branches d'activités. Les régions de Tambacounda, Kaffrine et Sédhiou enregistrent les meilleures performances à moyen terme, alors que Dakar, Louga et Saint-Louis présentent des taux de survie plus faibles.
Les chiffres d’affaires des personnes morales plus élevés
Sur le plan économique, le chiffre d'affaires médian montre un écart notable entre les deux formes juridiques: les personnes morales enregistrent des chiffres d'affaires annuels nettement plus élevés dès le démarrage (5.002.500 francs Cfa contre 1.357.550 francs Cfa pour les personnes physiques). Sur toutes les périodes, les chiffres d'affaires médians les plus élevés ont été réalisés dans le Btp, allant de 4 millions au démarrage à 5 millions francs Cfa en 2021. Au niveau des services, la branche des services personnels et divers évolue de 2 millions de chiffre d'affaires médian au démarrage à 3 294 750 francs Cfa en 2023, la branche des services fournis aux entreprises passe de 2.229.643 francs Cfa au démarrage à 3.280.000 francs en 2023. Le chiffre d'affaires médian dans le transport et télécommunication varie de 3 millions francs Cfa au démarrage à 4.100.000 francs Cfa en 2022 avant de revenir à 3 millions francs en 2023 et dans le secteur des hôtels, bars et restaurants il progresse de 2 millions Cfa au démarrage jusqu'à 3.280.000 francs Cfa en 2022 puis retombe à 3 millions francs Cfa en 2023. Le commerce passe de 1.800.000 de chiffre d'affaires médian au démarrage à 3 millions francs Cfa en 2023. Dans les industries, la branche des autres industries passe de 1.400.000 de chiffre d'affaires médian au démarrage à 3.600.000 en 2023, celle des industries alimentaires évolue de 1.500.000 francs au démarrage à 2.000.000 francs en 2023, et celle des industries textiles va de 760.000 francs au démarrage à 1.200.000 francs en 2023. Le chiffre d'affaire médian dans l'agriculture, élevage et pêche varie de 1.165.000 francs au démarrage à 1.867.263 francs en 2022, avant de redescendre à 1.500.000 francs en 2023.
Un taux de fermeture de 27,4%
Les résultats de l'enquête nationale sur la démographie des entreprises mettent en évidence une vulnérabilité persistante du tissu entrepreneurial sénégalais, caractérisé par un taux de fermeture global de 27,4%. Les disparités régionales révèlent que les régions les plus dynamiques économiquement, telles que Dakar et Thiès, sont également celles où la mortalité des entreprises est plus élevée, avec 30,8% et 28,7% respectivement. Selon la forme juridique, les personnes morales, bien qu'en principe plus structurées, enregistrent un taux de fermeture (37,8%) supérieur à celui des personnes physiques (29,5%). Suivant les secteurs d'activité, les entreprises du transport et des télécommunications apparaissent comme les plus fragiles, tandis que celles des industries textiles affichent une remarquable résilience. La concentration des fermetures entre 2019 et 2021, avec un pic en 2020, coïncide avec une période de forte perturbation économique liée notamment à la pandémie de Covid-19.
M. CISS












