Bocar Ndiongue, porte parole de l'Alliance pour la République, dénonce à tout-va. Dans cet entretien avec «Les Echos», le responsable politique au niveau des Parcelles Assainies revient sur la traque des dignitaires de l’ancien régime, la gestion du pays, la tension sociale...
Les Echos : L’Assemblée nationale a voté la mise en accusation de Moussa Bocar Thiam. La décision vous surprend-elle ?
Bocar Ndiongue : Notre parti est un parti républicain imbu des valeurs de la République. Nous n'avons jamais décrié la reddition des comptes qui doit être soumise au besoin à toutes et à tous ceux qui ont manipulé des fonds nationaux. Aujourd'hui, on constate que ce qui se passe est loin d’une reddition des comptes ; on est en face d'un règlement de comptes où de hauts cadres élus maires dans leurs fiefs : Farba Ngom , Mansour Faye, Moustapha Diop, Moussa Bocar Thiam etc. ou président de Conseil départemental, Pape Malick Ndour, ont maille à partir avec la justice et qui tous avec des preuves brandies et malgré les contestations sérieuses, demeurent ou en prison ou sous bracelet électronique à l'image du coordonnateur de la Ccr Pape Malick Ndour. Notre camarade Moussa Bocar Thiam a dit haut et fort qu’il n'a jamais été épinglé par un quelconque rapport et cela est vérifiable ; sauf miracle, tous nos camarades qui passeront à l'Assemblée, ministres ou parlementaires, n'échapperont pas à leur mise en accusation. Nous ne sommes guère surpris ; ce qui se passe n'est que de la vendetta politique.
Farba Ngom, Pape Malick Ndour, aujourd'hui Moussa Bocar Thiam. Est-ce qu'à ce rythme, l'Apr va tenir ?
L'Apr reste certes affectée par cette traque injustifiée et ciblée, mais guère affaiblie. Notre parti reste plus que debout grâce au leadership éclairé du président de notre parti le Président Macky Sall. En témoigne l'engouement lors des installations des secrétariats exécutifs départementaux (Sed) et l'arrivée massive de citoyens de tous bords convaincus seulement d'une réalité que l'actuel régime a atteint ses limites, qu'il n'y avait pas de comparaison, que Macky est un leader achevé avec une vision claire.
Vous faites de l’opposition républicaine. Est-ce la solution, au regard des dossiers en instance de vos camarades devant la justice ?
Nous sommes et restons une opposition républicaine. Quels que soient les coups que nous recevrons. Nous ne serons jamais dans l'anarchie ; on ne peut pas avoir un bilan inattaquable et revenir le détruire. Ce serait un travail de Sisyphe.
Les municipales, c'est en principe dans quelques mois. Comment se porte l'Apr aux Parcelles où vous militez ?
Aux Parcelles Assainies, nous ne sommes pas dans l'immobilisme, nous bougeons, la commune est à reconquérir. Avec le camarade ministre d'État Mbaye Ndiaye, ancien maire, nous nous déployons. Parcelles sera la rampe de lancement de la reconquête, nos camarades qui étaient avec le dissident Amadou Ba reviennent progressivement.
Les enseignants, les universités, l'homosexualité. Que vous inspirent les positions du gouvernement sur ces questions ?
Dans les couches sociales, ceux qui furent les premiers soutiens de Pastef paient aujourd'hui leur engagement en monnaie de singe. Les jeunes, les conducteurs de Jakarta, les enseignants et les étudiants se sentent aujourd'hui floués et arnaqués. En vérité, les enseignants avaient ouvert leurs bases de données au Pastef, facilitant son implantation à travers le territoire national, oubliant les augmentations salariales du Président Macky Sall améliorant considérablement leur conditions de vie, mais aujourd'hui, les ponctions salariales et les refus systématiques de concertation témoignent de l'amateurisme du régime qui opte pour la politique du bâton.
Madou Mbodj












