Âgé de seulement de 16 mois, le jeune Abdoulaye Dieng a perdu la vie dans une crèche municipale sous-traitée, déclenchant l’indignation de la communauté africaine et la colère des syndicats locaux contre le maire de Sao Paulo Ricardo Nunes.
C’est un drame qui secoue la communauté sénégalaise établie au Brésil et suscite une vive émotion jusqu’à Dakar. Avant-hier lundi, une foule s'est rassemblée devant une crèche de São Paulo pour rendre un dernier hommage au petit Abdoulaye Dieng, un nourrisson sénégalais d'un an et quatre mois décédé dans des conditions révoltantes. Derrière l'immense douleur d'une famille d'émigrés, c'est tout le modèle éducatif privatisé de la capitale économique brésilienne qui se retrouve aujourd'hui sur le banc des accusés.
Les faits, survenus au sein d’un Centre d’Éducation de la Petite Enfance (CEI) affilié, témoignent d'un défaut de surveillance intolérable. Alors qu'il jouait dans les locaux de l'établissement, l'enfant s'est retrouvé la tête coincée entre un miroir et une barrière de sécurité. En l'absence totale d’encadrement au moment de l'incident, le jeune Abdoulaye n'a pas pu être secouru à temps et a succombé malgré l'intervention ultérieure des services d'urgence.
Rassemblement de proches, de militants des droits humains et de représentants de diverses communautés d'immigrés, la manifestation de lundi a donné lieu à des scènes de vive émotion mais aussi à des appels fermes à la justice. Brandissant une large banderole proclamant que la seule protection contre l'injustice réside dans l'organisation et le pouvoir des opprimés, les participants ont souligné le caractère symbolique et cruel de cette tragédie : la perte d’un enfant noir, fils de travailleurs immigrés, abandonné par un système éducatif public livré à la précarité.
Un modèle de sous-traitance municipale pointé du doigt
Au-delà de la responsabilité directe du personnel de l'établissement, ce drame remet en lumière les défaillances structurelles de la politique éducative menée par le maire de São Paulo, Ricardo Nunes. Pour les syndicats et les mouvements citoyens de la ville, le décès du petit Abdoulaye n'est en rien un accident isolé, mais plutôt la conséquence inévitable d'un projet politique marchand qui dégrade systématiquement les services publics destinés aux populations les plus défavorisées.
Vague d'indignation et appels à la mobilisation générale
Face à cette situation, l'organisation syndicale CSP-Conlutas a exprimé sa solidarité totale avec la famille sénégalaise éprouvée tout en exigeant des poursuites judiciaires rigoureuses. La centrale syndicale appelle à une lutte globale contre les vagues de privatisation menées conjointement par le maire Ricardo Nunes et le gouverneur de l'État, Tarcísio de Freitas, dénonçant une logique marchande qui affecte également les transports ferroviaires et le réseau scolaire régional.
De Dakar à São Paulo, la voix de la diaspora et des acteurs sociaux s’élève pour exiger la fin d'un modèle éducatif au rabais qui sacrifie les enfants de la classe ouvrière. Seule une mobilisation ferme dans la rue, à l'image des récents mouvements étudiants brésiliens, permettra d'imposer un service public digne, sécurisé et égalitaire pour tous les enfants, sans distinction d'origine ni de statut social.
Samba THIAM













