A l’occasion du conseil national du Sutelec, ce samedi, les difficultés auxquelles la Senelec fait face et qui sont à l’origine des délestages ont été passées en revue. De l’avis du secrétaire général dudit syndicat, Habib Aïdara, la responsabilité incombe à l’Etat qui n’approvisionne pas correctement les centrales en plus de la stratégie Gas-to-Power qui tarde à voir le jour ; sans compter une ardoise de 600 milliards à Senelec. La Prab a été de nouveau brandie et si elle n’est pas payée, le syndicat sera en grève du 21 au 23 octobre prochain. mais leur revendication la plus nette est une opposition totale d’Akilee’
La situation critique de la Senelec rythmée depuis quelques semaines par des délestages, a été au centre des discussions lors du Conseil national annuel du Syndicat unique des travailleurs de l'électricité (Sutelec) qui a regroupé, au Centre de formation et de perfectionnement professionnels (Cfpp), les responsables et délégués syndicaux venus de toutes les régions du Sénégal. «Nous avons constaté qu'il y a une persistance des délestages, même si la fréquence a diminué ces derniers jours. Cette situation est du ressort de l’État du Sénégal qui n'arrive pas encore à approvisionner correctement les centrales de Senelec. S’y ajoute que, dans la stratégie Gas-to-Power, l'État n'arrive pas encore à fournir le gaz à Senelec», fait d’emblée remarquer le secrétaire général du Sutelec, Habib Aïdara, au sortir de cette rencontre. Poursuivant, il révèle que le Conseil national n’a pas non plus occulté la «trésorerie très tendue» de la Senelec. Encore une fois, accuse-t-il, la responsabilité de cette situation incombe à l’Etat qui n’a pas réglé ses factures d’électricité et n’a pas également versé la compensation tarifaire qu’il doit à la Senelec.
L’Etat doit une ardoise de 600 milliards à la Senelec
En effet, entre la compensation tarifaire et les factures d’électricité des bâtiments et édifices publique, l’Etat doit à Senelec une ardoise d’environ 600 milliards francs Cfa dont 283 milliards pour la facture d’électricité et plus de 300 milliards de compensation financière. Compte non tenu de l'exportation de l’électricité vers la Gambie qui ne paye pas. Ce qui lui fait dire que c’est tout simplement intenable. «On est obligé de recourir à des emprunts au niveau des banques à hauteur de centaines de milliards à des taux d’intérêts élevés. Nous avons supporté sur nous en interne les 18 milliards que l'État a diminués sur le tarif de l'électricité l'année dernière, faisant passer du tarif du KWh de 91 francs à 82 francs», déplore le syndicaliste qui exige le paiement des factures et la compensation tarifaire dus à Senelec.
Une filialisation hasardeuse
Par ailleurs, les syndicalistes disent ‘’non’’ à la filialisation de Senelec annoncée par le ministre Abdourahmane Diouf, du Pétrole et de l’Energie, pour décembre 2027. Une nouvelle surprenante qui a suscité des inquiétudes au sein du personnel syndical de la société d’électricité. D’autant plus que, de l’avis de Habib Aïdara, cette filialisation est en train de se faire sur le dos des travailleurs de Senelec. «Sans l’implication des travailleurs, il n’y aura pas de filialisation», avertit le syndicaliste en chef, droit dans ses bottes. «Il n'y a pas de quoi aller vers une filialisation. Une entreprise qui marche, il faut continuer à l'accompagner. Ce qu'on demande à l'État, c'est de payer son ardoise qui est en train d'impacter la marche de Senelec et de démotiver les travailleurs», charge M. Aïdara.
Vers une grève du Sutelec si la Prab n’est pas payée
La Prime sur le résultat annuel bénéficiaire (Prab) qui a fait l’objet d’un mouvement d’humeur à la Senelec a été également évoquée lors de cette rencontre. «On a suffisamment parlé de la Prab sur laquelle, l’Etat nous doit 10% mais traine les pieds. Nous avons entamé un plan d'action, mais avec les délestages, nous avons, de manière responsable, décidé de surseoir à notre plan d'action. Aujourd'hui qu’il y a une brèche qui s'ouvre à l'occasion de la grève du Front syndical des travailleurs, si l'État ne paie pas la Prab, les 21, 22 et le 23 octobre, nous irons en grève comme tout le monde», menace le secrétaire général du Sutelec. La balle est désormais dans le camp du Gouvernement !
M. CISS
volonté de Senelec de conclure un contrat avec Akilee
Les syndicalistes disent ‘’Non’’ et se réservent «le droit d’utiliser tous les moyens légaux pour empêcher sa mise en œuvre»
Autre sujet débattu durant ce Conseil national est relatif au retour à Senelec de Akilee, la société d’Amadou Ly. «Nous avons dit non, on dira toujours non. On n'accepte pas le retour de Akilee à Senelec dans la mesure où Senelec a commencé à performer. L’année dernière, nous avons passé d'un rendement de 81.9 à 83.1. Le principal indicateur de performance, c'est le rendement. Et le rendement a évolué. On a réduit la compensation tarifaire de 46 milliards. On a réduit nos charges de 5%. Et on a fait un bénéfice à l'État de 36 milliards», explique le patron du Sutelec.
Si Aïdara évoque ce sujet, c’est qu’il y a un projet de Senelec pour faire revenir Akilee dans la fourniture de compteurs interlligents. D’ailleurs, dans leur mémorandum, le Sutelec a dénoncé vivement la volonté de Senelec de conclure un contrat avec la Start-Up Akilee, malgré les préoccupations exprimées par les partenaires sociaux sur ses implications économiques, stratégiques et sociales. Les syndicalistes de Senelec considèrent «cette convention comme contraire aux intérêts stratégiques de l’entreprise», et préviennent qu’ils se réservent «le droit d’utiliser tous les moyens légaux pour empêcher sa mise en œuvre dans les conditions actuellement envisagées».
Une réunion de conseil d’administration prévue après demain
Il nous revient qu’à cet égard, une réunion de conseil d’administration est annoncée après-demain mercredi 7 octobre. Lors de cette réunion, la convention pourrait être discutée et la Direction générale pourrait être autorisée à signer la Convention. Les membres du Conseil d’administration sont ainsi avertis des lourdes conséquences de cette autorisation. Ils sont invités à regarder de très près toutes les propositions qui leur seront faites et de privilégier non seulement les intérêts de Senelec mais aussi la paix sociale au sein de l’entreprise.













