
Le comité de plaidoyer pour l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste (Task Force) et l’Ong Planned Parenthood Global (Ppg) recommandent fortement l’autorisation de l’avortement médicalisé. Histoire d’éradiquer le phénomène de l’infanticide.
L’autorisation de l’avortement médicalisé pour plusieurs raisons pourrait contribuer à combattre l’infanticide. C’est du moins la forte recommandation qui est ressortie d’une étude sur la situation des femmes, en milieu carcéral, auteures ou présumées auteures d’infanticide et/ou d’avortement clandestin au Sénégal. Malgré l’adoption du «protocole de Maputo» de 2003 par l’Union Africaine, dont l’article 14 stipule que l’avortement doit être autorisé en cas de viol, d’inceste ou de malformation fœtale grave, histoire de sauver la vie d’une femme et préserver sa santé physique ou mentale, seuls sept pays subsahariens ont réformé leur législation. Cependant, entre 2000 et 2019, au total 21 sur les 48 pays d’Afrique subsaharienne ont élargi la légalité de l’avortement. Sauf le Sénégal malgré les nombreuses initiatives dans ce sens ; une posture strictement liée aux obstacles culturels et religieux dans le pays.
22,13% des femmes détenues pour infanticide et 2% pour avortement clandestin
Quid de la situation de la population carcérale des femmes poursuivies pour infanticide ou avortement clandestin ? En effet, sur les 37 établissements pénitentiaires que compte le Sénégal, seuls quatorze (14) abritaient des femmes incarcérées pour infanticide ou avortement clandestin au moment de l’étude. Et sur les 244 femmes détenues dans l’ensemble desdits établissements pénitentiaires, 59, soit (24,18%) ont été concernées par l’objet de l’étude, 54, soit 22,13% sont poursuivies pour infanticide et 5 soit 2% pour avortement clandestin.
61% des femmes issues des autres régions, 6,8% de Dakar périphérie
Cependant, si l’on se fie à la Direction de la santé de la mère et de l’enfant du ministère de la Santé et de l’Action sociale, plus de 30.000 cas d’avortement par an ont été recensés ; ce qui constitue du reste un nombre faible. Et le nombre de femmes incarcérées pour les deux autres faits ne représente que 18,51% de la population féminine en milieu carcéral. La majorité des femmes concernées, soit 61% est issue des autres régions du Sénégal, 6,8% de Dakar périphérie et 27,1% de Dakar banlieue. On compte quatre (4) étrangères, en l’occurrence, deux (2) Guinéennes, une (1) Malienne et une (1) Nigériane ; et 55 Sénégalaises. 66,1% ont un âge supérieur à 22 ans ; 45,5% des femmes sont issues de familles polygames. S’y ajoute le niveau de scolarisation relativement faible des femmes en question.
Les principales causes et les taux pourcentage du phénomène
Pour le personnel de l’administration pénitentiaire, les principaux facteurs dans l’ordre sont l’ignorance 75,0% ; le manque de morale 61,1% ; le manque de valeurs 55,6% ; la pauvreté ou les conditions sociales précaires 47,2%. Au titre des causes : 58,3% pensent que l’acte d’avortement ou d’infanticide est commis principalement par peur ; 38,9 soutiennent que ces actes sont dus à l’adultère ; 33,3% au viol ; 30,6% à la pauvreté ; 16,7%, à l’inceste ; 16,7% soutiennent en ignorer les raisons. 66,7% pensent que l’acte d’avortement ou d’infanticide est commis principalement par peur ; 58,3% affirment que le viol est à l’origine de ces actes ; 50% considèrent que c’est la pauvreté ; 41,7% estiment que c’est l’adultère et 41,7% que c’est l’inceste ; 8,3% pensent que d’autres considérations peuvent être à l’origine de ces actes d’avortement clandestin ou d’infanticide comme l’exclusion sociale.
Autant de facteurs qui confortent les initiateurs de ladite étude à faire un plaidoyer efficace pour l’autorisation de l’avortement médicalisé suite à un viol, un inceste ou en cas de danger de la vie de la mère ou pour l’éradication du phénomène de l’infanticide.
Vieux Père NDIAYE
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