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DESTRUCTION DE BIENS APPARTENANT À AUTRUI : Le maire de Ouakam et quatre de ses agents risquent 3 mois de prison assortis du sursis




Abdou Aziz Guèye, maire de la commune de Ouakam et quatre de ses agents risquent 3 mois de prison assortis du sursis. Ils ont été jugés hier, jeudi 22 janvier 2026, devant le tribunal correctionnel de Dakar pour destruction de biens appartenant à autrui et complicité.
 
 
 
 
Le maire de Ouakam Abdou Aziz Guèye est attrait en justice avec 4 de ses agents Alpha Ba, Alioune Diop, Malick Guissé et Adama Ndiaye. Excepté le maire qui est poursuivi pour complicité, le reste de son équipe municipale est incriminée pour des faits de destruction de biens appartenant à autrui. Le litige qui oppose La partie civile, Maguette Thiam, à l'édile, un lopin de terre à Ouakam sur la voie publique où celui-ci avait installé son activité de construction de briques et sur lequel le siège de l'Us Ouakam allait être construit. D'après le plaignant, depuis 2009, avec un permis obtenu de l'ancien maire de la commune, Samba Bathily Diallo, il occupe cet espace où il avait creusé un puits puis érigé un réservoir d'eau et une tente. Mais, dit-il, lorsque le nouveau maire Abdou Aziz Guèye a été élu, il l'a déguerpi des lieux en détruisant ses biens. "Alors qu'il n'était pas encore élu maire, il m'a sommé de quitter les lieux, mais j'ai refusé en lui disant qu'il ne m'avait pas attribué cet espace. Après avoir été élu maire, il m'a appelé dans son bureau et m'a encore demandé de quitter les lieux et je lui ai demandé de me donner un délai où qu'il me trouve un autre endroit. 2 jours après, il a envoyé ces gens qui sont venus saccager mes biens. Au moment où j'occupais cet espace, il n'y avait rien à l'époque. C'était un espace vide. J'avais un permis d'occuper et je payais mensuellement le montant de 30.000 F Cfa à Samba Bathily Diallo, l'ancien maire à qui Abdou Aziz a succédé. J'avais un permis d'occuper à cette époque-là", a-t-il expliqué tout en déclarant n'avoir jamais reçu de sommation de la part du maire pour quitter les lieux.
 
 
Le plaignant réclame 11 millions de dommages et intérêts
 
 
Le plaignant a en outre réclamé la somme de 11 millions de dommages et intérêts. "Je suis soutien de famille. En ce moment, je ne peux même pas m'acheter un gobelet de café et c'est leur faute", a-t-il pesté.
 Confirmant ainsi la partie civile, le maçon qui a été entendu en qualité de témoin a révélé que tous ceux qui se trouvent à la barre étaient non seulement sur les lieux, mais sont les personnes qui ont saccagé les biens de Maguette Thiam. "Ce jour-là, je travaillais pour Pape Maguette puisque je suis son maçon. Ils ont tout détruit. Mêmes les briques qui venaient d'être fraîchement faites. Le réservoir ainsi que le puits", a-t-il indiqué.
Sauf Alioune Diop qui n'a pas déféré à la convocation du juge, les autres prévenus qui ont comparu libres hier, jeudi 22 janvier 2026, ont contesté les faits devant le tribunal correctionnel de Dakar où l'affaire a été jugée. Niant en partie les faits, le maire de la commune de Ouakam, Abdou Aziz Guèye, a parlé du projet de construction sur ledit site pour justifier le déguerpissement dont a fait l’objet le plaignant. "À plusieurs reprises, je lui ai demandé de quitter les lieux. Nous avons une autorisation de construire délivrée par le ministre de l’Urbanisme concernant les travaux du siège de l'Us Ouakam qui devrait être érigé là-bas. On lui a donné plusieurs sommations, mais il n'a jamais quitté. Au moment où il devait quitter, il ne restait que quelques briques que les agents que nous avons déployés ont déplacées pour les travaux qu'on devait effectuer sur le site. Il y avait des briques et un réservoir d'eau", déclare le maire. En revanche, il a fini par endosser la responsabilité de ces destructions en reconnaissant avoir envoyé ses agents sur le site. "Je reconnais que je ne lui ai jamais remis de sommation pour qu'il quitte les lieux. Je ne sais pas non plus si les services administratifs de la mairie lui ont remis une sommation écrite. C'est moi qui ai envoyé ces agents municipaux puisque je suis la personne morale. En tant que maire, c'est moi qui les ai envoyés là-bas pour déplacer les briques", indique-t-il à ce propos.
Du côté des agents municipaux, Alpha Ba, entendu, déclare : "je suis collaborateur de l'Us Ouakam. Je suis membre du comité directeur de l'Us Ouakam. Je ne travaille pas pour la mairie et je ne me suis jamais rendu sur les lieux. Je n'ai pas vu non plus des gens saccager. Je n'ai rien détruit puisque je n'étais pas sur les lieux. Cet espace se trouve sur la voie publique en face du chantier de l'Us Ouakam". Malick Guissé, pour sa part, dira qu'il n'était pas dans le groupe qui déplaçait les biens de la partie civile le jour des faits. "Je ne peux pas dire avec certitude ceux qui ont détruit ses biens puisque j'étais au travail ce jour-là", a-t-il attesté.
À sa suite, son collège Adama Ndiaye a confirmé sa présence sur les lieux le jour du déguerpissement. "En tant qu'agent de voierie, notre chef de service nous avait demandé d'aller le voir pour le sommer de déplacer les briques. On avait déplacé ceux qui étant sèches et sa tente", lance-t-il. Mais, il a été contredit par la juge qui lui a fait savoir qu'ils ont détruit le puits de la partie civile, ses briques fraîchement faites.
 
 
Le procureur requiert 3 mois avec sursis
 
 
Le procureur, très remonté contre l'attitude des mis en cause, a rappelé que " le Sénégal est une République qui obéit à des normes et que nul n'a le droit de se faire Justice soi-même". On a l'habitude de voir des maires entourés de ce que l'on appelle de gros bras et qui pensent qu'ils peuvent tout faire, renchérit toujours le parquet. Qui souligne que le maire pouvait expulser la victime des lieux en utilisant les voies légales. Ce que lui et son équipe municipale n'ont pas fait. Parce tout au long des débats, dit-il, ils n'ont fourni aucun document administratif prouvant qu'ils pouvaient procéder à son expulsion. À cet effet, ajoute-t-il, l'imputabilité des faits ne souffre d'aucune contestation. En sus, il a révélé que le maire Abdou Aziz Guèye est "l'instigateur" dans cette affaire. Au regard de leur qualité de "délinquants primaires", il a requis contre chacun la peine de 3 mois de prison assortie du sursis et une amende de 200.000 F Cfa.
Pour la défense du maire et de ses collaborateurs, Mes Ibrahima Mbengue s'est indigné que le procureur ait taxé le maire "d’instigateur". Le conseil estime qu'on ne peut que le considérer comme civilement responsable. "On doit du respect au maire. Il est le garant de l'ordre public et de la sécurité. Il est le premier magistrat de sa commune. Aussi, il représente en partie l'Etat dans sa commune", a soutenu la robe noire. Cette dernière, pour ce qui est des destructions, a attesté qu'on ne peut pas parler de déguerpissement alors qu'il a fait libérer l'espace public. Par ailleurs, le conseil a fait savoir que la sommation peut ne pas être écrite. "Elle peut être faite par communiquer ou haut-parleur. Pourquoi un écrit ? La sommation était verbale puisqu'il a été à deux reprises dans le bureau du maire et que celui-ci lui avait demandé de quitter. C'est la personne du maire qui est visée. On cherche à le discréditer. Ce sont les donneurs d'ordre sur le terrain qu'on devrait prendre comme instigateurs", a relevé Me Mbengue, qui a affirmé : "c'est une bataille politique qu'on a essayé de transférer devant cette barre". Il a en outre demandé que ses clients soient renvoyés des fins de la poursuite et que la partie civile soit déboutée. Délibéré au 12 février 2026.
 
Fatou D. DIONE
 
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