C'est au cours d'une bagarre que l'étudiant Adolphe Thierno Ciss s'est emparé d'un tesson de bouteille avec lequel il a asséné des coups à son cousin avant de lui fracasser la tête avec une pierre. Il risque 3 mois de prison ferme pour coups et blessures volontaires devant le tribunal d'instance de Dakar où il a été jugé hier, lundi 11 août 2025.
C'est par pure chance que Adolphe Thierno Ciss, 24 ans, a atterri devant une juridiction moins répressive, au regard des blessures graves qu'il a infligées à son cousin, Charlemagne Boubacar Diagne. Si par malheur les choses avaient pris une autre tournure, ce garçon décrit par sa famille comme quelqu'un de colérique allait comparaître devant la chambre criminelle pour des faits de meurtre. Cet étudiant, qui s'est rué sur son aîné de 15 ans l'a violemment poignardé au bras avec un tesson de bouteille, avant de lui fracasser la tête avec une pierre. Conséquence : il s'est retrouvé avec la nuque fendue et 24 points de suture. Tout ça parce que Charlemagne Boubacar Diagne a refusé de lui prêter une somme de 2000 F Cfa. C'est pour cela que ce dernier a porté plainte contre lui le 29 juillet 2025 pour des faits de coups et blessures volontaires ayant entrainé une incapacité temporaire de travail de 18 jours. En effet, selon le récit de la victime Charlemagne, c'est à la date du 24 juillet 2025 que le prévenu l'avait appelé pour lui demander de lui prêter la somme de 2000 F Cfa. Mais dit-il, il avait rechigné en lui disant qu'il n'en avait pas. Quelques minutes plus tard, Adolphe Thierno Ciss débarque chez lui d’une moto Jakarta. Puisqu'il avait fait trop attendre dehors le jakartaman qui l'a ramené chez lui, Charlemagne s'est rapproché de lui pour lui demander d'aller le payer. Il s'énerve contre lui avant de l'attaquer. Il lui assène plusieurs coups de tessons de bouteille sur le bras avant de lui fracasser la tête. Placé sous mandat de dépôt, Adolphe Thierno Ciss a été jugé hier, lundi, 11 août 2025 devant la barre du tribunal d'instance de Dakar où il n'a affiché aucun signe de regret. "Il m'a menacé puis frappé. C'est la raison pour laquelle j'ai répliqué en lui assénant des coups de tesson de bouteille", a-t-il confié. Le plaignant, son cousin Charlemagne Boubacar Diagne, a évoqué les contours de leur différend, a déploré le comportement du mis en cause. "Après que le jakartaman est parti, je l’ai sommé de ne plus nous parler ainsi en tant que ses aînés. Il s'est fâché avant de se déshabiller pour venir m'attaquer. Il a cassé une bouteille et m'a tailladé la main. Il m'a asséné un coup de pierre qui m'a fendu la nuque. J'ai 24 points de suture. Il a l'habitude de se comporter ainsi. Il n'a aucun respect pour ses parents et ses aînés. Il a eu le Bac mais il n'est pas allé à l'école lorsqu'on l’a inscrit dans un institut de formation. On ne lui refuse rien. Je veux juste qu'il revienne sur le droit chemin, mais je ne lui réclame rien. C'est tout ce que je veux", a relaté la partie civile qui traînait les séquelles de ses blessures au niveau de la nuque. Pour le faire revenir à la raison, le juge n'a pas raté Adolphe Thierno Ciss avec ses remontrances. Il lui assène : "il faut que tu sois discipliné. Ce comportement-là, vous ne pouvez pas l'avoir à l'endroit de tes voisins et de tes parents. Si vous ne prenez pas vos responsabilités pour être moins colérique, vous allez revenir à la barre pour des faits plus graves ou tuer une personne. Celui qui a l'habitude de se battre de manière violente, court toujours le risque de tuer une personne. Il faut garder ça en tête". La représentante du procureur ajoute : "vous êtes conscient que auriez pu le tuer ? Ça aurait pu arriver. Pourquoi ? Comportez-vous comme un petit-frère modèle". Elle poursuit en requérant 3 mois de prison ferme contre lui. "Ce qui est étonnant dans ce dossier, c'est l'attitude du prévenu. Il a développé un cynisme et une désinvolture. Il a eu une attitude belliqueuse. Et cela nous renseigne sur la nature du prévenu. Seule une peine ferme peut l'amener à comprendre le degré de gravité de ces faits", a-t-elle expliqué. Pour sa défense, Thierno Adolphe Ciss a finalement demandé pardon puisqu'il n'avait pas de conseil pour sa défense. Délibéré au 14 août 2025.
Fatou D. DIONE