Le débat sur l’organisation des prochaines élections territoriales s’invite à nouveau dans l’espace public sénégalais. Dans une correspondance adressée au ministre de l’Intérieur, le coordonnateur du Front pour la réforme de la démocratie et de la République (Fdr) demande des clarifications urgentes sur la révision des listes électorales et la tenue des prochaines élections municipales et départementales.
C’est le flou total en ce qui concerne l’organisation des prochaines élections locales. Face à ce flou, Oumar Sarr, coordonnateur du Front pour la réforme de la démocratie et de la République (Fdr), a saisi le ministre de l’Intérieur d’une lettre. Dans sa missive, il fait part de ses préoccupations face au manque d’informations officielles concernant les opérations électorales à venir. Selon lui, jusqu’à présent, aucune communication n’a été faite par le ministère de l’Intérieur sur la révision des listes électorales ni sur la date de tenue des élections territoriales, alors même que plusieurs échéances importantes approchent.
Or, rappelle-t-il, les dispositions du Code électoral sont claires. «Les articles L236 et L269 prévoient que les élections municipales et départementales doivent impérativement se tenir dans les trente jours précédant le 23 janvier 2027, date correspondant à la fin du mandat des exécutifs locaux». Cette échéance impose au gouvernement de prendre sans tarder les dispositions nécessaires afin de garantir un processus électoral transparent et inclusif. Dans ce contexte, le coordonnateur du Fdr demande officiellement au ministre de fixer, pour l’année civile 2026, la date de démarrage ainsi que la durée des opérations de révision exceptionnelle des listes électorales. Cette étape est, dit-il, «essentielle pour permettre aux citoyens de s’inscrire, de vérifier leurs informations et de participer pleinement au scrutin à venir».
Au-delà du calendrier électoral, la question de l’intégrité du fichier électoral constitue également un point central de ses préoccupations. Il évoque les informations relayées par la presse concernant l’existence d’un piratage du fichier ayant affecté certains fichiers de la Direction de l’automatisation du fichier (Daf). Cette situation aurait d’ailleurs été confirmée par un communiqué des services du ministère signalant l’impossibilité, jusqu’à nouvel ordre, de délivrer des cartes nationales d’identité. Pour le responsable du Fdr, «ces éléments soulèvent des interrogations légitimes sur la fiabilité et la sécurité des données électorales». Il estime que «toute ambiguïté sur ce point pourrait fragiliser la confiance des citoyens dans le processus électoral et alimenter les suspicions autour de la gestion des fichiers administratifs liés aux élections», s’est-il inquiété.
Oumar Sarr souligne également ce que l’opposition considère comme une anomalie dans le processus de révision ordinaire des listes électorales en 2025. Selon Oumar Sarr, «après la période contentieuse et l’affichage des mouvements enregistrés sur les listes dans les préfectures, sous-préfectures et mairies, aucune publication de la liste électorale définitive n’a été rendue publique», s’indigne-t-il. Une situation que le coordonnateur du Fdr juge «contraire aux dispositions du Code électoral. Il rappelle en effet que l’article R.44 prévoit explicitement qu’à la fin des opérations de révision, le ministre chargé des élections arrête et publie la liste définitive des électeurs par tout moyen de communication disponible».
Face à ces différents manquements présumés, il a demandé «à pouvoir accéder au fichier électoral, conformément aux dispositions légales». Cet accès permettrait, selon lui, de vérifier l’impact réel du rançongiciel évoqué dans la presse et d’évaluer les conséquences des irrégularités constatées lors de la dernière révision. Pour le Front pour la réforme de la démocratie et de la République, «la transparence autour du fichier électoral constitue une condition indispensable pour préserver la crédibilité des futures consultations électorales». L’organisation estime qu’une clarification rapide de la part du ministère de l’Intérieur permettrait d’apaiser les inquiétudes et de rassurer les acteurs politiques ainsi que l’opinion publique.
Au terme de sa correspondance, le coordonnateur du Frdr invite le ministre de l’Intérieur à apporter des réponses précises sur l’ensemble de ces questions, afin de garantir le respect du calendrier électoral et la régularité du processus démocratique.
Fatou DIOP












