Thierno Alassane Sall ne lâche pas l’affaire Aser. En effet, alors qu’il n’a pas fini d'épiloguer sur les 37 milliards dans le vent en guise d’avance de démarrage à Aee Power Epc, il se désole de constater qu’un montant de 1,5 milliard a été inscrit dans le Projet de loi de finances rectificative 2026 pour régler une facture de ladite entreprise. A ses yeux, ce paiement serait illégal.
Face à la presse, hier, le député et président du parti la République des valeurs, Thierno Alassane Sall ne renonce toujours pas à son opinion dans l’affaire Aser - Aee Power ; ce projet d’électrification rurale de plus de 1 600 villages avec un versement de 37 milliards à Aee Power Epc au titre de l'avance de démarrage. Seulement, sur le terrain, le député rappelle que rien n’a été fait si ce n’est l’électrification de moins de 30 villages. Revenant sur la genèse de cette affaire, il n'a pas manqué de déplorer le silence coupable de l’ancien gouvernement dirigé par Ousmane Sonko et celui du chef de l’Etat qui, dit-il, n’avaient engagé aucune action pour défendre les intérêts des Sénégalais, en particulier de ceux qui souffrent dans le monde rural.
1,5 milliard dans le Plfr destiné à Aee Power
Selon Thierno Alassane Sall, tout se passe comme si les désirs de José étaient des ordres. «Le projet de loi de finances rectificative 2026 prévoit le décaissement, demandé à Santander, de 1,5 milliard de francs Cfa pour régler une facture de l’entreprise. Une entreprise qui a encaissé nos 37 milliards sans livrer. À nos yeux, ce paiement serait illégal : on continuerait de payer un marché qui n'a pas été exécuté. Pire, selon diverses informations, le Gouvernement chercherait aujourd'hui à poursuivre le projet sans Aee Power », s’indigne le député.
Le Sénégal importe jusqu’à 200 MW de Guinée en 2026
En outre, Thierno Alassane Sa de rappeler que même si le pays était déjà en difficulté, le pouvoir Pastef-Kiiraay a aggravé le mal avec l’arrêt du secteur du Btp, la dégradation des conditions de financement de notre dette et les difficultés nouvelles dans le secteur de l'énergie. «En 2023, le Sénégal exportait de l'énergie vers la Gambie, la Mauritanie et le Mali. En 2026, nous importons jusqu'à 200 MW de Guinée. Faute d'avoir pris les décisions qui s'imposaient dès leur arrivée au pouvoir, ils exposent le pays à de nouvelles perturbations graves, si l'une de nos unités de production lâche ou si la crise entre l'Iran, les États-Unis et Israël s'aggrave dans le Golfe persique», charge le député. Poursuivant, il révèle que la centrale de WAE, qui devait fonctionner au gaz, tourne au diesel oil avec, dit-il, un coût exorbitant, de l'ordre d'un milliard de francs par jour, et l'exploitation précaire. Conséquence, les filtres prévus pour le gaz s'encrassent fréquemment. Il révèle également que les coupures de ces dernières semaines s'expliquent par la panne du surpresseur de la centrale sur barge qui, à l’en croire, n'avait pas d'unité de réserve. Pas par un sabotage de postes de distribution. «Un poste indisponible ne prive de courant que les quartiers ou localités qu'il dessert», fait-il remarquer.
Une marche annoncée
Face à cette situation, Thierno Alassane Sall a annoncé une marche à Dakar dans les prochains jours. Une mobilisation populaire à laquelle, le député convie les Sénégalais et la société civile ; parallèlement à la procédure judiciaire initiée en Espagne et au Sénégal. «Nous ne le lâcherons pas. Les Sénégalais doivent refuser qu'on se moque d'eux», martèle Thierno Sall.
«Si le président n’obtient pas la majorité, il doit démissionner»
Interpellé sur le respect du calendrier républicain, Thierno Alassane Sall estime que le président de la République a violé un code d’honneur : celui du contrat de bail avec le peuple. C’est un principe intangible. Le mandant des maires est de 5 ans, mais se désole de constater qu’il peut en faire 6 ans. Or, le député est persuadé que si le chef de l’Etat était dans l’opposition, il serait le premier à élever la voix pour dénoncer le non-respect du calendrier républicain. Tout cela, dit-il, relève de manœuvres politiques pour faire rallier les maires de l’opposition avant d’engager les élections. S’agissant de la dissolution annoncée de l’Assemblée nationale, même s’il estime que c’est une Assemblée de dictature, sa dissolution relèverait plus d’une question politique. Dans cette démarche, il estime que si le président de la République n’obtient pas la majorité au terme de ces élections, il doit, dit-il, démissionner et organiser des élections présidentielles anticipées.
M. CISS












